LES EXCÈS DE TABLE
France, et madame de Mazarin a laissé une fille, la marquise de Richelieu, qui s'en acquitte à la perfection *... L'ivrognerie n'est que trop à la mode parmi les jeunes femmes ^... Les cavaliers boivent aussi volontiers avec la femme de chambre qu'avec la dame, lorsque celle-ci ^ est coquette; mais, à dire vrai, ce n'est pas tant ces filles qui boivent ici jusfju'à l'ivrognerie, que des personnes de bien plus grande qualité *. » La princesse aurait aisément trouvé des exemples sans sortir de sa propre famille. Son fils, le futur régent, et la duchesse de Berry sa petite fille, « mais elle bien plus que lui, » s'enivraient au point qu'il fallut un jour les rapporter de Saint-GIoud à Versailles ivresmorts 5. C'est au milieu de ces orgies que s'acheva le siècle des conversations délicates et de la galanterie décente, le siècle de la marquise de Rambouillet et de madame de La Fayette.
On se demandera comment les désordres de tout genre que Bourdaloue vient de faire passer sous nos yeux ont pu se produire et se propager dans une société aussi manifestement religieuse. Car il y avait sans doute des incrédules, des esprits forts, des libertins plus nombreux qu'on ne se l'imagine, et Bourdaloue eut le chagrin de savoir qu'ils faisaient secrètement beaucoup d'adeptes. Il y avait encore dans bien des familles. Bourdaloue ne l'ignorait pas davantage, une étrange insouciance des choses de la religion, et dans bien des âmes une surprenante ignorance « des principes du christianisme » : Saint-Simon nous en a conté d'incroyables exemples. xVlais si fréquentes que
i. Correspondance. Lettre du 7 août 1699.