‹ Bourgeois de ParisChapitre 53 sur 122 · MONSIEUR CORNET, MONSIEUR TOMBA · texte numérisé non relu

MONSIEUR CORNET, MONSIEUR TOMBA

MONSIEUR CORNET

Ah! VOUS avez été enrhumé?

Comme un loup.

MONSIEUR CORNET

Et qu'avez-vous fait pour ça?

MONSIEUR TOMBA

Pas grand' chose.

MONSIEUR CORNET

Je n'ai rien voulu faire : ça c'est passé comme ça.

MONSIEUR TOMBA

Peut-être avez-vous eu tort.

DE LA TABLE i05

MONSIEUR CORNET

Vous voyez bien que non, puisque nous avons obtenu le même résultat.

MONSIEUR TOMBA

Je ne sais si je me trompe, je trouve ce nouvel appartement bien joli.

MONSIEUR CORNET

Vous ne le connaissiez pas?

MONSIEUR TOMBA

Pas encore.

Le fait est qu'il y a une éternité que vous n'étiez venu. . . oui, très -joli, parfaitement distribué : des placards partout, (u ouvre les armoires.) Il est de beaucoup préférable à l'autre : pas de comparaison. Un grenier, des caves magnifiques, chambres de domestiques, ce qui n'existait pas dans l'autre; puis ceci... (ii ouvre une porte.) Vous n'avez qu'à pousser ce bouton; vous voyez, cest fort conuuodo et sous la même clef. . . sans sortir de chez soi .

MONSIEUR TOMBA

Qui le leur a indiqué?

MONSIEUR CORNET

(yest moi qui le leur ai trouvé. Il y avait longlemps que je méditais cela. C'était vraiment déplorable de les voir relégués dans ce maudit quartier, là-bas, à tous les diables! Je voulais à toute force les rapprocher, et, ma foi, à force de chercher, j'ai réussi.

MONSIEUR TOMBA

Parfaitement. Il est de fait que c'était bien loin.

MONSIEUR CORNET

Et le soir, pour m'en revenir, je n'étais pas tranquille , bien qu'il ne me soit jamais rien arrivé ; mais, vous S3vez, il ne faut souvent qu'un moment.

i06 LE TYRAN

MONSIEUR TOMBA

Vous tenez à votre quartier?

MONSIEUR CORNET

L'habitude! Voilà tout à l'heure trente-deux aus que j'y suis.

11 est bien bruyant.

MONSIEUR CORNET

Ne croyez pas cela, oasTy fait. Quand j'ai pris cet appartement, notez bien ceci, c'était à qui me dirait : Ne le prenez donc pas, c'est un bruit à ne pas entendre^ vous ne dormirez pas de quinze jours.. .

MONSIEUR TOMBA

J'eusse été de cet avis*là .

MONSIEUR CORNET

Je suis allé passer ces quinze jours à la cifflapague, ea revenant, je dormais comme un $abot.

MONSIEUR TOMBA

Vous m'en direz tant ...

MONSIEUR CORNET

Et j'espère bien n'en sortir que lorsque je ne poun*ai plus faire autrement.

MONSIEUR TOMB A

11 ne faut pas penser à cela .

MONSIEUR CORNE T

Faut pourtant bien y penser. Pour en revenir à ce que je vous disais, monsieur Tomba, j'aime Paris, je l'adore, s'il faut vous le dire, et jamais je ne le quitterais, si ce n'était pour faire plaisir à madame Bouché, qui, touslesans, exige que j'aille passer la belle saison avec elle à la campagne. Au fond, je n'en suis pas fâché.

MONSIEUR TOMBA

Je le crois.

DE LA TABLE iifj

MONSIEUR CORNET

Eh bien ! j'ai beau être là comme chez moi, c'est le diable pour m'y décider. Je n'y suis pas plutôt que je mange comme un ogre.

MONSIEUR TOMBA

C'est le grand air.

MONSIEUR CORNET

Je bois comme un trou et dors comme une marmotte. Faut faire en sorte d*y venir un jour, monsieur Tomba !

MONSIEUR TOMBA

Le tout est de trouver un joint.

MONSIEUR CORNET

Qui vous retient?

MONSIEUR TOMRA.

Persoime.

MONSIEUR CORNET

Eh bien?

MONSIEUR TOMBA

Je finirai par là. .

MONSIEUR CORNET

Vou$ promettez toujours et ne tenez jamais.

Je tiendrai.

MONSIEUR CORNET

Nous verrons. Gomme disait encore Tautre jour M. Bouché, tous ces Parisiens, impossible de les sortir de leurs habitudes ; et il vous citait, à cette occasion.

HONStRUR TOMBA.

C'est un joli pays?

MONSIEUR CORNET

Charmant! Pas d'eau ; ce n'est pas un mal, il n'ôil est que plus sain. J'ai installé là une serre> comme vous n'en Verrez nulle parti J'ai jeté bas tout ce qu'il y avait, j'ai

laillé eu plein drap, avec la peiiuissiou des aulorilés, bien cidendu.

MOMSIEUr. TOMBA.

Vous avez toujours eu beaucoup de goût.

MONSIEUR CORNET

(Jue voidez-vous? faut bien s'occuper ; je u'ai rien à faire ilu matin au soir, c'est pour cela que je me crée des oxu- ])a lions.

MONSIELU TOMBA.

Vous avez une très-beureuse organisation.

MONSIEtn COHKET.

Vous êtes bien bon.

MONSIEUK 10. M HA.

^Certainement .

)IUNS1EUH COUNK T.

(Test moi qui ai choisi ce papier; comment le trouvezvous?

MONSIËIHI TOMUA.

Fort joli, bien distingué.

MONSlEL'lt CORNET.

J'ai tout lait peindre à Thuile, comme vous voyez. Mais ([uel mal, monsieur Tomba, j'ai eu avec ces maudits ouvriers! M. et madame Bouché étaient à la Ccimpagne, je tenais à ce que tout fut prêt pour leur retour. Je t'en mo- ([ue, c'est tout an phis si, dans la matinée du 15, ils pouvaient cunnéuagcr. Ah ç^iî vous dînez avec nous?

MONSIEUR TOMBA

Il m'a é le impossible de refuser.

MONSIEUR CORNET

A la bonne heure ! Je vous demanderai la |Mjrmission de 1110 inetlre sur la tcHc ce petit bonnet que j'ai là dans ma po.ho.

MUNblKL'H TO)IUA.

Je vous en prie.

MOr^SlËCP. CORNET.

Je serais bien aise de ne pas m'enrhumer une seconde fois .

MONSIEUR TOMBA

C'est fort inutile.

On a laissé s'éteindre le feu, ça va être le diable pour le rallumer. (U sonne.)

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