CHAPITRE II
AuCbentloitô de» oeuvre» Imprlméei du P. J^onrdaloue.
AUTHENTICITÉ INCONTESTABLE. — LA PART DE L ÉDITEUR. — DISPARITION DES MANUSCRITS ORIGINAUX. — LES ÉDITIONS FRAUDULEUSES, LEUR UTILITÉ. — SERMONS INÉDITS.
Notre premier devoir est d'affermir le terrain sur lequel nous devons marcher. On a demandé, jusqu'ici timidement, et, vu retendue de nos recherches, on ne manquera pas de nous demander avec quelque insistance, si nous avons bien les sermons authentiques prêches par le grand orateur.
Le doute, à cet égard, n est pas admissible : le P. Bretonneau, éditeur des œuvres de Bourdaloue, Taffirme, et nous n'avons aucune raison de ne point le croire sur parole; au besoin, la vulgarité de son talent d'orateur nous tirerait d'inquiétude (1). Nous avons de plus le témoignage des journalistes de Trévoux et de l'opinion publique contemporaine; tous reconnaissent, à la lecture, les sermons du célèbre orateur qu'ils ont entendu et admiré pendant plus d'un quart de siècle.
(1) Le P. Berruyer a édité les sermons du P, Bretonneau ca 7 vol. in-12. Paris, lj43. Voir Appendice n* XVII. Notice sur le P. Bretonneau.
102 jx ^p. Loms BOimiMiMUB
Après avoir raconté à ses lecteurs la mort du P. Bourdaloue, le P. Bretonneau dit :
« Ses ouvrages suppléeront au défaut de sa personne ; on l'y retrouvera lui-même, du moins on y trouvera tous ses sentimeiits et tout S07i esprit. Car ce sont ici les vrais sermons et non point des copies imparfaites, telles qu'il en parut, il y a plusieurs années. Il les désavoua hautement, et avec raison ; îl y est si défiguré, qu'il ne devait plus s'y reconnaître. »
En présence d'un langage auBsî net, après deux cents ans de possession, il serait bien ridicule de s'inscrire en faux contre l'affirmation des contemporains.
Néanmoins, sans manquer au respect dû à h bonne foi de l'éditeur, nous chercherons à nous rendre compte de la part qu'il s'est faite dans la rédaction des œuvres compflètes.
Le P. Bretonneau, dans l'avertissement du premier volume des Dominicales^ quiparuten 1716, s'exprime ainsi :
c( Comme la grande réputation du P. Bourdaloue lui attirait de continuelles occupations au dehors, il n avait guère eu le loisir de retoucher lui-même ses sermons et d'y mettre la dernière main. C'est à quoi j'ai taché de suppléer; et, par une assiduité assez constante au travail, je suis enfin parvenu à faire paraître un cours de sermons pour toute tannée (1)... »
L'avertissement de 1721 expose la conduite de l'éditeur dans la publication des Exhortations et Instructions. 11 nous apprend que le P. Bourdaloue préparait avec soin jusqu'aux moindres discours quTl adressait au public : l'éditeur rassure ainsi le lecteur sur l'authenticité de cette partie des œuvres; il fait cependant pressentir un travail plus étendu, lorsqu'il parle des Instructions chrétiennes qui suivent les Exhortations, a Ce sont, dit-il, des
(1) Œuvres, t. V, p. 1.
avis spirituels et des règles de condaite qu'a donnés le P. Bourdaloue à différentes personnes qui le consultaient et dont il gouvernait la conscience. »
Les lettres du sage directeur à M"* de Main tenon, découvertes au commencement de ce siècle, nous donnent une idée des transformations que l'éditeur s'est permises ; le travail du P. Bre tonneau s'est réduit à généraliser la doctrine exposée dans la lettre tâpirituelle et à supprimer les formes épistolsdres.
Le dernier alinéa de cet avertissement de 1721 prévient le public que l'éditeur a épuisé le trésor qui lui a été confié ; il n'a plus rien à promettre, et ne croit pas qu'on puisse attendre quelque chose au delà de ce qu'il a publié, ni qu'on l'accuse de ne pas avoir rendu au P. Bourdaloue ce qui lui appartenait; cependant le succès de la publication fut tel, que le P. Bretonneau dut se remettre à Tœuvre» «t, dans les débris qu'il avait sous la main, il trouva encore matière à former deux volumes dont nous am'ons à parler à la fin du chapitre.
La même année, 'Rigaud imprima le volume de la Retraite spirituelle^ et, à son sujet, la bonne harmonie qui régnait depuis dix-sept ans entre l'éditeur et l'imprimeur s'altéra, au point que les deux derniers volumes des œuvres de Bourdaloue ne sortirent point des presses royales. Rigaud se plaignait du trop grand nombre de volumes. Le P. Bretonneau lui répondait : « Quand un ouvrage est aussi bien reçu que le Bourdaloue, la multitude des volumes n'est qu un bien pour le marchand, et vous vous plaignez de c&qui est un avantage. .. (1). » Quoi qu'il en soit, les derniers volumes furent confiés à d'autres imprimeurs. Le 15 mara 1733, le privilège passa aux sieurs Call-
{{) Lettre autog. du 17 septembre 1712, communiquée par M. Bretonneau de Moydier.
104 LE p. LOUIS BOURDALOUE
leau, Prault, Rolin et Bordelet. Cette modification dans la marche de l'édition nous fait craindre que l'imprimerie royale se soit refusée à produire une œuvre qui n'était plus l'œuvre avouée du P. Bourdaloue.
Et, en effet, l'année suivante, en 1734, parut le livre des Penséesj en deux volumes.
Suivant ses promesses de 1721, Bretonneau avait revu les papiers de Bourdaloue et composé un recueil de pensées détachées, de remarques, de réflexions et de fragments demeurés imparfaits et qu'il n'avait pas employés dans ses sermons.
Au sujet de ces deux derniers volumes, l'éditeur entre dans des détails de rédaction qui font craindre de sa part un concours indiscret dans la publication des œuvres de son confrère, il s'exprime ainsi :
(( Cependant il fallait mettre quelque ordre, et tellement distribuer ces pensées, que celles qui ont rapport à un même sujet, fussent toutes réunies sous un titre particulier. Cela même ne suffisait point encore ; mais de ces pensées, les unes étant bien plus étendues que les autres, il a fallu faire des premières comme autant d'articles ou de paragraphes, et ranger les autres indifféremment et sans suite, sous le simple titre de Pensées diverses. Tout cela, comme on le juge assez, demandait que l'éditeur tmi un peu la main à tœuvre^ pour disposer les matières, pour les lier ou les développer, pour les finir et leur donner une certaine forme. »
Cette description du travail entrepris par l'éditeur fait comprendre le rôle qu'il remplit ; il ne cesse pas d'être éditeur fidèle. C'est toujours la doctrine du maître, ce sont ses pensées, ses sentiments, liés ensemble par une rédaction correcte ; ce sont des opuscules nouveaux composés d'éléments originaux sur le salut^ sur la /bt, Isl pénitence, la vraie et fausse dévotion^ la, prière ^Yhumilite\Y orgueil^
trouvés dans les papiers de Bourdaloue et mis en forme par les soins de l'éditeur: il nous avertit et cela suflU: mais les quelques mots suivants s'expliquent plus diflicilement.
« Je n'ai rien fait à l'égard de ce recueil de Pensées^ que je n'eusse déjà fait à l'égard des Sermons, Exhortations, Instructions, et de la Retraite spirituelle du même auteur. »
Évidemment ce langage de 173& dépasse la pensée de l'auteur ; il inquiète le lecteur de nos jours, comme il inquiéta les lecteurs du dix-huitième siècle. L'avertissement avait paru dans le courant de l'année 173A, et, en septembre 1735, le Jowmal des Savants (1) s'exprime ainsi :
« Ceux qui aiment à connaître les véritables sentiments d'un auteur dont la réputation est aussi bien établie que celle du P. Bourdaloue, et qui croient quelquefois en pouvoir juger par certaines expressions, souhaiteraient que le P. Bretonneau eut pris la précaution de marquer les endroits où il a mis la main à l'œuvre. »
Cette judicieuse observation resta sans réponse, et l'opinion publique, sans pluà de réclamations, accueillit les volumes des Pensées de Bourdaloue comme authentiques, au même titre que les éditions de ses sermons ; aussi bien que les sermons des PP. Giroust, Cheminais et de la Rue, mis au jour par le même éditeur, sans que jamais leur authenticité ait été contestée.
Un éloge nécrologique en latin du P. Bretonneau, que nous avons trouvé dans les archives du Gesù à Rome, lui fait honneur d'avoir perpétué la haute réputation dont le P. Bourdaloue jouissait dans son siècle ; nous y lisons : c'est surtout X orateur des rois et le 7'oi des orateurs^ Bourdaloue, qui lui est redevable de la réputation dont il
(l) T. XV, p. 1.
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jouit encore ; il le présente à la postérité non point honteusement mutilé ou difforme, — l'auteur fait allusion aux éditions frauduleuses dont nous ayons parlé, — mais tel que les contemporains l'ont connu, admirable de dignité, de vigueur, de mâle beauté; rien que de naturel dans le coloris de son style ; point de paroles superflues, mais abondance de pensées utiles. Le rédacteur de la notice relève, en finissant, le mérite du P. Bretonneau, qui a su s'identifier avec les auteurs et conserver à chacun son originalité.
Ainsi nous devons admettre, en premier lieu, que le
P. Bretonneau a retouché les sermons du P. Bourdaloue,
qu'il les a coordonnés et rassemblés en un cours complet
\ de sermons pour toute Tannée, tout en respectant son
esprit, ses sentiments, sa méthode et son style.
En second lieu, en 1721, les Exhortations et surtout les Insipuctions subirent des modifications qui atteignent la:forme sans toucher au fond des choses. Enfin, les livres des Pensées sont l'oBuvre de l'éditeur avec les matériaux recueillis dans les papiers de Bourdaloue.
Nous ne nous en tiendrons pas à la seule parole du P. Bretonneau, pour rassurer le lecteur sur l'authenticité des œuvres de Bourdaloue ; nous ajouterons les preuves matérielles que nous avons sous la main. Nous serions heureux de pouvoir apporter la plus solide de toutes les preuves, en mettant sous les yeux du lecteur les sermons manuscrits du P. Bourdaloue. Ces manuscrits, s'ils existent encore, ^ont hors de notre atteinte. Nous les ayons cherchés, nous les avons entrevus, mais ils nous ont échappé.
Les œuvres du P. Bourdaloue ne sont pas les seules à souffrir de l'outrage des ans et des révolutions ; les grands auteurs da siècle de Louis XIV ont subi le même sort ; les délicats en sont à chercher le vrai mot, le point, la virgule,
AUTHERTrCfTÉ SDB SBB «UVRE6 IMPRIMÉES 107
qui sortirent de la plume de Gomeitle et de Racine; on (diepche les nmouscrits du Cid et de CmntL, à'Athalie et de Britannicus; on cherche encore le texte original de Molière, de Boileau, de M""* de Sévigné et de M"* de Maintenon ; les œuvres de Bossuet ont été maltraitées par les éditeurs. Cette exigence, explicable pour les ouvrages d'esprit, nous parait moins fondée quand il s*agit des ouvrages* de raisonnement et de haute morale ; ici l'éditeur peut difficilement substituer sa ipeœée à celle de l'auteur ; grâce à Dieu, à cet égard, le P. firetonneau ne donne prise à aucun soupçon. Ajoutons que les trente années employées par Bretonneau pour achever son œuvre n'ont pu s'écouler sans compromettre l'existence du manuscrit original. Nous craignons qu'il ait fait peu de cas des débris de son travail, et s'il ne les a pas détruits, -si les manuscrits du P. Bourdaloue «ont été religieusement déposés dans les archives de la mais^i professe, nous avons à tâche de les retrouver.
Le P. firetonneau meurt en 17âl , àl'âge de quatre-vingts ans passés ; et vingt ans après, le Parlement s'emparait des biens des Jésuites : les livres et manuscrits des deux maisons de Paris furent mis sous le séquestre, puis confiés à dom Clément, bénédictin de Saint-Germain*des-Prés, pour en faire le catalogue (1), imprimé en 176A. Après Findicar ûofa des manuscrits anciens, vient une liste des manuscrits de plusieurs Pères du collège de Clermont, puis de la mûson professe ; on y trouve un recueil de pièces originales concernant la mission et les affaires des Jésuites de la Chine; une suite de Lettres du P. Castel contre J.-J. Rousseau ; et des dissertations sur son clavecin des couleurs; une démonstration évangéUque du P. Jobert^
(1) Note marginale écrite à la main, par d'Ansse de Villoison sur un des catalogues de vente qui s'est trouvé dans la bibliothèque du savant ôylv. de Sacy. N"* 3775.
abrégé d'un ouvrage de l'évêque d'Avranches, Mgr Huet; un volume in-8" contenant divers écrits du P. Caussin; une Histoire de Louis XIII ^ par le P. Lemoyne^ 3 vol., folio, bien copiés, dont le P. GrifTet fait mention dans son histoire de Louis XIII, et autres manuscrits dont les titres sont sans intérêt. Nulle mention n*est fsdte de nos anciens sermonnaires ; ou bien ils avaient disparu, ou bien ils entrèrent en bloc dans les lots détachés qui sont signalés dans les ventes de bibliothèques des Jésuites.
Les manuscrits des deux maisons de Paris furent acquis, au prix de 15,000 livres, par un Hollandais du nom de Meerman, qui leur ouvrit un refuge honorable à la Haye (1) : ils y restèrent jusqu'en 1825 ; à cette époque, les manuscrits des Jésuites de Paris passèrent en Angleterre, où ils devinrent Y ornement principal du musée de sir Thomas Philipps à Middle-Hill, lieu de sa résidence. Dans le catalogue que sir Philipps fit imprimer en 1837 et qu*il envoya Tannée suivante à la bibliothèque royale de Paris, nous trouvons, à la suite de papiers sur Thistoire de France (2), plusieurs indications qui réveillèrent notre attention. On trouve sous les numéros 315A, lettres du dixseptième siècle^ lettres de Louis XIV ^ de J661 à 1678, 7 vol. in-à**; 3165, recueil de généalogies deParis^ in-S"*, folio 35A2, 71 bundles et 2 larges boxes (3) renfermant des lettres des rois de France, depuis Charles IX, Henri IV, jusqu'à Louis XVI, etc., un grand nombre de pièces historiques et poétiques et autres papiers concernant les Jésuites...; des documents et des lettres d'un grand nombre de personnages français du dix-septième au dix-neuvième siècle, etc.. Avec de pareilles indications, nous étions en droit d'espérer d'heureuses découvertes. A Londres, nous
(1) D. Pi ira, Spiciteg. solesmense, t. II, p. 15.
(2) Page 16 du catalogue de sir Philipps.
(3) Soixantc-et-onze liasses et deux grandes caisses.
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apprîmes que le musée de sir Pbilipps était passé de Middle- Hiil à Cbeltenam près de Bristol. La fille de sir Pbilipps» héritière de ses biens, ayant épousé le Rev" Fenwicb, Tavait suivi dans cette cbarmante petite ville, avec son musée de tableaux, de livres rares et de manuscrits de toute nature. Le Rev' Fenwich me fit les honneurs de son palais, mais malbeureusement les caisses n'avaient pas été ouvertes, et l'on devait attendre que les petits enfants du collectionneur eussent atteint l'âge de trente ans pour en disposer. Les enfants avaient alors douze ou treize ans. D*ici là, ajoutait le Rev"*, on aura le temps de trier et de classer les papiers de la collection.
Après une pareille déception, il n'y avait plus qu'à se retirer, ce que nous fîmes, après avoir parcouru les galeries sous la conduite du mattre. En passant devant les caisses qui contenaient, comme autant de cercueils, les restes exilés de nos ancêtres, je me sentais le cœur serré, et je me retirai avec l'espoir qu'un jour il serait possible d'exbumer ces précieuses reliques.
On nous pardonnera cette confidence que nous mettons au grand jour, pour attester la persistance de nos re* cbercbes et montrer le chemin à ceux qui voudront poursuivre IMS investigations, soit dans un but patriotique, soit dans un but littéraire.
Le^t sermons manuscrits du P. Bourdaloue n'existant pas pour nous, nous avons recours à d'autres moyens pour constater la fidélité de l'éditeur.
Au commencement de ce chapitre, nous avons entendu le P. Bretonneau annoncer qu'il donne les vrais sermons de Bourdaloue, et non point des copies imparfaites telles qu'il en parut, dit-il, il y a plusieurs années. L'éditeur traite avec dédain ces éditions frauduleuses ; nous serons moins sévère et nous les accepterons ici comme contrôle.
i 10 lA p. LOUIS BOURDAi^OnS
La bibliographie du P. de Baoker cite trois- édition»* françaises ou belges ; un- carême en 3 vol., in-12; publiés, à Paris (Bruxelles) , chez M^bre-Cramoùj/y en 1692 ; des sermons pour les gra$ides fête» de Tannée en 1 vol» in-12, de même éditeur et de même date.
Le Journal des Savants de 1692, édit. in-/i^,. réclama^ contre cette publication, en révélant les moyensfmuâuleia employé» par les éditeurs pour lui donner accès auprès du public français.
A la page A08 du Journal des Savants^, du mûis de septembre 1692, on lit :
« Un libraire de Bruxelles a imprimé* A vol. in-12, sous le titre de Sermons du P. Bourdaloue; on n'aurapas de peine à découvrir que le Révérend Père n'a aucune part à cette impression. 11 y a plusieurs sermon» oui il n* y* a rien de lui ; et les autres n'ont guère de lui que le texte et quelquefois la division. U est bien aise qu'on sache qu'oui désa^ voue ces quatre volumes et les autres que? l'imprimeur a* bien voulu promettre de son: chef: au* public Quelques-uns s'y sont laissé tromper, sur ce que llimprimeun y a. mis une approbation de M: Gourcier, un privilège du ici et le nom de la veuv6 Cramoisy. »
Od. le sait, tous les* orateurs étaient alors* exposés au périlleux, hoxm&uir de la contnefaçon 4 aussi le P. Bouodan loue, qui passait pour le roi des orateurs^ eut-il à subir, malgré l'avis du Journal des Savants^ de nombreuses reproductions frauduleuses* de se» sermons. Les éditeurs n'en devinrent que plus audacieux, il&^parurent à. visage découvert; c'était l'imprimeur Frick, de Biiuxelie», qui* publiait un carême en 1692 ; c'est le célèbre imprimeur Foppens, d'AïUvers et de Bruxelles, qui édite les même» sermons de carême en 1693. Enfin, sous la rubrique de Pari»^ chez Mabre-Gramoisy, on. trouve une nouvelle édi^tiou, en 1696^ qui s^annonce comme Nouvelle édition
AUTHENTICITÉ DB SB8 CBUVllES IMPRIHÉBS ill
revue et corrigée et divisée en deux parties. Nous possédons le I" volume de cette édition revue et corrigée^ avec promesse de donner la suite composée du carême^ des dominicales et A^^è panégyriques du même auteur. Ce volume contient les sermons pour tous les jours du Carême^ depuis le mercredi des Gendres jusqu'au vendredi de la quatrième semaine.
L'édition de 1696, dite nouvelle et corrigée, n'est que la copie, sous un autre format, de l'édition de 1693. Quel jugement porter sur cette publication de contrebande condamnée par le Journal des Savants de 1692, qui n'a pu arrêter les éditeurs frauduleux des années 1693 et 1696?
Au point de vue littéraire, il est difficile de la condamner absolument, lorsqu'on voit le P. Houdry, Jésuite (Ij, auteur de la Bibliothèque des Prédicateurs^ donner des extraits des sermons du P. Bourdaloue, tirés, comme il dit, des sermons imprimés sous son nom. Le P. Houdry avait connu et entendu le prédicateur et se trouvait en état de juger de sa valeur et du fruit de sa prédication ; si donc il donne des extraits des sermons frauduleux, s'il les présente comme des modèles de développement d'idée, c'est qu'il ne les trouve pas trop au-dessous des discours réels.
Et que» l'on ne croie pas qu'il fut plus difficile alors qu'aujom^d'hui de reproduire les sermons entendus. Lemaire, auteur d'un ouvrage estimé sous le titre de Paris ancien et moderne, publié en 1694, dit, au sujet d'un psautier en notes, où une lettre signifie un mot : « Les anciens pratiquaient cet usage pour écrire plus promptement, de même que nous en voyons aujourd'hui qui suivent de la aorte les sermons dans les églises, à la vive voix
(I) Né en 1631, mort en 1729. Voir Bibîioth, des prédicateurs, t. IV, p, 306, 470, 'j76, etc..
du prédicateur, et auxquels on peut bien appliquer ce distique de Martial :
Currant verba licet, manus est velocior illis ; Nondum lingua suum, dextra percgit opus.
Que les paroles courent à leur gré, la main va plus vite encore ; la langue n*a pas terminé son office que déjà la main a fait son œuvre.
Les sténographes du temps ne travaillaient pas seulement pour les éditeurs de Hollande ou de Flandre ; ils se mettaient à la disposition des familles désireuses de conserver les beaux sermons^ suivant l'expression de M"' de Sévigoé.
Les bibliothèques publiques possèdent de volumineux in-quarto, où sont recueillis les discours des principaux orateurs du dix-septième siècle. Le département des manuscrits de la bibliothèque nationale conserve une collection de ce genre, où sont rassemblés des sermons de Mascaron, de Bourdaloue et d'autres orateurs célèbres du temps.
Les bibliothèques particulières de l'ancienne aristocratie française, celles du moins qui ont pu échapper au vandalisme révolutionnaire, doivent en posséder encore. Dans l'intimité de la famille, on aimait, à l'exemple de la marquise de Pompadour (1), à relire ces sermons. ^Dans la solitude du cloître, disent les Mémoires de la Visitation, on méditait avec bonheur les sermons du P. Bourdaloue et du P. de la Rue (2).
Il existait avant notre dernière révolution, dans les archives seigneuriales de la famille du marquis des Montiers- Mériuville, au château du Fraisse, en Limousin, un volume in-A", renfermant dix-neuf sermons de carême, sous le titre de Saumons du P. Bourdaloue. Ce recueil,
(1) Eût. des Carmélites de l'avenue de Saxe, p. 342. il) Année sainte de la Visitation, t. V, p. 64.
AUTHENTICITÉ DE SES CEUYRES IMPRIMÉES li3
qui nous a été communiqué, était pour nous d'un grand prix, mais nous comptions sans les excès inouïs de la Convnune de 1871 ; l'invasion de notre domicile a été suivie de la disparition du manuscrit, apprécié probablement par quelque chef connaisseur en belle littérature. Toutefois les notes que nous avions prises rendent cette perte moins nfgrettable, et nous les appellerons à déposer en laveur du P. B retonneau.
Pour montrer que le P. Bretonneau a consei*vé les discoiu^s du P. Bourdaloue, nous mettons en parallèle quelques passages des sermons imprimés et publiés en 1693, et les mêmes passages des sermons édités en 1707.
Prenons le sermon pour le mercredi des Cendres.
Le sermon de l'édition de 1693 Le sermon pour le même jour
a pour texte : Mémento homo de l'édition de 1707 a pour
9111a puivis es et in pulverem re- texte : Pulvis es et in pulverem
verteris. ((tB«èbb, c. m.) (1). reverteris (Genèse, c. m.) (2).
Ce furent les paroles dont Ce sont les mémorables Dieu se servit au commence- paroles que Dieu dit au prement du monde pour punir mier homme, dans le moment le premier homme après sa de sa désobéissance; et ce désobéissance, mais ce sont sont celles (juerEglise adresse les mômes paroles que TE- en particulier à chacun de nous^ glise adresse, aujourd'hui, à par la bouche de ses minis* chacun de nous en particulier très, dans la cérémonie de ce par la bouche de ses mi - jour. Paroles de malédiction, nistres, dans la cérémonie des dans le sens que Dieu les pro- Gendres. Ce furent des malé- nonça; mais paroles de grâce dictions dans le sens que Dieu et de salut, aans la fln que les prononça, mais ce sont TEglise se propose en nous des paroles de bénédiction les faisant entendre. Paroles dans rintention et la fin pour terribles et foudroyantes, pour laquelle l'Eglise nous les fait Thomme pécheur,puisqu' elles entendre. Ce furent des paro- lui signifièrent l'arrêt de sa
(1) Ed. Foppens, Bruxelles, t. I, p. 1.
(2) Œuvr, compL, t. Il, p. 45.
114 LE F. UkVlS ^QDa&AbQDB
les, terribles et foudroyantes, «oudunaation; mais paroles, pour ces premiers pécheurs, douces et consolantes, pour puisau'elles signifièrent Far- le pécheur pénitent , puis rét ae leur coBdamu&tkm ; quelles lui enseignent k Toie mais ce sont des paroles ae sa comversiou et desa, jusdouces pour les pénitents , tification.
puisqu'elles leur enseignent les voies de leur convepaioa et dei leur justiiication.
L'éditeur de .1707 reproduit le senoop prècbé pour Touverture du Carême de MontpeUier, en 1686 ; il cwtient, après rintroduction, >un mot: à l'adrasee des protestants (1), qui n'^t. pas «t, ne. pouvait être. dans Je teite de 1693, reproduit d'après le même discours prêché à Paris devant un auditowe tàtb^qfn^.
ÉdiUon 1693. ÉdOion 1707.
««.Excellente occupation de »«. Excellent prlndpe qne je la pénitence qui oflre^nnidine suppose d'abord, et d'où je temps un double sacrifice à conclus que la pénitence chré- Dieu, c'estrà-dire le sacrifice tienne/prise aaas toute son de Tesprit par une hiunUité étendue, est donc un donUe « volontaire de tontes les puis- saoïûfice que Dieu exige de sauces, et le sacrifice du corps nous. Sacrifice de Tespritel par les rigueurs et par les sacrifice du corps : sacrifice austérités qu'elle nous in- de T^eaprit par rfaumilité de spire. C'est à cette pensée la componotion ; et sacrifice €urétienne que je yeux m'at- du corps « par Taustérité tacher aujourd nui, et parce même extérieure de la saque ces deux sacrifices de la (isfaction : sacrifice de Tes pénitence se doivent faire en piit^sans lequel, comme nous vous, en détruisant deux obs- renseigne le mailre des gemtacles très dangereux qui s'y tils, le sacrifice du corps ne
mour déréglé que nous avons sans quoi le sacrifice de Tespour nos corps, et qui nous prit n'est souvent qu'une
(i) Œuv, compL, t. II, p. 47.
AUTHEHTICITÉ BE SES OBUTRBS IMPRIMÉES 115
empêche de le mortifier. Cet illusion et un fantôme devant esprit d*orgueil ne peut pas Dieu. En sorte que Tunion de s'accorder avec Thumilité de ces deux sacrifices est abso- Tesprit et Tamour déréglé lumentnécessairepourrendre que nous avons pour nos parfait Tholocauste dont je corps ne peut pas s'accorder parle, et d'où dépend l'entière avec les rigueurs et les austé- réconciliation de rhomme rites de la pénitence; je pré- pécheur avec Dieu, tends de vous montrer au- Je m'attache à cette pensée lourd'hui que la chose par qui me conduit naturellement laquelle ces deux obstacles a mon sujet : et parce que ces peuvent être détruits, c'est deux sacrifices, que la pénipartieulîèpement la pénitence, tence doit faire à Dieu, trouet Dour cela, je partage tout vent en nous deux grands ce discours en deux parties : obstacles, dont le premier est il faut sacrifier l'orgueil de l'esprit d'orgueil, et le second l'esprit par rhumilité de la l'esprit de mollesse : l'esprit pémtence, et c'est cette pre- d'orgueil, incompatible avec mièfe considération que les l'humilité de la pénitence; cendres <|u'on nous donne, l'esprit de mollesse, essennous inspirent, pi^ce qu'eUes tieUement of)posé à l'austésont les marques et fe sym- rite de la pénitence; je veux, bole de la mort, voilà ma -pour &e vous rien dire au-
Sremière partie. Il faut sacri- jourd'hui qui ne soit utile et er à Dieu la délicatesse et la pratique, vous apprendre à mollesse du cojps par les ri- les surmonter par le souvenir gueurs et les austérités de la de la mort une nous retrace pénitence qui nous engage à l'Eglise dans la cérémonie des méditer continuellement la Gendres. C'est tout le dessein nécessité qu'il y a de mourir, de ce discours, qiie je réduis et c'est un joug qui nous est à deux propositions. Il faut, imposé par les austérités de .par nue pémtence solidement la pénitence, c'est ma se- numble^. anéantir devant Dieu conde partie. Torgudl de nos esprits; et,
c'est Jl quoi nous oblige la vue de ces cendres, qui sont pour nous les marques et comme les symboles de la mort : ce sera le premier .|)oiait. Il faut, par une pénitence généreusement austère, sacrifier à Dieu la mollesse et la délicatesse de nos corps; et c'est à quoi nous engage l'imposition de ces cendres.
qui nous annoncent, ou plutôt qui nous font déjà sentir 1 inévitable nécessité de la mort : ce sera le second point.
La première partie du discours commence dans les mêmes termes.
Édition 1693 (p. 6). Édition 1707 (p. 50).
Gomme il est de la foi que Gomme il est de la foi que Torgueil de Thomme a été la Torgucil fut le premier péché cause, le sujet et la source de de rhomme, et qu'il est entout péché, il ne faut pas s'é- core la source et le principe tonner aussi que le môme or- de tout péché : Initxum omnis gueil soit un obstacle essen- peccati superbia (Eccli., x), il tielquis'oppseàla énitence ne faut pas s'étonner que le qui est le remède du péché... môme orgueil soit un obstacle
essentiel à la pénitence établie de Dieu pour être le remède du péché...
Qu'on nous permette de citer encore quelques traits semblables, quant à l'idée mère, et qui. ne diffèrent que légèrement dans la forme. Dans la première partie, on lit :
Édition 1693 (p. 7)'. Édition 1707 (p. 52).
Quand un homme du com- ... Quand un homme sans mun ou de la lie du peuple qualité et sans naissance, mais vient à devenir insolent , le élevé néanmoins à une haute moyen le plus propre pour fortune et comblé de biens et l'abaisser, c'est de lui mettre d'honneurs vient à s'enor devant les yeux la qualité ou gueilÛr et à s'oublier , le plutôt la bassesse de son ex- moyen de réprimer son ortraction. G'est assez de lui gueil est de lui remettre devant dire : d'où êtes-vous venu? les yeux l'obscurité et la bas- U n'en faut pas davantage sesse de son extraction. Ne pour lui inspirer des senti- vous enflez point, lui dit-on, ments de modestie et d'hu- on sait qui vous êtes et d'où milité s'il en est capable... vous êtes venu. Gela seul est
capable de le confondre et de lui inspirer des sentiments de modestie...
Le sermon sur V Ambition se présente dans les mêmes conditions ; il parait au mercredi de la deuxième semaine de Carême avec le texte du jour, et souvent avec les mêmes termes.
Édition 1693 (1). Sermon sur Édition 1707 (2). Sermon sur
V Ambition, pour le mercredi de V Ambition, pour le mercredi de
la seconde semaine de Carême, la seconde semaine de Carême,
pn''ché en ville. prêché devant le roi.
BXORDE. BXORDE.
^,?Sî''^^î.v ****'*?* •{"!*• Respondens autem Jésus
^xit : Nescitis quid petatis, oixit : Nesottis gtua petatis.
Potestis bWere oaUcem quem Potestis bibere ealicem qtiem
ego biblturus swml Dicunt el : ego bibiturus sumf Dtcunt ei :
Possumus. — Et audientes Possumus.^ Ait mis: Caiicem
decem. imUgnati sunt de duo- quidem meum bibetis ; sedere
DUS pratrtous. atuem ad dexteram meam
JéeuJi-Christ leur répondit : ''«' sinistram,, non est meum
Vous ne laves ce qoo vous de - dare vobis.
mandez. Pouvez - vous boire le jégns leur répondit, et leur dit :
calice que Je boirai? Oui, loi Voua ne savez ce que vous de-
dirent-ils, nous le pouvons ; ce mandez. Pouvez - vous boire le
qu'entendant les antres disciples, calice qne Je boirai ? Ils lui dirent :
ils furent émus d'Indignation j^oua le pouvons. Alors 11 leur
contre ces deux fibres. répliqua : vous boirez le calice que
(a Matth., ch. XX ; 22, 24.) j© dois boire ; mais d'être assis à
, . ma droite ou à ma gauche, ce
Ce n est pas sans une prOVl- n'est pas à moi do vous raccorder.
dence particulière que Jésus- ^®' ^'*'""-» ^' xz; 22, 23, 24.) Christ étant venu enseigner ç, aux hommes Thumilité, choi- ^^^^' sit des disciples dont les sen- Ce n'est pas sans une protiments étaient entièrement videnceparticulièrequeJésusopposés, et qui, dans la bas- Christ, qui venait enseigner «esse de leur condition, ne aux hommes rhumilité,choilaissaient pas d'être ambi - sit des disciples dont les senlieux et ialoux de Thonneur timents furent d'abord si opdu mondfe. 11 voulait, disent posés à cette vertu, et qui, les Pères, en nous instruisant dans la bassesse de leur coudes désordres de leur ambi- dition, avant que le Sainttion, nous faire comprendre Esprit les eût purifiés, ne la grandeur de la nôtre, afin laissaient pas d être superbe leur faisant la leçon sur bes, ambitieux et ialoux des une matière aussi importante honneurs du monce. Il voulue celle-là, elles nous ser- lait, dans les désordres de
(1) Edit. Foppens, Bruxelles, t. I, p. 322. (2; Œuv. compl,, t. II, p. 437.
lis LR p. LOUIft BOURDALOUE
vissent de règle pour former leur ambition, nous découvrir nos mœurs et nous réduire à les nôtres; et dans les leçons cette sainte humilité sans la- toutes divines qu'il leur faisait quelle il n'y a point de salut, sur un point si essentiel, nous
donner des règles pour former nos mœurs et pour nous réduire à la pratique de cette sainte et bienheureuse humilité, sans laquelle il n'y a point de piété solide ni inème de Vrai christianisme.
Le discours de 1698 a le même exorde que le discours de rédIiÎDD Bretonneau, prêcbé le même jour devant le roi, avec les divisions et la confirmation d'un sermon sur le même sujets prêché à la ville, le seizième dimanche après la Pentecôte , d'après Bretonneau. Le sermon prêché devant le roi s'adresse aux courtisans et parle des honneurs du siècle que Fambilleux poursuit et qu'il détourne de leur fin lorsqu'il les profane^ lorsqu'il en abuse^ lorsqu'il les corrompt (1) : l'autre sermon dont nous donnons le parallélisme, présente les caractères de tambitieux. Il est probable que le P. Bourdaloue a traité le sujet dans ces mêmes conditions.
L'orateur distingue trois caractères de l'ambition.
Édition 1693 (2). Edition 1707 (3).
Elle est aveugle dans ses Quoi qu'il en soit, mes
recherches et dans ses pour- chers auditeurs, et à parier
suites, elle est présomptueuse de l'ambition en général, j'y
dans ses sentiments et dans découvre trois grands désor-
ses pensées, elle est odieuse dres,selon trois rapports sous
dans ses suites et dans ses lesquels je l'envisage. Elle est
effets... aveugle dans ses recherches.
Il s'agit de remédier à ces elle est présomptueuse dans
trois grands desordres, et c'est ses sentiments , et elle est
(1) T. II, p. 441.
(3) T. VII, p. 113.
AUTHENTIdTÉr DE SBB CEirTBGS lUPRlMÉES 119^
ceqvele Saint-Esprit faut dans odieose dam se» saîles; Mais • notre Evangile, en proposant à cela- quel remède? point les maximes les pins saintes d'autre que cette sainte hnde rhnmilité de Jésus-CIbrist ; milité qui nous est aujourcar si l'ambition est aveugle d'hui si fortement recommandans ses recherches et dans dée, et qui seule est le correcses poursuites, c'est Thumi^ tif des pernicieux eflets d'un lité qui doit éclairer cet aveu- désir déréglé de paraître et glement ; si l'ambition est de s'agrandir. Car si Tambiprésomptueuse dans ses seo- tion, par un premier caractiments et dans ses pensées, ftre, est aveugle dans ses rec'estrhumili té de Jésus-Christ cherches, c'est l'humilité qui qui doit corriger cette pré- en doit rectifier les vues somption; enfin si l'ambition fausses et trompeuses. Si est odiense dans ses suites et l'ambition, par nn second cadans ses effets, c'est Thumi- raclère , est présomptueuse lilé de Jésus-Christ qni doit dans ses sentiments , c'est en étonffisr la haine et l'en- l'humilité qui doit rabaisser vie, trois vérités qui sont de cette haule estime de nousla dernière importance et pour mêmes et de nos prétendues laquelle je vous demande une qualités. Enfin, si l'ambition, attention tonte particulière, par un dernier caractère, est
odieuse dans ses suites, c'est rhumilité qui les doit prévenir, et c'est elle, à quelque état que nous soyons élevés,
3ui nous tiendra toujours unis e cœur avec le prochain.
Voilà en trois* mots tout le sujet de votre attention.
Au commencement de la première partie nous lisons :
Édition 1693 (1). Édition MOI (2).
Quoiqu'il n'y ait point de II n'y a point de passion qui
passionqui n'aveugle l'homme n'aveugle l'homme et qui ne
et qui ne lui fasse voir les lui fasse voir les choses dans
choses dans un faux jour en un faux jour où elles lui pa-
lui cachant ce qu'elles sont et raissent tout ce qu'elles ne
lui faisant paraître ce qu'elles sont pas, et ne lui paraissent
120 LE p. LOUIS BOURDALOUE
ne sont pas, on peut cepen- rien de ce qu'elles sont. Mais dant dire avec toute sorte de on peut dire, chrétiens, et il vérité que ce caractère con- est vrai, que ce caractère convient particulièrement à Tam- vient particulièrement à Tambition. ' bition...
Dans la deuxième partie, le P. Bourdaloue trace le portrait de Y ambitieux; nous laisserons le lecteur juge : à lui de décider où paraît plus sensiblement la vigueur du pinceau que Ton accorde à l'orateur.
Édition 1693 (1). Édition 1707 (2).
Pour le mercredi de la deuxième XVP dimanche après la Pensemaine. côte.
Qu'est-ce, en effet, qu'un ... Qu'est-ce qu'un ambihomme préoccupé de cette tieux? C'est un homme, rémaudite passion? C'est un pond saintChrysostôme, remhomme, répond saint Am- pli de lui-même, qui se flatte broise, qui croit pouvoir sou- de pouvoir soutenir tout ce tenir tout le fardeau et la qu'il croit le pouvoir élever, charge qu'il poursuit ; c'est qui, selon les différents états un homme qui, selon les dif- où il est engagé , présume férents états auxquels il serait avoir assez de force pour se engagé, croit avoir assez de charger des soins les plus imforces, assez de lumières, portants, assez de lumière assez d'intégrité, assez de zèle pour conduire les affaires les pour remplir Tes premières plus délicates, assez d'intéplaces de l'Eglise, s'asseoir grité pour juger des intérêts sur les fleurs de lis, et entrer publics, assez de zèle et' de dans le conseil des rois. Il ne perfection ponr gouverner r& ireçoit jamais de récompense glise, assez de génie et de po- •qui ne lui soit due, ni de fa- litique pour entrer, s'il y était veur qu'il ne croit avoir mé- appelé, dans le conseil des ritée. .. rois, qui ne voit point de fonc-
tions au dessus de lui, point de récompense qui ne lui soit due, point de faveur qu'il ne méritât, en un mot, qui ne renonce à rien, qui ne s'exclut de rien...
<2) T. VU, p. 126.
La troisième partie, V Ambition odieuse dans ses suites^ commence dans les mêmes termes avec des variantes sans importance.
Citons encore Texorde du sermon sur Y Enfer (1), prêché devant le Roi, le vendredi de la seconde semaine de Carême. Dans l'édition de 1693, il est placé au jeudi de la deuxième semaine (2) . Le texte est le même.
Édition 1693. Édition 1707.
Ce furent, chrétienne com- Mortuus estautemet mves,
. j ' jt 11 !• et sepuUv^ est in in/^erno ,
pagnie, deux sépultures bien ^ , ^ ^ / ^ ^ „
^'Sa là Ai. A X -i Or, le riche monmt aussi, et il
(linerenles que reçut tout à la futcn»ov©u dan* lenfcr. fois ce riche malheureux de (s. Luc, ch. xvi.) notre évangile, Tune pour son SmE^ âme, l'autre pour son corps. C'est le triste sort d'un Comme il avait vécu dans l'o- riche du monde, dont il était pulence, il était comblé d'hon- parlé dans Tévangile d'hier, neurs sur la terre, et mêpie et je ne fais pas difficulté de après sa mort on lui rendit de le reprendre aujourd'hui^ ce grands honneurs funèbres, môme évangile, pour en tirer On porta son corps en pompe un des plus terribles, mais et en cérémonie, on lui érigea des plus importants sujets un magnifique mausolée et que puissent traiter les préquelque méchant qu'il eût été, aicateurs dans la chaire de on trouva peut-être des ora- vérité. Il mourut, ce riche, ce teurs assez lâches pour faire mondain , comblé de biens son éloge, et pour lui attri- dans la vie et comblé même buer des plus grandes vertus d'honneurs après la mort; qu'il n'avait pas. Mais le mal- car il est à croire qu'on lui fit heur est que son âme n'avait de magnifiques tunéraiUes , pas le même sort, et qu'on lui qu'on porta son corps en rendit ailleurs une justice pompe et en cérémonie, qu'on exacte qui, sans avoir égard ni lui érigea un superbe mausok ses richesses ni à sa qualité, lée, et peut-être tout pécheur le traite selon le mérite de sa qu'il avait été, se trouva-t-il
{personne; car quand son corps encore des orateurs pour faire
Qt enseveli honorablement, publiquement son éloge, et
soir âme devint la proie des pour lui donner la gloire des
démons,et au lieu d'être trans- plus grandes vertus. Mais, le
Eoriée dans le sein d*Abra* malheur pour lui^ et le souam, comme celle de Lazare, verain malheur, c'est qu'au elle fut transportée dans un même temps que les hommes abîme de feu , enveloppée de Thonoraient sur la terre, on flammes ardentes, et réduite lui rendait ailleurs justice; et àn'avoir,pendanttouteréterT que son âme, portée devaat nité, que renfer pour sa de- le tribunal de Dieu, y reçut meure. Et c'est ce qui arrive rarrèi de sa condamnation, à une inflnilé de grands et de et fut tout à coup conime enpuissants sur la terre, sur le sevelie dans Tenfer : afTreuse tombeau desquels on ne peut image de ce qui n'arrive que mettre d'autre épitaphe que trop communément aux riches cdui*d : Mûrtnus ewt dives et et aux grands du sièele I Mar-sepultus est in tnfemo. tuus €$t autem et dives, et se*
pultus est ininfemo. (Lue, xvr.)
Nous pourrions facilement continaer ce rapprocbemeot entre les discours attribués aux copistes, et les discours publiés par le P. Bretonneau; les différences sont sensibles^ mais r esprit et lesentimmty selon l'expression de Téditeur, ne changent pas : souvent le langage est idén* tique et s'il diilëre, ce n*est pas toujours au détriment de la publication frauduleuse. En général, dans les anciennes éditions, le style est moins sévère, il est moins habillé, s*il est permis de parler ainsi. On reconnaît que ces sermons ont été recueUlis non phis à la cour; mais en viDe, dans les auditoires de la capitale ; là le prédicateur est plus libre de ses mouvements^ c est bien le même ordre, mais ce n'est plus le même appcrèt, les détails de mœurs sont plus précis, plus hardis; le prédicateur appelle les choses par leur nom; les sermons sont notablement plus courts^ et même écourtés, par là ils perdent cette ampleur de pensées et d'expression que comportent les discours solennels.
Outre les vingt-sept sermons imprimés en 1693 et 1606, nous trouvons dans le volume écrit à la main, provenant de la bibliothèque de la famille des Montiers, dix-huit sermons de Carême, depuis le mercredi des Cendres jusqu'au
AUTHENTICITÉ DE SES OEUTRES IKPRIIIIÉES 12S
quatrième âimancbe : Tordre des sujets n'est point le même; dix d'entre eux sont placés à d'autres jours dans l'édition du P. Bretonneau : de plus, nous découvrons un sermon sur V Humilité qui n'a été imprimé dans aucune édition, il est affecté an jeudi de la première semaine de Carême. Ce manuscrit présente un intérêt spécial par son origine. II appartient à une famille dont les ancêtres ont fréquenté la cour de Louis XIV, à M: le marquid des Montiers-MérinyiUe. Un abbé de Mérinville , disciple de M. Olier, de Saint-Sulpice, fut donné par le Roi, en 1709, pour coadjuteur à son oncle Godet des Marais, Tévèque de Cbartres; l'abbé de M^inville était fils du comte de RietÂx^ fils aîné du comte de Mémiville, capitaine général, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit et lieutenant du Roi en Languedoc, et d'une fille de Launay-Gravé et de M"' Godet, sœur de l'évêque de Chartres. On sait que Versailles appartenait au diocèse de Chartres et que M** de Maintenon était en relations intimes avec son évêque, très dévoué lui-même aux religieux de la Compagnie de Jésus, et juste appréciateur des mérites du P. Bourdaloue. Nous devons donc accepter ce témoin du passé avec confiance. Les notes que nous avions prises avant la disparition du manuscrit, confirment les observations que nous venons d'exposer dans la comparaison des deux textes de 1693 et de 1707 et années suivantes. Ces différences entre les manières de présenter les mêmes vérités tiennent à plusieurs causes. La transcription des sermons a été faite par divers copistes qui n'ont pas craint de rédiger leurs notes sous l'influence des impressions respectives; en outre la différence dans Tordre des sujets indique que les mêmes sermons n'ont pas été entendus à la même époque, ni probablement devant le même auditdre; Bourdaloue pouvait modifier son texte. Que le P. Bourdaloue ait composé et appris de mémoire les Ca-
124 LE p. LOUIS BOURDALOUE
rëmes prêches à la cour, on n'en peut douter, mais que les mêmes sujets traités à Paris, à Saint^acques-la-Bouchérie, ou à Saint-Pierre de Montpellier, aient été rendus dans les mêmes termes, on ne peut l'admettre. Le P. de la Rue, dans la préface de ses sermons, dit assez clairement que Bourdaloue savait à son gré parler d'inspiration ; or un sujet, sérieusement étudié et composé, peut être sensiblement modifié dans les termes, sans que le fond change, suivant le milieu dans lequel se trouve l'orateur.
Quant au texte que nous devons appeler officiel, celui qui parut dans l'édition du P. Bretonneau, il a pour lui la prescription, il a été avoué et admiré par les contemporains du P. Bourdaloue, ses confrères, et parmi eux, nous nommerons les PP. de la Rue et Gaillard, ses rivaux ; ses amis, ceux-là même auxquels l'orateur avait communiqué les desseins de ses sermons, le duc de Charost, Lamoignon, Peletier, comme nous l'apprenons par la correspondance familière de Bourdaloue. Appelons encore, en faveur du texte de Bretonneau, le témoignage tacite des imprimeurs de Paris, de Lyon, qui multiplient les éditions pendant toute la durée du siècle.
Une lettre du P. Général de la Compagnie, Thyrse Gonzalez, du 16 février 169Â, achèvera de nous rassurer sur l'authenticité des sermons du grand orateur.
Le P. Bourdaloue, nommé supérieur de la maison professe, avait écrit au P. Général, le 15 janvier 169A, pour le prier de l'exempter de cet honneur; le 16 février suivant, le P. Thyrse Gonzalez lui répond : il reconnaît que le plus grand bien demande, en effet, que le P. Bourdaloue reste libre de son temps; que, d'ailleurs, il n'a jamais voulu le détourner de la chaire qu'il remplit avec tant de profit pour les âmes et tant d'honneur pour la Compagnie. Puis, en terminant, le P. Général témoigne la satisfaction qu'il éprouve, en apprenant que le P. Bour-
daloue revoit ses sermons pour les publier, il exprime même le désir de les voir traduits en latin, afin que la France n'ait pas seule le privilège d'en profiter (1) .
Cette revue des sermons remonte à l'époque où les contrefaçons parurent, en 1692; date que nous indiquent les premières publications, et le Journal des Savants du 1" septembre 1692, avec l'avis par lequel le rédacteur semble désavouer, au nom de Torateur et de ses frères, les sermons publiés frauduleusement à Anvers et à Bruxelles.
L'empressement que Bourdaloue met à revoir son œuvre, devait être d'autant plus vif que les éditions frauduleuses se succédaient rapidement et sous divers formats de 1692 à 1696.
Le P. Bretonneau insinue, il est vrai, dans l'avertissement des Dominicales, en 1716, que le P. Bourdaloue n*avait guère eu le loisir de revoir ses sermons à cause de ses occupations ; par là, il cherche à expliquer sa coopération à l'œuvre de l'orateur et à lui donner une importance qu'elle n'a pas.
L'avis du Journal des Savants^ publié avec l'assentiment du P. Bourdaloue dont il prend les intérêts, ne serait que parole en l'air, si l'auteur n'avait voulu faire entendre qu'il se réservait le droit de publier lui-même ses discours et prévenir ainsi la diffusion des éditions frauduleuses. Du reste, le ministère apostolique de Bourdaloue parait beaucoup moins surchargé à la fin du siècle, depuis qu'il a renoncé aux grandes stations; il prêche son dernier Carême à la Salpêtrière, en 1692, et son dernier Avent à la cour en 1697 ; entre ces dates et jusqu'à sa mort, on ne l'entend plus qu'à Saint-Louis, où il prêche à son tour, aux nouvelles catholiques et en di-
(1) Arch. Gesù Rome.
126 LE p. L9UI6 BO0fiDAX0int
vers couvents, le temps de revoir aes aoeiens sermons ne lui faisait dtmc pas défaut. Ajoutoas qu'à la même époque , le P* Bretonneau , sous les yeux de Bourdaloue , éditait les sermons du P. Cheminais avec un supplément en 1691; les sermons du P. Giroost, inçriioés en 1689, étaient publiés par ses soins en 1700 et en 170& en cinq voluutes in- 12. On comprendrait difficilement que devant l'avenir qui se préparât pour ses sermons, Bourdaloue ait consenti à s'en rapporter à l'éditeur ordinaire des œuvres oratoires de son ordre, surtout après l'avis du. Journal des Savants de 1692 et les félicitations du P. Général de l'année 169&.
Nous répétons que le P. Bretonneau donne trop d'importance à son rôle et qu'il est bon de le réduire à ses justes proportions. Il a atteint le but qu'il s'est proposé et qu'il annonce. en 1716. Il a fait paraître un Cours de sermons pour toute f année ; il les a coordonnés d'après les indications du prédicateur, les a corrigés et plus ou moins modifiés, sans altérer le fond du discours, l'ordre des pensées, les applications morales, en respectant le texte origioaL
On peut affirmer que les sermons de l'Âvent et du Carême appartiennent entièrement au P. Bourdaloue, aussi bien que les M^rstëres et les Dominicales, dont un certain nombre de discours ont été prêches dans les stationa de Carême et d'Avent.
Les Oraisons funèbres n'ont subi aucune modification ; la comparaison entre l'édition princeps de X Oraison /tfnèbre A& Louis de Coudé et l'impressicm de 1711 TétabUt.
Les Ezhoriations et Instructions ont été soumises & un travail de rédaction qui laisse intact le fond du discours, et modifie uniquement la forme et la proportion. Bretonneau l'affirme lui-même, lorsqu!en parlant des /«-
ÂUTHEStiCrri BE^SBS «EDTRE8 IMPRIMÉES 127
strîiûtioHSyïl oonvientqu'ila dû ohinaîr dans lenooAre de celles qui • kd > xmt été muses , • psrce que , dit-il, « ce n'étaient que de simi^ abrégés des sermons que Bourdaloue a faits sur la même matière (1). •)) A la fin du même avertîssanent,on lit encore : « Je n'ai plus rien à promettre pour la suite. Après les quatorze volumes de la pr^ûère édition des ouvrages du P. Bourdaloue ou les quinze de la seconde, je ne -crois pas qu'on attende quelque chose au delà» ni qu'on m'accuse de ne hii avoir pas r^du tout ce qui lui appartenait. Si je puis néanmoins encore prendre le temps de parcourir ses papiers et qu'il s'y rœcontre des pensées détachées et des remarques qu'il n'sdt mises nulle part en œuvre, je n'en priverai pas le public. Il n'y a rien à perdre d'un homme si juste dans ses réflexions et si cbrétien dans toute sa aiorale (^). »
Cen!estqu'«n 17â&«qtte leP. Bretonoeau publia deux dermera volumes jsous le titre de : Pensées sur plusieuFs sufeis de re&ffian et de morale* C'est ici qu'appardt la maki de l'éditenr. IL lui a fallu trieifleaimées^de recherches dans les pa|HeFS de fiMtrdaleuepQur trouver de quoi remplir deux volumes ; .après, une BOuveUe réviBion de ses manuscrits, il a. cecueifii /tout ce cpi'il avait trouvé de pensées détachées, de. réflexions, de fragments demeurés imparùitB ou Aon employés. Il a mis tout en ordre, unissant, en forme de traité, les notes qui avaient un même sujet, et rangeaaties autres «mis le titre àe. Pensées diverses. Il y a là un vrai, travail,; honojable à TéditeiH: qui a au rassem- . hier et former un tout de ses nouvelles découvertes; mais, lorsqu'il affirme qu'il n*a rien Sait daos ce dernier travail qu'il n'ait déjà £ait pour les autres parties de l'iaeavre, il inquiète le lecteur et l'autorise à demander, avec l'auteur
(i) Aiwrtiss.tP' YoL ieBsExhort.
(2) Ibid., p. 7.
128 LE p. LOUIS BOUaDALOUE
du Jowmal des Savants^ le président Cousin, quelle part il faut lui laisser dans la rédaction des œuvres.
Le P. Bretonneau avait soixante-quatorze ans, quand il publiait le dernier volume; le succès de son travail le flattait, ses amis et ses confrères ne craignaient point de lui dire qu'on lui devait « les fruits abondants de bénédictions et de grâces que produisaient tous les jours les excellents sermons dont il s'était fait l'éditeur (1), )> et il aimait à recueillir et peut-être à grossir sa part de mérite dans les œuvres de son confrère.
Il nous reste encore un mot à dire sur l'authenticité des Sermom inédits qui parurent sous le nom du P. Bourdaloue, au commencement de ce siècle.
En 1823, l'imprimeur Dentu les présentait au public comme imprimés d'après un manuscrit authentique sous la garantie du célèbre abbé Sicard, le fondateur de l'institution des Sourds-Muets. Cette publication est l'œuvre d'un faussaire du nom de Serieys, l'un de ces intrigants lettrés qui ont profité des troubles politiques pour faire fortune et se créer une position. Sur la recommandation de Marmontel, le maire de Paris, Bailly, lui donna entrée dans les dépôts des bibliothèques conventuelles et nobiliaires, il y acquit une érudition indigeste qu'il exploita ensuite à son profit dans tous les genres {H) de littérature tant sacrée que profane.
Membre de la nouvelle Université à sa naissance, il perdit bientôt l'estime du grand maître, reprit les fonctions de publiciste et* s'attacha à l'abbé Sicard, dont les allures philanthropiques faisaient alors grand bruit. Sous le nom de cet abbé, il fit annoncer en 1810 la prochaine
l\) Œuvres du P. Bretonneau, par le P. Berruyer. Préface,
(2) Voir dans la biographie universelle les titres de ses ouvrages.
apparition de plusieurs sermons de Bourdaloue, publiés d'après un manuscrit authentique, avec une notice par l'abbé Sicard. La notice n'étant jamais venue, et l'abbé Sicard étant mort en 1822, Serieys se décida, en 1823, à publier les Sermons inédits sous le nom de l'abbé.
Personne n'a été dupe de cette supercherie; dès la première page, on voit que Bourdaloue n'est pas là.
130 u P. loms BanuAMCB