G Œ LIN A
Il est bien bon enfant !
LE CAl'lTAlISli.
Riche?
GIELINA.
L'apothicaire.
LE GAl'lïAlKK.
C'est ce que nous disions ce matin à déjeuner.
CŒLINA.
Une honnête fille, qui n'aurait jamais rien coûté à personne, ne tomberait pas à un parti comme ça ; aussi je dis que celles qui ne s'amusent pas ont bien tort.
LE GAPITAINE.
La vie est si courte!
CŒLINA.
Vous croyez rirel c'est pourtant comme ça; et M. Guimard est-il aussi invité à la noce?
LE CAPITAINE
Pourquoi pas tout l'escadron, pendant que vous y êtes?
CŒLINA.
Du moment qu'ils y sont intéressés.
LE CAPITAINE
Mademoiselle Gœlina, et la charité?
CŒLINA.
Pourquoi donc que je la serais ; avec ça que c'est la mode d'êt* charitable ! Qu'est-ce qu'on n'a pas dit sur mon compte?
LE CAPITAINE
Jamais de la vie, ça, je vous le jure..
CŒLINA.
Vous tout le premier. Enfin, qu'est-ce que vous voulez^ Le capitaine Chauly n'est pas venu hier ni ce matin.
LE CAPITAINE
Il n*était pas bien hier. Je vais y passer tantôt en allant dîner.
GŒLINA.
Vous partez, capitaine?
LE CAPITAINK.
II est trois heures.
GŒLINA.
Vous verra-t-on ce soir ?
LE gapitain[e.
Si le spectacle ne finit pas trop tard.
GŒLINA.
A revoir, capitaine.
LE GAPITAINE.
Sans rancune.
GŒLINA.
Ça, jamais. Vous non plus, pas vrai?
LE GAPITAINE.
Pagrceque...
GŒLINA.
Oh ! rien, des bêtises.. . Peut-être parce qu'on vous aura ditque j'avais prétendu que la petite au vieux commanmandant vous ressemblait.
LE GAPITAINE.
Bien le bonjour. (U fait une pirouette et tourne les talons.)
GŒLINA.
A bientôt, capitaine.
PENSEY
Qui s'en veut venir dîner avec moi? Ne parlez pas tous à la fois. Venez-vous, Plantin ? Et vous, lieutenant?
LE LIEUTENANT
Merci, capitaine, pas aujourd'hui.
PENSEY
Vous avez peur d'êfre fusillé?
PLANTIN
i.e 1) est pas ça.
PENSEY
Dame! en semaine, à la fortune du pot.
LE LIEUTENANT
Non, vraiment, nous avons invité un ami.
PENSEY
Qui donc celui-là?
PLANTIN
(In ancien sous-officier établi près d'ici.
PENSEY
Je sais, celui que vous m'avez parlé?
PLANTIN
Forest.
PENSEY
Connu. Vous me ramènerez, nous prendrons le café A la' maison. Ça vous va ?
PLANTIN
Adopté ! Ah çà ! vous voulez donc ra'avoir en pension chez vous ?
PENSEY
Si la cuisine vous convient, pourquoi pas? Et vot' cousin?
PLANTIN
Quiça?Trapillon?
PENSEY
Toujours noceur?
A perpétuité ; encore au 5* cuirassiers .
PENSEY
Je croyais qu'il avait demandé à passer en Afrique.
PLANTIN
Mon frère, pas mon c/>usin.
PENSEV.
OÙ donc est vot' frère?
PLANTIN
Au 2* dragons.
PENSEY
Je ne m'en souvenais plus. C'est vrai, il est bien là ; à sa place, moi, j'y resterais.
LE LIEUTENANT
Il y reste aussi. Monsieur Pensey, nous allons vous quitter.
PENSEY
Décidément, messieurs, vous ne voulez rien prendre?
PLANTIN
Nous allons (iKner.
PENSEY
Ça n'empêche pas, au contraire. N'est-il pas à Colmar, vot' frère?
Depuis deux mois.
PENSEY
Bonne ville, Colmar !
PLANTIN
Demandez à Goriot.