‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 419 sur 475 · BOURDALOUE A VINCENNES · texte numérisé non relu

BOURDALOUE A VINCENNES

cérémonie expiatoire. Les trois jours étaient au contraire, on l’a vu, répartis entre plusieurs prédicateurs.

Peut-être fut-ce entre le sermon du jour de Pâques et celui de PAnnonciation, remise au lundi 31 mars, qu'il se rendit à Vincennes, lieu de résidence de la maréchale de Bellefonds, chez le marquis du Châtelet, qui avait sous sa garde, au château, dom Thierry de Vaixnes, emprisonné pour le fameux factum qu’on lui attribuait du Problème ecclésiastique *. Le bénédictin janséniste avait, dit-on, demandé et obtenu du roi pour les fêtes pascales l'assistance du jésuite. Ce fut, selon toutes les apparences, le dernier voyage de Bourdaloue hors de Paris et l’on aimerail à en connaitre quelques détails. Mais la date même en est ignorée, et l’on peut seulement supposer que c’est alors qu'il aurait promis à M de Bellefonds ? de revenir prêcher dans la chapelle de sa résidence, le mardi de la Pentecôte, 13 mai. Ce fut le jour de sa mort.

La fête remise de l’Annonciation, fête patronale du Couvent des Annonciades, fut l’occasion d’un dernier discours.

1. C'est le récit du P. Léonard qui nous renseigne sur ces « fréquentes visites », on le Lira plus bas au 16 mai.

2. V. Chérot, Bourdaloue, sa Correspondance, etc., p. 100. Lauras, t. 1, p. 7, indique comme origine de ce renseignement : « Extrait d'une note en marge d’une lettre de Bourdaloue au maréchal de Bellefonds. Collection de M. Feuillet de Conches.» Il est fort possible qu’un annotateur ait pu inscrire sur quelqu'une des lettres adressées à Bellefonds, mort en 1692, ce détail sur les relations conservées avec la maréchale, après la mort de celui-ci. Toutefois ne s’agirait-il pas d'une de ces lettres suspectes que Mgr Blampignon n'a pas jugées assez authentiques pour être imprimées ? V. Etude sur Bourdaloue, p.103. — Bien que, même sur un faux autographe, un renseignement exact soit bon à prendre, il est permis, quand on désire ne se pas contenter d'on-dit et d’ana, de souhaiter quelque pièce précise qui nous garantisse ce projet de sermon du mardi de la Pentecôte. 11 paraît s'appuyer sur une tradition très vraisemblable. Le moindre document «ferait mieux notre affaire ». A ce propos, le P. H. Chérot m'écrivait : « Comme vous, j'ai été fort intrigué par ce projet de sermon du mardi de la Pentecôte et peu confiant dans la source. L'Amateur d'aulographes vient de commencer une étude sur les mss. de Feuillet de Conches. L'Intermédiaire s'en est aussi occupé. Espérons qu'on trouvera la piste. »

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