CN SPECTATEUR
Vous allez en avoir pour un bout de temps.
MARION
Garçon ?
Voilà!
Du feu.
Voilà !
LE GARÇON
MARION
LF GARÇON,
PREMIER LIEUTENANT
Dites donc, Plantin ?
PLANTIN
Si vous plaît?
PREMIER LIEUTENANT
Si le lieutenant filanc, comme on dit, passe capitaine, il aura fait un joli chemin, savez-vous, sans trop se fatiguer. . . Du bonheur î
PLANTIN
Et des protections. Il était de la promotion de Gourot. N*y a qu*à voir si Gourot avancera jamais comme ça, pas si bête.
UN CAFÉ MILITATUE 2fH
PREMIER LIEUTENANT
Et pourtiint, soit dit sans rofTenser, Gourot est un autre homme.
PLANTIN
Gourot, lui, sait son affaire, tandis que l'autre...
PREMIER LIEUTENANT
La sait à moitié. C'est pas encore lui qu'a inventé les tire-bouchons.
PLANTIN
Ni les paratonnerres. Après ça, Gourot n'a pas besoin de ça ; Gourot est bien ; il a du pain sur la planche, comme on dit ; quand il aura assez du service, il pourra filer, et allez donc! sans rien demander à personne.
PREMIER LIEUTENANT
C'est pas une raison : c'est comme moi, une supposition, faut donc, si j'ai de quoi vivre, que je file sans avoir droit à rien? Non, merci, bien obligé, puisque j'ai tant fait de rester, j'aime mieux aut' chose. Garçon?
LE GARÇON
Voilà !
l'RRMIKK LIEUTENANT.
Du feu.
PLANTIN
Voilà î
PREMIER LIEUTENANT
Ah cà ! le colonel va bien souvent à Paris!
PLANTIN
Plus souvent qu'à son tour.
PREMIER LIEUTENANT
Je crois qu'il ne serait pas fâché de passer fïonéral.
PLANTIN
Moi je le voudrais.
262 UN CAFÉ MILITAIRK
PREMIER LIEUTENANT
Comme il nous en faut toujours un, autant celui-là qu'un autre.
Pas moi, parce que Je vas vous dire...
PREMIER LIEUTENANT
Dites.
PLANTIN
S'il est jamais nommé général, nous courons risque d'aller nous enterrer en Bretagne.
PREMIER LIEUTENANT
Comment ça, en Bretagne?
PLANTIN
Vu qu'il a là ses propriétés.
PREMIER LIEUTENANT
Je crois qu'en fait de propriétés, il est comme moi, c'est pas ça qui le gène.
PLANTIN
Et sa femme?
PREMIER LIEUTENANT
Sa femme, je ne dis pas, on prétend qu'elle a de quoi.
PLANTIN
Très-riche en terres. Ses propriétés sont là, en Bretagne, et s'il ne passe pas général, il demandera à y aller, afin d'y être; tout porté pour quand il prendra sa retraite, lui pas béte ! dans deux ou trois ans. Ce qui fait que nous courons grand risque de nous en aller là.
Ça sera le bouquet. Le fait est qu'il commence à ne plus se faire jeune, le colonel .
PLANTIN
Comptez. Nous avions, au huitième chasseur, un vieux capitaine, le capitaine Marbois, qui avait commencé avec lui, au même régiment ; ils étaient du même Age, et voilà
UN CAFE MlLlTAlUt 263
({iialre ans qu'il est en retraite, le capitaine Marbois. On parle de bons officiers, en voilà un qui Tétait, et prenu'er numéro! J'ai été son fourrier. Sans lui, j'aurais été cassé vingt fois ! et un bel homme î Non, bien sûr, il ne serait pas entré ici son shako sur la télé.
PREMIER LIEUTENANT
Eh bien, dites donc , à en Juger par les deux, je dirai même par les trois, en vous comptant, c'était pas des voltigeurs, dans ce régiment-là.
PL AN TIN
Je crois bien, dix-huit croix dans le premier escadron. Sans aller plus lohi, c'est dix-huit blessures qu'il a sur lui, le colonel, à ce qu'on dit.
PREMIER LIEUTENANT
On m'a dit davantage et constatées.
PLANT1N
Sans compter le coup de sabre qui lui coupe la ligure en deux.
PREMIER LIEUTENANT
Votre capitaine était-il plus grand que le commandant Bore?
Âh ben, oui! rien du tout ! La tète de plus que le commandant Bore.
FUEMIEK LIEUTENANT.
Excusez.
PLANTIN
11 avait uu lils, ce capitaine-là, machi-chcf au 2*^ lioUzards, un bambocheur fini.
PREMIER LIEUTENANT
Je l'ai connu le 2® houzards, c'est lui qui a remplacé le 1^ chasseurs à Niort.
PLANTIN
(Vest pas le 7*chasseurs qui avait une si belle musique?
PREMIER LIEUTENANT
Justement
PLANTIN
Jamais, chez nous, nous n'en aurons de musique.
PREMIER LIEUTENANT
Pourquoi pas ?
PLANTIN
Parce que personne ne s'en mêle.
Je crois piulôl que c'est, au contraire, parce que tout h; monde veut s'en mêler.
PLANTIN
l*'t-t't' bien. Tiens ! le père Pensey.
LKS MKMKS, MONSIEUR PENSEV.
PKËMIËlt LIKCTENAM.
Un vieux de la vieille.
PLANTIN
Je crois bien. Lieutenant aux chasseurs delà garde. J'ai diné chez lui la semaine dernière ; le roi des hommes, rien <lc meilleur au monde.
PREMIER LIEUTENANT
On le dit bien.
PLANTIN
' Je ne suis pas difficile, je voudrais avoir ce qu'il a, j'en demanderais pas davantage. Une bonne maison, la sienne ; et sa femme aussi. On y dine crânement, c'est pas pour (lire, et longtemps! Tiens, le voilà qui vient par ici. Salut, monsieur Pensey.
PENSEV .
Bonjour, niauvnis sujet.
Ça va bien?
PENSEY
Pas plus mal, et chez vous?
PLANTIN
Comme vous voyez. Peul-on vous ofl'rir quel' chose?
PENSEY
Non, bien obligé, pas du moment. Je coui*s depuis ce matin après le lieutenant Chomel ; ce gredin-là, impossible de mettre la main dessus.
PLANTIN
[1 était là n'y a qu*un moment.
PENSEY
Y n'est pas de service, que vous sachiez?
PREMIER LIEUTENANT
Il a descendu hier.
PENSEY
A propos, vof pays est-il arrivé ?
PLANTIN
N' m'en parlez pas.
PENSEY
Y n' vient plus?
PLANTIN
Pas tant qu'à présent, toujours.
Un bon garçon?
PLANTIN
J'en connais pas de meilleur.
PENSEY
Faudra nous l'amener.
PLANTIN
C'était bien mon intention.
PENSEY, au premier lieutenant.
Monsieur sera des nôtres.
PREMIER LIEUTENANT
Faites honneur, capitaine !
PENSEÏ.
Nous, rirons, nous retournerons à ce "p'tit vin de Faut' jour, vous savez?
PREMIER LIEUTENANT
Vous appelez ça un petit vin, merci î
PENSBY.
Y nr vient de défunt mon beau-père, un cràue lapin î et rude qu'il était dans son temps! Commandant au 6" houzards, mon beau-père; t'nez, il est mort, le même jour, la même année que l'Empereur, le 5 mai 1821. Aussi c'est pas ce jour-là qu'on fra jamais la noce à la maison; ah ben, oui! ce jour-là j' vas à la messe et j' fais brûler des cierges. Pour en rVenir à vot' pays, c'est pas un nommé Famin?
PLANTIN
Féraud.
PENSEY
C'est vrai, c'est luoi qui s' trompe. Famin était au 3e dragons, qu'a remplacé, je vous parle dans les temps, le 9*" chasseurs à Charle ville. Je confonds tous les régiments à c't' heure, dame! j'en ai tant vu î
PLANTIN
Sans compter ceux que vous verrez encore.
PENSEV.
Je me porte bien, c'est toujours ça.
PREMIER LIEUTENANT
Vous nous enteri-erez tous.
PENSEY
C'est pas ce que j' demande, j'en ai déjà trop enterrés. . . et des meilleurs...
PLAMTIN.
Voyons, voyons, papa Pensey.
UN CAPK MILITAIRE 267
PENSEY
Non, écoutez, on n'est pas maît' de ça... Son père à ce Famin, que j' vous parle, avait été aux vélites; enfant de troupe aussi, comme moi...
PLAN TIN
Comme moi...
PREMIER LIEHTENANT.
Comme nous tous.
PENSEY
Vous aussi, lieutenant?
PREMIER LIEUTENANT
Et je m'en fais gloire.
PENSEY
Dites donc, comme dit la chanson : PIils on est de fous,,. Diable de Plantin, va! soyez tranquilles, nous rirons...
PLANTIN
C'est ça, rions, badinons...
PENSEY
Mais n'allons pas plus loin. C'est mon capitaine qui disait ça. Pour en revenir ù mon beau-père, je ne Tai pas connu... Décoré de la main de T Empereur, mon beaupère
PREMIER LIEUTENANT
Rien que ça !
PENSEY
Oui, rien que ça, mon bonhomme. Â Wagram, en i 809 ; c est pas d'hier. J*ai été deux fois avec ce Famin, que j' vous parle, entrés ensemble aux vélites, car j'en ai été aussi des vélites, à la formation ; mais j'ai pas connu son père à vot' pays. Qu*est-ce que je dis? trois fois avec Famin : d'abord au 8' houzards, après ça, aux chasseurs à cheval de la garde, colonel Lefèvre-Desnouettes; comman-
dant en second, baron Guyot; majors, baron Lyon, baron Daumesnil.
PREMIER LIEUTENANT
Le général Daumesnil était chez vous?
PEMSEY.
Un peu. y voudrais avoir autant de mille livres de rentes que j'ai été déjeuner de fois, avec lui, à Vincennes. Oui, vieux, tous cadets de ce numéro-là.
PREMIER LIEUTENANT
Excusez !
PENSEY
Toute ma famille, à moi, excepté les femmes, et encore. . . j'avais une cousine cantinière, décorée en 18i2... nous étions tous dans la garde. Mon frère Joseph, lieutenant aux cuirassiers, coupé en deux d'un boulet à la Moskowa, qui l'a pris d'ici, au-dessus du nombril ; mon cousin, que vous avez dîné avec lui à la maison.. .
PLANTIN
Qui a une jambe de moins?
PENSEY
Précisément. Sergent -major aux chasseurs à pied. Bienaimé, mon autre beau-frère, s'entend le frère de ma première femme, capitaine adjudant-major au 2' bataillon de la 5* du 4' voltigeurs de la jeune garde. C'était le bon temps ! Trois mille cinq cents francs, la grande tenue de sous-lieutenant aux chasseurs à chenal, sans le (•heval, avec des peaux de tigre et des bottes rouges!
PREMIER LIEUTENANT
Fallait être riche pour entrer là dedans.
PENSEY
J'vous trouve encore bon enfant! Est-ce que l'Empereur n'était pas là? T'nez, ce Famiu que j* vous parle : trentedeux blessures constatées, vingt-deux campagnes! En voilà un régiment dans le flii(^, \o 8' houzards! colonel
baron Domon, douze croix dans le 1*" escadron et toutes croix gagnées! Pas de floueries, l'Empereur les aimait pas. Et dire qu'il est mort ! Garçon?
LE GARÇON
Voilà I
PLANTIN
Laissez donc, ah ben, par exemple !
PENSEY
Gomme vous voudrez.
PREMIER LIEUTENANT
Ça serait drôle! Que peut-on vous offrir?
PENSEY
Du cognac, toujours.
PREMIER LIEUTENANT
* Faut boire au 8'.
Il le méritait, j' vous en réponds ; c'est pas pour dire. . .
( 11 passe le dos de la main sur ses yeux. ) PLANTIN.
Voyons, voyons, nous ne sommes plus raisonnable! Nous ne sommes donc plus un homme !
PENSEY
Non, c'est vrai, je ne devrais jamais parler de ça, mon épouse me le disait encore hier au soir. Que voulezvous? c'est plus fort que moi.
PREMIER LIEUTENANT
.le conçois ça.
LE GARÇON
Le cognac demandé.
PLANTIN
Tu m'apporteras du feu.
LE GARÇON
Voilà!
PREMIER LIEUTENANT
Aux vieux de la yieille!
PBNSEY.
Aux cendres de T Empereur!
LES MÊMES, CŒLINA au comptoir, (IN SOllS-LlEUTENANT.
LE SOUS-LIEUTENANT
Vous n'allez pas. faire un tour de ce beau temps-là, mademoiselle Cœlina?
CŒLINA.
Il n'y a pas de beau temps qui tienne, monsieur Frogév
FROGé.
Ça doit toujours pas énormément vous amuser, d'être toujours de planton dans vot' comptoir.
Faut bien laisser faire c^ qu'on ne peut empêcher, monsieur Frogé.
FROGÉ.
Ça demande de la philosophie.
CŒLINA.
Pas trop n'en faut.
SOUS-LIEUTENANT
Comme dit la chanson. Edouard ne vous a pas écrit?
CŒLINA.
Ah ben oui I il est bien homme à ça ! Je l'ai toujours . dit : une fois parti, ni vu ni connu...
LE SOITS-LIEUTENANT.
Je t'embrouille.
CŒLINA.
Vous êtes bien tous les mêmes.
UN CAFK MÏLITAIRK 27i
LE SOUS-LIEUTENANT
Vous croyez?
r.ŒLlNA.
La preuve.
LE SOUS-LIEUTENANT
Je suis sûr, quant à moi, qu'il eu tient toujours.
CŒLINA.
Je n'en sais rien. Ecoutez, monsieur Borel, ça n'est pas ça ; il m'aurait écrit, je ne vous le cache pas, ça m'aurait fait plaisir.
BORRL.
Il vous écrira.
CŒLINA.
Après ça mon deuil en est fait ; ça je vous le jure.
BORRL.
Faut pas jurer.
CŒLINA.
C'est comme je vous le dis. Vous savez que le lieutenant Tabarot va se marier ?
BOREL
Pas possible !
CŒLINA.
C'est la demoiselle de la maison qui demeure, je le tiens de sa propiétaire.
BOREL
Tiens ! tiens ! tiens ! ce diable de Cabaret ! Il cache diablement son jeu. Je n'en savais rien.
CŒLINA.
Moi non plus avant de l'apprendre. 11 dîne deux fois, par semaine chez sa future, quet' fois plus.
BOREL
C'est donc ça qui n* vient pins ici? Il m*a dit, avant hier, oui c'est avant hier... Quel jour sommes-nous aujourd'hui ?
CiRLlNA.
Jeudi.
BOREL
C'est il y a trois jours : « J'attends mon père. » Il attendait son père.
CŒLINA.
Pour le contrat. Vous voyez qu'il n'a pas mal mené son affaire.
POREL
Ah çà! décidément, c'est l'amoureux des onze mille vierges, ce Tabarot-là! Quand nous étions à Sedan, la même chose.
CŒLINA.
Je ne sais pas ce qu'il y faisait à Sedan ; mais tout ce que je sais, c'est qu*ici il fait la cour à tout le monde, et si j'avais voulu l'écouter...
BOREL
Vous aussi! c'est un criminel.
CŒLINA.
Il n'aurait tenu qu'à moi.
BOREL
Et vous n'avez pas voulu?
CŒLIMA.
Merci, bien obligée, je sortais d'en prendre.
BOREL
N 'allait-il pas aussi chez le receveur?
CŒLINA.
Il a été chez tout le monde, avec son violon.
BOREL
C'est pourtant -pas là un bel instrument.
CŒLINA.
A ce qui paraît, y en a qui l'aiment.
BOREL
Pas moi.
UN CAFÉ MILITAIRK 075
C (Kl. IN A.
Ni moi.
BOREL
On le dit bien de chez lui, Tabarot.
GŒLINA.
Son père a une belle place, je crois que c'est là le plus clair de son afi'aire.
BOREL
N'esl-elle pas Anglaise sa future?
CŒLINA.
A ce qu'elle dit, je le veux bien.
BOREL
Je ne m'y oppose pas non plus. Tant mieux si elle a de quoi; ça ne gâte rien.
GŒLINÂ.
Après ça j'ai pas compté avec elle.
BOREL
Non, vraiment. Est-ce que vous la trouvez jolie?
GŒLINA.
Elle a de beaux yeux.
BOREL
Possible, mais une tournure...
CŒLINA.
D'Anglaise.
BOREL
Que voulez-vous? nous avons des hommes qui adorent ça.
GŒLINA.
Dites donc, vous, monsieur Borel, qui n'avez pas l'air d'y toucher, j'en sais de vos nouvelles : vous parlez de Sedan ; vous n'y avez pas, non plus, perdu vot* temps, à Sedan !
274 UN CAFÉ MILITAIRK
BOREL
Non, je vous assure, on en a phis dit qu*il n'y en a eu réellement.
CŒLINA.
Et la marchande de farines?
BOREL
Madame Baboulin?
CŒLINA.
Sans la nommer.
BOREL
Eh ben, non, je vous jure.
CŒLINA.
Jures^ pas, c'est vilain, c'est vous qui Ta dit. Et vous avez le toupet de me soutenir que vous n'y avez jamais été !
BOREL
Une fois, comme tout le monde, mais je n'y suis pas retourné.
UN CAPITAINE
Garçon?
LE GARÇON
Voilà 1
UN CAPITAINE
Un domino.
LE GARÇON
Voilà !
PENSEY
Nous avions encore, en 1814, en France, quand l'Empereur est parti, quatre-vingt-quatre régiments de cavalerie, rien que ça, mes petits amis! Deux régiments de carabiniers, quatorze de cuirassiers, trente de dragons, vingt-neuf de chasseurs, c'est-à-dire vingt-sept, c'est mçi qui s' trompe , parce qu'en 1 81 on avait licencié le dixseptième et le (lix-liuitième ; et onze régiments de hou-
zards, je ne vous parle pas de la garde, de la cavalerie de la garde, des lanciers polonais, des lanciers rouges, des mameluks, de l'artillerie, des dragons de l'impératrice, des grenadiers à cheval, des gendarmes d'élite et des guides, mon régiment. Vous voyez que c'était encore assez joli!
PLANTIN
Pas mal.
CŒLINA.
Vous verra-t-on ce soir?...
BOREL
J'en sais rien encore, si nous n'allons pas chez le colonel.
GŒLINA.
Vous y allez souvent, chez le colonel?
BOREL
Pas souvent... Il est en train de faire des écouemies.
PBNSEY.
Si J'étais resté au service, y a longtemps que je serais capitaine, ou que j'aurais cassé ma pipe. A preuve, c'qst que tous ceux qui sont restés sont ou morts, ou capitaines, ou aut' chose.
PLANTIN
Peut-être bien général, que vous seriez.
PENSET. •
Vous croyez rire?
FLANriN.
Du tout.
CŒLINA.
Il n'a que ces deux petites demoiselles, vot' colonel?...
BOREL
Je ue lui en connais pas davantage:., à moins, vous savez...
CŒLIIIA.
Vous allez dire des bêtises
27<> U.N CAFÉ MILITAIKE
BUREL
Vaul mieux eu faire, pas vrai ?
GŒLINA.
Tiens, liens, M. Bord... vous venez prendre vol' cale... non, sans farce, c-est donc pas à eux, cette grande demoiselle qu'est toujours avec.
BOREL
Une cousine à sa femme.
UN CAPITAINE, prenant une prise de taliac âu mniptoir.
Ah! je vous y prends, mauvais sujet, à en conter aux denwiselles.
BOKEL
l^eine perdue, ciipilaine, ou ne veut pas m'écouter.
LE CAPITAINE
Méfiez-vous, l'écoutez pas, mademoiselle Coelina, c'est un scélérat. '
CŒLINA.
J'en ai peur. (Lui remettant une icitro.^ Voilà Ce (ju'on vient d'apporter pour vous, capitaine.
LE CAPITAINE
Bien oblige.. le sais ce que c'est. Dite» donc, Buat?
RUAT.
Capitaine !
L« CAPITAINE
Eh bleu ?
RUAT.
On vous a écrit ?
LE CAPITAINE
Voilà.
- PENSEV.
Les dragons, sous l'Empereur, uivaieut des sapeurs el des tambours.