‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 273 sur 323 · Sur t Impureté, 1" partie, p · texte numérisé non relu

Sur t Impureté, 1" partie, p

parlé de ses mœurs, à commencer par la princesse palatine, sa femme, donneraient de ce passage éloquent de Bourdaloue un commentaire que notre respect du lecteur nous interdit de leur emprunter.

Au temps de Bourdaloue, bien des livres clandestins racontaient complaisamment ces hauts faits de la perversité. Les lecteurs ne manquaient point, même parmi ceux dont la vie était moins licencieuse.

« Où est aujourd'hui, demande Bourdaloue, l'innocence et l:i simplicité ? Si l'on ne f;iit pas tout le mal, on veut le pouvoir et le savoir faire. Vous diriez que la nature ne soit pas assez corrompue, et qu'il faille y ajouler l'étude, pour se faire une science de ses désordres mêmes. Paraît-il un livre diabolique qui révèle ces mystères d'iniquité, c'est celui que l'on recherche, celui que l'on dévore avec tout l'empressement d'une avide curiosité. Que l'imagination en soit infectée, qu'il fasse des impressions mortelles dans le cœur,... il n'importe, c'est le livre du temps qu'il faut avoir lu ^ »

Il est vraisemblable qu'ici Bourdaloue fait allusion à la Confession de la marquise de Brin villiers, que tout le monde alors se passait de main en main, tissu de crimes et de débauches, « de nature à étonner l'imagination la plus dévergondée 2. )) La Bruyère ne nous parle-t-il pas aussi de ces femmes qui se font prêter secrètement les Annales gar tantes ou le Journal amoureux? C'est un trait accusé des mœurs de ce temps que « cette curiosité de savoir ce qui doit faire horreur à penser ^ )>. Fascinés par ce mystérieux attrait du fruit défendu, et comme des enfants toujours en éveil pour s'instruire des secrets du mal, beaucoup se plai-

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