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tron, magasin infesté de moustiques; il se souvient parfaitement avoir été piqué plusieurs fois, mais il y a environ cinq mois de cela.
Les accidents actuels se sont manifestés en quatre poussées différentes :
1° La première, remontant à un mois, a donné naissance à un clou situé à la face dorsale de la main, en un point correspondant à l'articulation mélacarpo-phalangienne du pouce droit.
2° La deuxième, apparue huit jours après, présentait deux boutons situés à environ cinq lravers de doigt au-dessous du genou gauche. En même Lemps, fail que je n'avais pas encore rencontré, une plaie banale, occupant la face dorsale de l'articulation des premièreet deuxième phalanges du médius droitet déjà presque entièrement cicatrisée, reprenait une nouvelle inflammation, comme si un bouton d'Orient s'y greffait, hypothèse pleinement. justifiée du reste par son aspect actuel.
3° La troisième, venue une semaine après, se manifeslait par un clou à la face dorsale de l'articulation carpo-métacarpienne de l'index gauche, et par trois autres boutons situés à deux centimètres l'un de l’autre sur une ligne oblique de dedans en dehors et allant du milieu de la face interne de la cuisse à environ six travers de doigt au-dessus de l'interligne articulaire du genou gauche.
4 La quatrième, enfin, nous donnait huit jours plus tard, c'est-àdire il y a aujourd'hui quatre jours, un bouton au liers inférieur de la face interne de la jambe gauche, un autre au pli de laine gauche, un troisième au tiers inférieur de la face antérieure de la cuisse droite et un dernier au niveau de la face interne du tiers inférieur de l'avant-bras gauche.
Tous les accidents ont débuté par une pustule unique, renfermant un liquide citrin et entourée d'une aréole, Cetle pustule, parfaitement indolore au repos, éveillait après une fatigue une sensalion de pesanteur dans le membre atleint, accompagnée d'un léger prurit superficiel.
Au bout de huit jours, la pustule se recouvrait d’une croûte jaunâtre avec bords plus foncés Lirant sur le bran. Sous cette croûte l'ulcération continuait à ronger les Lissus, et aujourd'hui, en soulevant les enduits crustacés dont aucun n'est tombé, on trouve une perte de substance très étendue.
Etat actuel, 8 février 1907.— Les accidents des poussées 1, 2 el3
sont encore à la deuxième période du cycle total de la maladie. Ils sont recouverts de croûtes el présentent au-dessous une suppuralion louche, à pus mal lié, rare, avec prédominance d'un ichor trouble et peu fétide ; l'allure générale est torpide. Les accidents de la deuxième poussée, primitivement formés de deux boutons, se sont entourés d'une aréole d'un rouge parliculier, ne rappelant pas l’inflammation classique.
Les accidents les plus récents ont absolument l'aspect d'une pustule varioleuse. Larges de près d'un centimètre carré, ils sont fortement ombiliqués et renferment un liquide louche.
Enfin, la plaie où s'était greffé un clou de Gafsa a un aspect identique aux boutons venus spontanémenl.
Je prélève immédiatement des échantillons des sécrétions de chaque poussée de clous, ainsi que du sang périphérique, pris sur le médius droit.
Celte observation est particulièrement intéressante, car elle nous présente plusieurs points caractéristiques que l'on chercherait en vain dans celles qui précèdent.
1° Les lésions affectionnent la face dorsale des membres, le côté de l'extension par conséquent.
2° Les accidents ont fait leur apparilion par poussées successives (quatre), se succédant à intervalles réguliers de huit jours, et chaque poussée nouvelle a coïncidé avec le moment où les lésions de la poussée précédente se recouvraient de croûtes. Y aurail-il là une traduction clinique d'un cycle complet d'évolution du parasite ? Hypothèse que peut-être d’autres observations infirmeront ou confirmeront, mais que je ne crois pas mauvais de signaler.
3° Les accidents récents nous offrent une forme particulière, celle de la puslule variolique, et, suivant les renseignements fournis par le sujet, les boutons précédents ont évolué de même.
4 Un bouton s’est greffé sur une plaie banale.
Enfin, chez ce malade, comme chez ceux examinés jusqu'à ce Jour, la rate est normale et absolument indolore.
Trailement. — Le jour même, les croûtes sont enlevées et chaque plaie saupoudrée de permanganate de polasse porphyrisé. Le malade accuse une sensation de brûlure, qui, très supportable au début, finit par devenir vraiment pénible.
15 février 1907. — Je revois le malade, les croûtes dues à la
réduction du permanganate persistent encore ; je les fais tomber et, le sujet se refusant à subir une nouvelle application, je me borne à faire maintenir sur les lésions des compresses imbibées de la solution au !/,, de permanganate.
24 février 1907. — Je fais supprimer les pansements humides, et Je badigeonne largement avec la solution de bleu de méthylène à ‘10; le malade ne ressent aucune douleur.
17 mars 1907. — Les accidents anciens sont presque complètement eicatrisés ; les plus récents sont en très bonne voie de guérison ; en soulevant légèrement la croûte bleue qui les racouvre, on aperçoit la surface rosée et lisse de la cicatrice en formation.