Boutades et rêveries
Je ne sais, mais je vous soupçonne D'avoir permis au chiffonnier De venir vider, en personne.
Vingt fois par jour, votre panier.
Le manuscrit de cent volumes.
Combien ça vaut- il, le tonneau?
On usera dix mille plumes Pour VEclio de la Gatineau.
Vous voulez donc savoir où perche Le rimeur sans célébrité ?
Or, ce bipède-là ça cherche L'oubli dans la publicité.
pouE " l'Écho de la gatineaxj
Cet être ignoré de la foule Va donner dans votre panneau, Et caqueter comme une poule Pour les coq', de la Gatineau.
liévis, 20 août 1889.
ACROSTICHE-iPîiOMPTO
> nge tombé du ciel à bord de La Cham.pagne
î^ e nous suivais-tu pas pour nous porter bonheur ?
!2h ous t'avions pour gardien, nous t'avions pour compagne,
> nna, fille des mers, tu deviens notre sœur.
O hacun des passagers t'offre la bienvenue,
K eureux de saluer la nouvelle inconnue ;
> te chérir déjà chacun semble porté.
^ ême sans t'avoir vue on t'offre, au débotté,
^ ar ma voix les honneurs d'un énorme acrostiche
î> ccepte toujours ça. Moi, si j'étais plus riche,
O énéreux de ma bourse ainsi que de mes vers,
^ ymphe de l'océan, contre tous les revers,
W t les maux, je voudrais prémunir ta jeunesse.
•(Ecrit à bord de " La Champagne." pendant la traversée de New-York au Havre, le 19 octobre 1889 à l'occasion de la naiesance d'Anna Champagne Céline Lafitte.
O 'est le vœu général à bord. On s'intéresse t:=^ normément au sort de la gentille enfant.
^ a générosité des cœurs, se réchauffant,
^ nvitera chacun à verser son obole.
î^ ous allons, s'il se peut, détourner le Pactole
W t le laisser couler dans tes petites mains.
t^ 'avenir te sourit, car d'heureux lendemains > u premier de tes jours vont succéder sans trêve. ^ asse le ciel clément que tes pas, sur la grève, HH ncessamment tournés vers d'honorables buts, ^ e mènent au succès après d'heureux débuts ; H es compagnons de bord en ont tous l'espérance,. K t ton vaste berceau nous porte vers la France.
il BORD DE LA
l BORD DE LA NOHMAIIDIE
Air : JHraî revoir ma Normandie.
Humant la brise saturée De l'acre odeur du sel marin, Contemplant la mer azurée, Les flots moelleux, le ciel serein, Karguant tangage et maladie, Les passagers, dans leurs discours, Vantaient beaucoup " La Normandie," Un paquebot qui traverse en neuf jours
(Composée à bord du paçinebot transatlantique " La Normandie. ")
18 BALLADES ET KEVERIES
On devisait sur l'art nautique
Quand Neptune de son trident
Frappa les flots de l'Atlantique
Qui sursautèrent en grondant ;
La brise humide et refroidie
Alors vint nous prendre à rebours
Et secouer " La Normandie,"
L^n paquebot qui traverse en neuf jours
Or il advint par aventure
Que la mer reçut maints tributs :
Jacques rendit sa nourriture,
Le vent emporta mon gibus.
Presque tous, la tête alourdie,
Imploraient du ciel le secours
Et maudissaient " La Normandie,"
Un paquebot qui traverse en neuf jours
La chanson était encore incomplète. M. Victor Lassagne, de Chicago, voulut bien se charger de la terminer par le ^couplet suivant :
Enfin on aperçoit la plage,
Ce beau pays de liberté.
Oublions les maux du voyage.
Atterrons tous avec fierté.