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SAINT YVES
qui donne, avec tant de munificence, une telle puissance à saint Yves.
IV. — Laits resonet hijmnidica . (Hymne du xv e siècle. Propre de Saint-Malo).
Afin que la louange exprimée dans celle hymne retentisse à l’oreille des lidèles, que saint Yves, si puissant au ciel, nous prête son appui.
Le concert des Anges et de tous les bienheureux réjouira le ciel des accents de leur reconnaissance, pour les bienfaits de saint Yves.
Du pays de Bretagne, sa patrie, Yves, sorti comme un lys, dans la vision béalifique possède un trône au ciel.
La puissance apostolique, par la main de Clément VI, rendit les honneurs de la canonisation émanée du pouvoir des clés, à Yves, le grand thaumaturge breton.
Honneur et gloire à la Sainte-Trinité qui nous justifiera sur la terre, par les mérites de saint Yves couronné au ciel.
Y. — Mater vidit in sorunio. (Hymne du même
Sa mère viL en songe qu’Yves son tils serait un
ÉTUDE SUIl SA VIE ET SON TEMPS
grand saint. Sa tendre piété consacra son âme à Dieu, et la passion de Noire-Seigneur augmenta encore la sainteté de saint Yves.
Yves, dans sa jeunesse, aima l'étude des Livres Saints, que votre grâce, Seigneur, lui rendit pleins cTat Irai Is .
A travers les saints exercices de la prière, Yves,
ô mon Dieu, ne se guida que par votre divine clémence.
Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit, par les œuvres admirables de saint Yves, (due remplis de
ses divines leçons, nous le voyions un jour au ciel !
VI. — Qualis mane nova. (Hymne du Propre de Tréguier, xvm e siècle).
Tel le matin, quand le soleil sort sa tête radieuse dans un ciel sans nuage, annonce au laboureur une abondante moisson et présage au peuple un jour brillant.
Ainsi, par sa naissance, Yves, dès son enfance, annonça à ses pieux parents les heureuses prémices de son âme, présageant déjà quelle serait la sublimité de sa vertu quand il serait homme partait.
Et par quelles belles vertus il brille déjà aux yeux de tous, soit qu'il porte des sentences, ou
que pasteur des âmes, il conduise déjà ses ouailles, dans les sentiers que sa parole leur a fait connaître.
Accourez près de lui, o pauvres, que la dureté des cœurs du riche ou la puissance des grands tiennent sous le poids de l’oppression, sa parole victorieuse et puissante défendra vos droits méconnus, et portera aux affligés l'aumône de son cœur.
Oui que vous soyez, qui avez conscience d’un crime, écoutez d’une oreille attentive ce prédicateur pieux et éloquent. Bientôt vos cœurs percés des flèches du repentir, feront éclater des sanglots de douleur !
0 Pasteur qui connaissez vos brebis, les aimez et les chérissez : juge suprême, qu'une louange perpétuelle retentisse à vos oreilles, ô Jésus, qui remplissez d'une ardeur céleste les auxiliaires que vous vous êtes donnés î
VIL — Auront nondum fulgida. (P re de Tréguier, xviii 6 siècle).
L’aurore précédait le flambeau qui ne brillait
pas encore au ciel, lorsque, dans son amour il t’appelait Seigneur, par des chants divins. Ainsi il veillait toute la nuit couché sur la terre humide,
répandant à tes pieds, scs prières brûlantes, fruits de la pictc de son cœur, et les soupirs de son âme.
Encore enfant, il avait commencé à dompter, par ses jeunes incessants, les révoltes de son corps, et i! le frustrait pieusement de la nourriture qui lui était due, pour rassasier les pauvres.
Sa sainte demeure, sa porte bénie étaient tous les jours assiégées par une foule de mendiants, et c’est au milieu des voeux de reconnaissance, exprimés par les pauvres, qu'il entrait dans sa maison.
La foule se faisait un devoir et un honneur de l'appeler partout le père des pauvres, cl lui-même honorait son pays, en se montrant réellement digne de ce nom.
Soyez glorifié à jamais, ù Jésus, juge suprême et prêtre éternel, qui choisissez des ministres zélés et les remplissez de votre divin souffle.
VIII. — Hymnis lamies concrepanius. (Propre de Saint-Malo, xvi e siècle).
Faisons dans nos hymnes retentir ses louanges,
et pour le salut de nos âmes, chantons Yves Irô-
nant au-dessus fies astres du ciel.
Yves s'éleva au-dessus de lui-même, à Laide de la
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grâce, et Dieu se l’attacha parles liens de la charité.
Son lit, c'était la terre nue avec une pierre pour appuyer sa tète. C’est ainsi qu’en se combattant il vainquit sa chair et maintint son cœur il ans la plus grande pureté.
Yves, fort comme un lion, soutint seul avec avantage les droits de l’Evêque qu'usurpaient les serviteurs du roi.
Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, par les mérites de saint Yves, nous pardonnent nos fautes et nous conduisent à l’entrée du céleste séjour.
Non parta solo sanguine. (P rc de Tré-
usion
il v a
guier, xvni e sie
La pourpre due à d’autres mérites qu’à 1 de leur sang, orne les bienheureux au ciel en cftel d’autres guerres qui ont également leurs triomphes.
Yves n’a pas eu à endurer les croix ou les peignes de fer aigu : dur et cruel pour son propre corps, il s’est martyrisé lentement.
S'il ne fut pas tourmenté par un licteur, des chaînes, des fouets ou des ongles d’acier, son ardent désir de mourir pour le Christ y a su abondamment.
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Parla chasteté, il a dompté sa chair ; par la loi, maîtrisé son âme ; et par l’amour, les flammes du ciel ont brûlé tout son corps en holocauste divin.
Ses veines se rompaient sous l’étreinte de cet amour, comme s’il eût voulu arracher sa vie avant le temps, et répandre son sang en Ilots abondants.
Jésus, donnez-nous de mourir avec vous, de ressusciter avec vous, et de mépriser les choses de la terre, ponr aimer les biens célestes.
X. — Laits et honor Trecoriæ. (Prose extraite d’un missel du xvi e siècle).
La gloire et l’honneur du pays de Tréguier, le flambeau de la France aussi et la lumière la plus brillante de la Bretagne, Yves est honoré en ce jour !
(Ju’on prodigue donc à sa mémoire les éloges les plus magnifiques, et qu’on exalte sa gloire dans le ciel ! Là il voit le roi de gloire dans sa majesté adorable, et le trône élevé de Marie associée au trône du roi du ciel.
Là, Dieu lui accorde d’écouter les prières et de venir au secours de la pauvre humanité, comme on le reconnaît dans l'univers tout entier.
Par lui, le marcher est rendu aux boiteux, la
lumière du ciel aux aveugles, la santé aux malades et la vie aux morts. La langue des muets est déliée, la chaîne du captif est brisée, les torrents sont arrêtés, comme divisés el séparés en deux par un puissant mur d’airain.
Les incendies sonl éteints, in fureur de la mer s’apaise, les hydropiques se désenflent et la paralysie disparaît.
Pendant qu’il tient l'hostie élevée, on la voit s’entourer d'une brillante lumière, et l’enfant mort dans le sein de sa mère recouvre miraculeusement
la vie.
Un pauvre, le plus répugnant à voir, reçoit l’hospitalité dans sa maison ; il s’asseoit à sa laide et mange avec lui, et au moment où ce pauvre va sortir, on le voit environné d’une clarté éblouissante.
Un homme est renversé sous la roue d’un moulin, on l’invoque, la chute rapide de l'eau s’arrête ; on relire le malheureux et il n’a reçu aucun mal.
Le Souverain Ponlic est affligé d’une lièvre ardente-, et l’on croit qu’il va mourir. On invoque saint Yves pour lui et il recouvre subitement la santé.
Le démon est chassé ; la peste qui infectait l’air est repoussée. La fureur de l’ennemi est apaisée et les ravages de la guerre sont arrêtés.
Fout ce qui est demandé par l’intercession de saint Yves est accordé ; les grâces du ciel sont répandues avec abondance sur tous les pécl leurs.
XL — Quam tabor diffi-cilis , (Autre prose de la messe de saint Yves, xvi e siècle).
Quel difficile labeur, quel poids formidable que celui du ministère des âmes !
Tout en s’abstenant des vanités de ce monde, il porte ce lourd fardeau sur ses épaules, fortifié par la grâce qui lui vient d’en liant.
Yves, pasteur infatigable, se garde avec un soin assidu contre les dangers de la mer immense.
En gouvernant bien son peuple, que d’écueils il sut franchir, que de traits il a pu éviter !
Fixe comme une colonne, il ne laissa jamais sa barque s’engloutir sous les flots.
Plein de soucis dans son ministère, puissant par sa parole, il fournit toujours un bon pâturage à ses ouailles.
La religion jaillit de son cœur, l’onclion adoucit sa parole, et la charité ouvre toujours sa main.
Il veille nuit et jour, regarde de tous côtés, de crainte que quelque loup ne lui dresse des embûches.
SAINT YVES
-fc
Toi qui descends du ciel où Lu étais monté, jette sur nous un regard favorable dans notre misérable exil.
XII. — Quis poli sedem. (Propre de Tréguier, xviii c siècle).
Quel nouvel habitant entre dans le royaume des cieux, et provoque ces chants de triomphe au-dessus des astres !
C'est Yves qui va rejoindre au ciel ses compagnons de gloire. Yves l’austère satellite de la vertu, le jurisconsulte incomparable, le prédicateur éminent. Après avoir dompté l’erreur et les fraudes, il triomphe porté sur un nuage, comme sur un char glorieux !
Voici que son triomphe est accompagné du cortège des âmes vertueuses, des vierges éclatantes de pureté, et de piété exempte de faste et d’orgueil.
L’amour au front rayonnant des llammes célestes, conduit ce brillant cortège, et le Pieu de charité en prodiguant ces dons à ses serviteurs, a pour couronne la troupe reconnaissante de ses fidèles dévoués.
Yves, qui jusque dans l’assemblée des bienheureux, aimez à être appelé le défenseur de la veuve et du
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pauvre, laites que, marchant sur vos traces, nous puissions suivre votre exemple.
Gloire suprême, louange éternelle vous soient rendues, ô Jésus, qui juge en même temps que prêtre, façonnez pour votre service des ministres enflammés de l’amour divin !
XIII. — Quos (lies tanto celébrala cultu . (Extrait de la fête de l’élévation du corps de saint Yves, au propre de Tréguier).
Quel est donc ce jour célébré avec tant de solennité ! L’antique cité de Trecor accourt au sépulcre de celui dont la terre recouvre encore les cendres bénies !
Dans sa reconnaissance, le peuple trécorrois vient vénérer les ossements de saint Yves dans leur tombeau de granit. Tous ceux qui le prient ont bientôt éprouvé son heureuse protection.
Telle fut l’origine de l’antique dévotion de nos aïeux ! Qu’elle revive plus lorte que jamais ! Qu’elle fasse revivre aussi tout ce qu’il y a de feu sacré contenu dans ces restes vénérés et que sa cendre conserve encore !
Cette sollicitude que vous eûtes pendant votre vie, bon et saint pasteur, eonservez-la nous, main-
lé
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tenant que vous êtes porté par delà les astres, etcomme protecteur vigilant de notre cité, jetez un regard favorable sur votre peuple.
Vos compatriotes ont élevé à Dieu ce temple qui portera éternellement votre nom, et c’est avec raison, qu’habitant ta même ville et le même pays, ils vous ont tous choisi pour protecteur et patron.
Nous bornons nos citations à ces quelques hymnes dont le texte latin est emprunté à l'iconographie
du regretté M. Gaultier du Mottay. Ce nom vénéré se rattache à tout ce que notre temps a donné d’élan au culte des saints de Bretagne, et de saint Yves en particulier.