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L'OPPORTUNISTE

l'opportoniste

Sur l'Air The Vlcar of Bray

Aux jours sombres de nos malheurs, Où nos clignes ancêtres

Avaient contre eux les gouverneurs, Flanqués de quelques traîtres Je conseillais à tout venant De bien courber l'échiné ;

J'apprenais, en me prosternant, Mon rôle de machine.

REFRAIN

Jusqu'au trépas,

Suivre les pas Des puissants de la terre ;

Voilà ma loi :

J'approuve, moi.

Le dernier ministère.

38 BOUTADES ET KEYERIES

Un jour, le i)euple s'insurgea

Contre l'oligarchie : Mon flair aussitôt me rangea

Avec la monarchie.

J'avais prévu, de prime abord,

Le succès des despotes.

Et j'abandonnai, sans remord,

Nos braves patriotes.

Jusqu'au trépas.

Suivre les pas Des puissants de la terre ;

Voilà ma loi :

J'approuve, moi.

Le dernier ministère.

Lorsque du sang de nos héros Surgirent nos franchises,

Je rendis grâce aux libéraux Des libertés conquises.

Tant qu'ils restèrent les plus forts Je demeurai fidèle,

Puis je devins, sans grands efforts Un tory plein de zèle,

Jusqu'au trépas.

Suivre les pas Des puissants de la terre ;

Voilà ma loi :

J'approuve, moi.

Le dernier ministère.

Deux fois les Métis ont lutté

Contre nos militaires, En disputant leur liberté

A d'orgueilleux sectaires.

J'ai, pour leur chef assassiné.

Eu d'hypocrites larmes ; Mais je n'ai pas abandonné

Le pouvon* et ses charmes.

Jusqu'au trépas.

Suivre les pas Des puissants de la terre ; Voilà ma loi :

J'approuve, moi, Le dernier ministère.

A Québec, j'étais pour Mercier

Lorsqu'il tenait la caisse ; Puisqu'on ose le remercier,

Sa fortune est en baisse.

J'approuverai le potentat

Qui l'a mis à la porte.

Car, moi, je juge un coup d'état

Par ce qu'il me raj^porte.

Jusqu'au trépas,

Suivre les pas Des puissants de la terre ;

Voilà ma loi :

J'approuve, moi.

Le dernier ministère.

Si Mercier revient au pouvoir, Qu' Abbott aussi surnage,.

l'oppoetuniste 41

Avec les deux, il faudra voir

A faire bon ménage.

Mettant la sourdine aux éclats

De ma voix trop vibrante, Je plongerai dans tous les plats

Ma micouenne encombrante.

Jusqu'au trépas.

Suivre les pas Des puissants de la terre ;

Voilà ma loi :

J'approuve, moi.

Le dernier ministère.

m CAROTTE

U CÂROÎTt

Longtemps j'ai mûri le projet D'une chanson dont le sujet En la tête me trotte, Oui bien, J'vais chanter la carotte, Vous m'entendez bien.

La carott' mène en paradis :

Plus d'un solitaire, jadis.

Pour vivre dans sa grotte, Oui bien, Cultivait la carotte..

Vous m'entendez bien.

46 BOUTADES ET IlÊVERIES

Dans notre siècle corrompu, Quel exploiteur archi-repu N'a pas pris pour marotte, Oui bien, D'cultiver la carotte ?

Vous m'entendez bien.

La politique a ses .secret,-> Que dévoilent les in discrets :

Boodlers, faux patriotes,

Oui bien.

Tout Tmond' tir' la carotte.

Vous m'entendez bien.

Chez nous les banquets sont fréquents Et les discours l»ien éloquents.

Lorsque tout Tmond' sirote.

Oui bien.

Le produit d'ia carotte, Vous m'entendez ])ien.

Succédant au jeune braillard, On entend parfois le viellard,

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