UNE NIÈCE DU CARDINAL DE BOUILLON
De Paris, le 17 septembre 1678. Le 3 de ce mois, Marie-Françoise de Lorraine Fille du Duc d'Elbeuf, prit l'Habit dans le Couvent des Filles de Sainte Marie du Fauxbourg S. Germain. Le Cardinal de Boüllon son Oncle fit la cérémonie : & le Père Bourdaloüe y prescha.
Le P. Chérot, en éditant la lettre de Bourdaloue au cardinal de Bouillon où il était précisément question de la sœur Marie-Xavier, a donné sur cette religieuse à peu près tout ce que fournissent les documents conservés dans les Annales de la Visitation. La notice même ürée de PAnnee sainte aura sa place toute naturelle en tête de la future édition du sermon; elle expliquera peu d’ailleurs le texte du discours, peu fécond en particularités et en allusions. M. l’abbé Pauthe, cependant, en voit une dans ces mots :
Estimez la gloire de ce saint habit que vous allez recevoir, prisez-le, Je ne dis pas plus que les habits du siècle, mais plus que la pourpre des rois et que tous les royaumes du monde 1?
Il rapproche ce passage du fait que le mariage de la nièce du cardinal de Bouillon avec le duc d’York, héritier du trône d'Angleterre, avait été en question. J’avoue que pour être ingénieux, ce rapprochement, osé peut-être, me semble difficile à regarder comme une preuve et Je crains bien que le discours de vêture de M" d'Elbeuf n’ait été quelque jour redit par Bourdaloue, si toutefois elle en eut la primeur, sans que la phrase en question ait été omise. Quand, en effet, ailleurs dans le même sermon, il s'adresse à toutes les religieuses de son auditoire pour leur montrer que leur habit est un habit de gloire (fortitudo et decor indumentum etus), il semble bien raisonner indépendamment de toute circonstance particulière et prouver seulement sa thèse générale que l’habit des épouses du Roi des rois est plus honorable, dans lidée de Dieu, que lhabit des rois?. La seule allusion certaine dans ce discours est celle