LES DISEURS DÉ KIENS
MONSIEUR FERLÉ.
Ils ne la marieront pas.
J'en ai peur. Et cela par leur faute.
MONSIEUR FERLÉ.
Certainement par leur faille.
MONSIEUR THOMASSU.
Vous n'avez jamais eu de velléités pour le mariage, monsieur Ferlé t
MONSIEUR PERLÉ
Si fait!
MONSIEUR THOMASSU.
Eh bien?
MONSIEUR FERLÉ.
Il m'est arrivé ce qui toujours arrive en pareil cas.
MONSIEUR THOMASSU.
C'est sans doute comme à moi.
MONSIEUR PERLÉ
Tout était arrangé, parfaitement arrêté.
MONSIEUR TH0MAS8U
Parfaitement comenu.
MONSIEUR FERLÉ.
Les choses allaient...
MONSIEUR THOMASSU.
Comme sur des roulettes.
Je plaisais à la jeune personne.. .
MONSIEUR THOMASSU.
Comme moi...
MONSIEUR FERl.R.
Puis au moment de concljure. . .
MONSIEUB THOMASSU.
Va te promener!
m LES DISEURS
MONSIEUR PERLÉ
C'étaienl des frayeurs atroces I
MONSIEUR THOMAS^U
Je connais ça.
MONSIEUR FERLÉ.
Des sueurs froides à m*empécher de prendre toute espèce d*initiative.
MONSIEUR THOMASSU.
Qui vous coupaient bras et jambes?
MONSIEUR FERLE
Positivement. Bref, j'étais enchanté quand je pouvais trouver un prétexte...
MONSIEUR THOMASSU.
Pour vous dégager.
Maintenant, je pense, avec raison, qu'il est un peu tard pour songer à plaire; et, ma foi, après y avoir mûrement réfléchi, ma foi... j*y renonce.
MONSIEUR THOMASSU.
Vous avez grand tort.
MONSIEUR FERLÉ.
Non, je ne me le dissimule pas : j*ai ce qui s'appelle brûlé mes vaisseaux.
MONSIEUR THOMASSU.
Ce qu'il y a de certain, c'est que la pauvre femme était fort embarrassée.
MONSIEUR FERLÉ.
 qui la faute ? Pourquoi diable aussi a-t-elle pris les devants?
MONSIEUR THOMASSU.
Il est sûr et certain que tout cela ne serait pas arrivé.
MONSIEUR FERLÉ.
Parce qu'alors, pour monter dans sa carriole, on s'y serait pris autrement.
MONSIEUR THOMASSU.
Et le beau-frère en eût été pour ses frais. Lui, je ne le plains pas.
Quel homme encore ce beau-frère !
MONSIEUR THOMASSU.
Un imbécile, un fou.
MONSIEUR FERLÉ.
C'est comme le mari.
MONSIEUR THOMASSU.
Un pauvre homme.
MONSIEUR FERLÉ.
Dans toute Tacception du mot.
MONSIEUR THOMASSU.
Quanta sa femme...
MONSIEUR FERLÉ.
Une corneille qui abat des noix .
MONSIEUR THOMASSU.
Bonne femme au fond.
MONSIEUR FERLÉ.
Excellente I
MONSIEUR THOMASSU.
Lui, le mari, le meilleur des humains.
MONSIEUR FERLÉ.
Un hurluberlu.
C'est comme ce beau-frère, je ne le connais pas assez pour asseoir un jugement sur son compte.
MONSIEUR FERLÉ.
Vous le connaîtrez quand vous voudrez : bon comme le bon pain, serviable au possible, mais d*un commun...
MONSIEUR THOMASSU.
J'avoue qu'au premier abord... il a un certain charme.
ITti LES DISEURS
MONSIEUR PERLÉ
Au contraire.
MONSIEUR TUOMASSD.
C'est ce que je voulais dire... pardon.
MONSIEUR FERLé.
Non ; mais j'ai remarqué que depuis quelque temps vous n*étes plus à ce qu'on dit.
MONSIEUR THOMASSU.
Si fait, je vous assure.
MONSIEUR FERLÉ.
On prétend^ du reste, qu'il est fort instruit.
MONSIEUR TROMASSU.
Je l'ai ouï dire.
MONSIEUR FERLÉ.
Je veux bien le croire. . . Après cela sa sœur n'est pas sans mérite.
Très-entendue, madame Ridache, parfaitement à son affaire : c'est elle qui fait aller la maison.
MONSIEUR FERLÉ.
Est-ce que, dans le temps, il n'y a pas en sur son compte certaines petites choses ?. . .
MONSIEUR THOMASSU.
C'est possible : elle était jolie comme un cœur.
MONSIEUR FERLÉ.
Vous-même, monsieur Thomassu, est-<'e que...
MONSIEUR THOMASSU.
On m'en a beaucoup prêté.
MONSIEUR FERLÉ.
On ne prête qu'aux riches.
MONSIEUR THOMASSU.
Mon Dieu^ il est si loin de nous ce temps-là, que s'il m'en souvient...
MONSIEUR FERLÉ.
Il ne vous en souvient guère. . .
MONSIEUR THOMASSU.
liUi, le mari, comme vous le disiez tout à Theure, la meilleure pâte d'homme que je connaisse; mais sortez-le de chez lui...
MONSIEUR PERLÉ
Il n'y est plus.. . Il a cela de commun avec bien d'autres.