PRÉFACE X
toutes les preuves d'authenticité voulues; en outre, il n'est pas assez scrupuleusement traduit pour qu'on puisse en faire honneur à Tillastre religieux.
En 1876, M. Frédéric Poulin, licencié es lettres, publie une étude intéressante, rédigée dans le meilleur esprit.
M. Ferdinand Belin, docteur es lettres, inspecteur d'Académie, a donné au public un travail curieux sur la Société française au dix-septième siècle^ d'après les Sermons du P. Bourdalove. C'est un travail d'érudition qui prouve une grande lecture, une prodigieuse mémoire et de Thabileté dans l'application des menus faits, des petites et grandes intrigues du dix-septième siècle, aux détails de mœurs qu'expose le P. Bourdaloue.
Nous regrettons que M. Belin n'ait pas pensé à secouer le joug des idées régnantes pour apprécier l'osuvre du P. Bourdaloue; puisqu'il connaissait si bien l'esprit et les mœurs du dix-septième, il eût été conforme à toute règle de justice et de goût de ne pas demander au prédicateur du roi, des discours démocratiques contre le gouvernement du temps, d'autant plus que nul prédicateur ne s'est montré plus indépendant que le nôtre, nul ne s'est montré plus véhément défenseur des véritables intérêts du peuple, surtout en rappelant aux riches et aux grands de la terre leurs devoirs envers les pauvres. Nous regrettons de le voir insinuer, avec M. Paul Albert, que les orateurs sacrés du dix-septième siècle
X LE p. LOUIS BOURDALOUE
ne se sont pas occupés des misères du peuple; nous montrerons à ces hommes de lettres qu'ils sont dans Terreur.
Après avoir parlé de la critique si saine et si bienveillante de M. Sainte-Beuve dans ses conférences littéraires, nous devons rapprocher, de la critique d'un libre-penseur, la critique du libre examen représentée par M. Yinet. Pasteur de l'Église réformée, M. Yinet rédigeait en 1843 la revue protestante et littéraire, le Semeur; dans cette revue, il a inséré plusieurs leçons vraiment remarquables sur le P. Bourdaloue; on doit regretter qu'il se soit cru obligé de payer tribut à son école et de déparer ainsi l'honnêteté de son discours. Si l'on veut bien ne pas tenir compte des tirades haineuses contre l'enseignement des Jésuites, préparées en collaboration avec M. Quinet, on trouvera dans ses ^préciations, de la sagesse, de la finesse et de la profondeur. Bourdaloue, comme orateur moraliste, est sainement jugé et ses censeurs redressés.
On trouve dans une autre revue, la Bewke des Cours littéraires j sous la signature de M. Weiss, année 1866, des jugements très bien formulés siir Bourdaloue.
Au sortir de la tourmente révolutionnaire, dans les premières années de notre siècle, on éprouva
FBÉFACE XI
bientôt le besoin de faire revivre les grands écrivains de la France : Bossaet, Bourdaloue, Fénelon.
Dès l'année 18i2, M. Yillenave publiait, à Versailles, une édition des œuvres de Bourdaloue en seize volâmes in-8*. Cette belle édition est précédée d'une notice historique et littéraire, précise et aussi complète qu'il était possible de la rédiger à cette époque.
A la fin du dernier volume, l'éditeur a rassemblé de nombreux documents : la Vie du P. Bourdaloue par Bf de Pringy, la lettre du P. Martineau, celle de M. de Lamoignon. A la suite de ces diverses pièces, empruntées à l'édition princepg de Rigaud et du P. Bretonneau, viennent quelques lettres de BcMirdalotte; une première lettre à Al""^ de Maintenon, 8ur le qniétisme ; une autre lettre à la même, où il tnce le plan d'une vie chrétienne, avec une lettre supplémentaire; deux lettres à Santeuil, dianoine de Saint-Victor, à Toccasion de l'épitaphe d'Amaûld; enfin, une lettre à M. de Lamoignon.
M. Villenave a eu, le premier, l'idée de publier les jugements de divers auteurs sur les sermons du P. Bourdaloue ; il les emprunte à tontes les époques littéraires qui nous séparent du dix-septième siècle. U cite La Bruyère, M"" de Maintenon, M"* de Sévi^é, Boileau, et antres; il ajoute le témoignage de {^usieurs critiques du dix-huitième siècle: de l'abbé d'Olivet, de l'abbé Trublet, de Voltaire, de La Harpe, de Maury et d'autres que nous citons dans notre ouvrage.
À la saite des jugements, nous trouvons une notice détaillée sur les premières éditions des œuvres de Bourdaloue. Une table des matières traitées par Bourdaloue, une autre table des Pères et auteurs cités par l'orateur, terminent l'ouvrage. Entre les deux tables, on a intercalé un avertissement de M. J.-B.-M. Gence sur les sources sacrées où le P. Bourdaloue a puisé pour la composition de ses discours; il compte jusqu'à soixante-dix Pères consultés et cités par lui, et sur chacun d'eux il donne quelques renseignements biographiques; cette table est d'un grand intérêt et peut être d'une grande utilité.
Dans l'édition des Œuvres complètes de Bourdaloue, publiée par Méquignon-Havard, en 1826, on trouve, au commencement du premier volume, tous les documents que nous venons de citer, les notices, les lettres, les jugements des principaux critiques des dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles.
M. Labouderie a publié en i 829 une notice sur la vie et les œuvres de Bourdaloue, qui se trouve en tête de l'édition publiée par Gauthier frères et G', à Paris et Besançon.
Citons encore les OEuvres complètes de Bourdaloue, publiées, dans ces derniers temps, par des prêtres de l'Immaculée- Conception de Saint-Dizier, en quatre volumes in-4'' à deux colonnes, 1876, troisième édition. Nous y lisons avec intérêt une notice