REDITE DE LA PASSION DE
Le Bourdaloue prêcha comme un ange du ciel, l'année passée, et celle-ci encore, car c’est le même sermon 1,
Savoir que l’orateur donna en 1680, à Saint-Germain, le même sermon qu'il avait prononcé l’année précédente, le 31 mars, à Saint-Jacques de la Boucherie, c’est {trop peu pour identifier le texte de ce sermon. M. l’abbé Pauthe qui n’a pas été arrêté par cette pénurie de documents, dit hardiment, mais sans preuve aucune ?, que c’est la Passion qui à pour texte Christum Dei virtutem, et il ajoute avec assurance :
Ce sermon est le seul de ce Carême qui ait une date certaine 5.
Disons modestement que nous n’en savons rien, pas plus que du sujet traité le jour de Pâques.
Dimanche de Pâques, 21 avril 1680. — Le roi, qui avait communié la veille, et la reine, le matin, ainsi que le dauphin « par les mains de lPEvesque de Condom », assistèrent à la grand’messe.
L'apresdinée, ajoute la Gazette, leurs Majestez entendirent dans
la Chapelle du Vieux Chasteau le Sermon du Pére Bourdaloue & les Vespres chantées par la Musique #.
Ici encore une date est tout ce que nous pouvons relever. La Gazette s’abstient désormais des formules laudatives, mais nous n'y perdons pas, témoin le peu qu’elles fournissent de renseignements dans le Mercule galant qui les a gardées.
1. « À Paris, mercredi 1* mai 1680. ...Le discours de votre\prédicateur nous à paru admirable ; nous l'avons approuvé et envié. La passion que nous entendimes ici près fut étrange : les mots de faquin et de coquin furent employés pour exprimer l'humiliation de Notre-Seigneur ; cela ne donne-t-il pas de nobles et belles idées ? » Cf. plus haut, p. 193, note i.
2. P.137. « Il n’est qu'un sermon de cette station dont on peut établir sûrement la date. Une lettre de Mr’ de Sévigné, etc. » — Cette lettre, on le voit, ne dit pas un mot du sujet traité et ne peut servir à l'identifier. Cf. Revue des Sciences ecclésiastiques, mai 1900, p. 476.