SCÈNES DE MÉLOMANIE BOURGEOISK
MONSIEUR CARRÉ
Je n*én sais vraiment rien.
UNE DàifE.
Sans accompagnateur, cela me paraît difficile.
MONSIEUR GODET
Jamais je ne me suis trouré à pareille fête.
MONSIEUR CARRé.
Ni moi!
MONSIEUR GODET, bas à sa femme.
Comment nous tirer de là ?
MADAME GODET, basa son mari.
J'allais te le demander. •
MONSIEUR GODET
Si tu faisais circuler les gâteaux !..
MADAME GODET
Tu crois?..,
MONSIEUR GODET
Ça leur fermerait la bouche.
MADAME GODET
Charlotte!
LA BO.NNE
Madame !
MADAME GODET
Faites passer des gâteaux.
LE PLAISANT
Ça nous donnera des oreilles.
DEUXIÈME PLAISANT
Puisque ventre affamé n'en a pas.
MONSIEUR PRUDHOMME, à fiOQ voisin.
Monsieur connaît-il le prospectus des morceaux dout nous devons jouir ce soir ?
Non, monsieur. Et vous?
MONSIEUR PRUOIIOMME.
Je dois vous avouer que je l'ignore. Il paraît, dit-on, que ce sera d'un heureux choix.
LE VOISIN
Savez- vous si M. Godet se fera entendre sur sa guitare ?
MONSIEUR PRUnHOMME.
Je crains que non.
LE VOISIN
Et pourquoi ?
MONSIEUR PRUDHOMME
Ou ne trouve phis cet instrument assez hruyant .
LE VOISIN
(l'élait pourtant fort joli.
310NSIEUR PRUDHOMME.
Je suis de votre avis, comme accompagnement surtout. Rien ne se mariait mieux avec la voix. J'ai connu un Espagnol...
LE VOISIN
J'en ai connu plusieurs.
MONSIEUR PRUDHOMME
Je ne vous dis pas non ; le mien, c'est-à-dire celui que j'eus lel)Ouheur d'entendre, vous aurait joué toute espèce d'opéras sur sa guitare ; c'était, monsieur, à vous arracher des larmes.
LE VOISIN
Je le crois !
[\.A Itonne, arméed*un plateau chargé de pâtisseries, fait le tour du salon. > l'N INVITÉ, prenant deux gâteaux.
C'est surtout sous celte forme que j'aime la musique.