‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 191 sur 475 · LETTRE DU P. THYRSE GONZALEZ · texte numérisé non relu

LETTRE DU P. THYRSE GONZALEZ

Avant de clore cette année 1690, il faut signaler ici la lettre inédite que le P. H. Chérot a publiée dans l’Appendice de Bourdaloue, sa correspondance et ses correspondants. Le 30 décembre, le général de la compagnie de Jésus, successeur du P. de Noyelle, le P. Thyrse Gonzalez, faisait écrire à Bourdaloue, une longue lettre où abondent les éloges et les regrets d’un long silence ; car à en juger par le début, une première lettre écrite, trois ans plus tôt, au moment où le nouveau Général venait d’être élu, s’était égarée. Le P. Gonzalez s’en montre très affecté :

Que la lettre envoyée à Votre Révérence au moment où je venais d'entrer en charge, ne lui soit point parvenue, j'en ai été aussi surpris qu’affligé ; rien ne me pouvait arriver de plus fâcheux que de sembler ainsi négligent à l'endroit d’un homme à qui je voulais et devais rendre tous les égards possibles. Je ne sais comment cette omission s’est produite ; ce que je sais, c'est qu’elle a eu lieu sans faute de ma part, mais à mon grand regret. Je reconnais combien sont redevables à Votre Révérence et la Compagnie en France et la Compagnie entière, grandement illustrée partout par votre remarquable éloquence, appréciée non seulement par une cour d'élite, mais ce qui vaut tout un éloge, goûtée de plus en plus d’année en année, par le plus éclairé des rois. Aussi la renommée de Votre Révérence, loin de se borner aux limites de votre pays, s’est répandue à travers toute l'Europe. A ce titre déjà je devais à Votre Révérence des actions de grâces toutes particulières ; mais si je veux en outre avoir égard à d’autres mérites de plus grand prix, par exemple à votre zèle intense pour le bien, tel qu'il m'est connu, je ne puis que désirer vivement vous donner de ma reconnaissance les plus éclatants témoignages. Je l'aurais fait beaucoup plus tôt s'il avait été en mon pouvoir, mais ce que je voudrais vous exprimer, que Votre Révérence me permette de différer à un moment plus opportun.

En attendant si Votre Révérence daignait accepter sa part du gouvernement de sa province, en recevant la charge de consulteur pour aider la province des conseils de sa prudence, je lui en serais fort reconnaissant !.

1. Le P. Chérot, à qui je signalerai ici une faute typographique dans son texte latin: obeundo manus pour munus, disait en note, après avoir fait remarquer que le P. Général offre ici à Bourdaloue la charge de consulteur de la province de France: « L'affaire eut une suite. Bour-

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