II... ne... me... plaît pas... de me taire
MONSIEUR LAMOUROUX
Comme tu voudras.
MADAME LAMOUROUX
Mais qu'une créature de son espèce s'en vienne, chez moi, disposer de mon enfant comme de chose lui appartenant, ça jamais. . . Sans mon éducation il y a longtemps que je te lui aurais administré la plus jolie paire de soufflets! . . .
MONSIEUR LAMOUROUX
Tu ne Teusses pas fait.
MADAME LAMOUROUX
Monsieur Lamouroux. . .je vous en prie. . .
MONSIEUR LAMOUROUX
Eh bien oui ! eh bien oui!... Parlons d'autre chose.
MADAME LAMOUROUX^ toujours grare et solennelle.
Il ne me plaît pas de changer la question.
MONSIEUR LAMOUROUX
Comme tn voudras.
Pauvre enfant ! qu'on s'obstine à vouloir séparer de sa mèrel
MONSIEUR LAMOUROUX
II ne s^aglt pas de ça.
MADAME LAMOUROUX
Des gens qui ont si peur que la proie ne leur échappe qu'ils sont du matin au soir chez leur entremetteuse.
tNE FILLE A MARIER 217
MONSIEUR LAMOfJROUX.
Tu te permets souvent des mots.. .
MADAME LÂMOURODX.
Gomme elle a parlé de la pauvre petite madame Marbot ! Les larmes m^eu sont venues aux yeux ! Si nous avions le malheur de perdre la nôtre, ce serait la même chose.
(Elle couvre ses yeux de son mouchoir et verse d'ahondantes larmes.) Pauvre enfant! J'aimerais mieux la voir morte, elle serait plus heureuse.
MONSIEUR LAMOUROUX
Le remède serait pis que le mal.
MADAME LAMOUROUX
Tenez-vous-le pour dit, j'entends ne plus avoir affaire â cette femme, ni aux prétendants, ni aux prétendus, ni à personne ; je vais retenir mes places, j'emmène ma fille, elle ne mettra plus jes pieds ici.
Je t'en prie.
MADAME LAMOUROUX
Laissez-moi, vous dis je, laissez-moi, vous me faite» pitié.