Il meurt et la nature entière Semble suivre sa volonté
Le mort revient à la lumière, L'infirme reçoit la santé.
Yves, donnant de sa puissance Mille témoignages certains, Bientôt avec magnificence Rome le place au rang des saints.
IG. O vous que poursuit l’infortune,
A saint Yves, ayez recours.
Vous que la douleur importune Venez implorer son secours !
Accourez, près de ses reliques Que l'on conserve en ce saint lieu, Admirer les marques publiques De son crédit auprès de Dieu.
17. Nautoniers que le pouvoir d’Yves Sauva tant de fois du malheur,
Ah ! faites retentir les rives De cantiques en son honneur.
Quand la tempête vous agite Et vous menace de la mort,
ÉTUDE suit SA VIE ET SON TEMPS
Confiez-vous à sa conduite,
1! vous fera toucher au port,
18. Grand saint, protecteur secourable, Du haut des cieux où vous régnez.
Montrez-vous toujours favorable A ce peuple que vous aimez,
Et par vos vœux, libre d’atteinte Dans ces lieux conservez la foi.
Du Seigneur une vive crainte,
Sa paix et l'amour de sa loi.
Ce cantique, comme on le voit, est un abrégé de la vie de saint Yves et se termine par une prière touchante. Afin de pouvoir le chanter ensemble, chacun rapprenait par cœur, cl c’était une excellente manière de retenir celle vie admirable et de
la faire passera la postérité. Il esta regretter qu’on se soit éloigné de cette bonne tradition dans les
chants qui ont été composés depuis, quelque beaux qu/ils soient par ailleurs.
Le cantique des Angevins est empreint d’une douce piété que nous sommes heureux de saluer chez nos chers et nobles voisins. Nous le reproduisons d’après un exemplaire, imprimé à Tréguier, qu'ils prononcent et écrivent Tréguière, comme les Bretons.
Yves de Tréguière.
Patron des Bretons.
Us aiment sur terre, Chanter votre nom.
SAINT YVES
Le Dieu secourahle,
Quand nous l'invoquons,
Se montre admirable En ce saint si bon.
Oui, votre couronne,
C’est !e Dieu Sauveur,
La terre Bretonne
Vient vous rendre honneur.
O Juge sincère De la vérité,
L’esprit de lumière Vous a dirigé.
Cœur si charitable Fait pour le Seigneur, Dévoué, tout aimable,
O vrai serviteur.
Votre image, ô père,
Est si gracieuse,
Et votre bannière.
Est si précieuse !
Vertueux modèle Du prêtre ici-bas.
Du chrétien fidèle Et du magistrat.
Douce est la prière Sur votre tombeau,
Sis à Landreguière,
Et jadis si beau 1
La foi se réveille Et l’amour s’enflamme, Prodige et merveille S’opèrent dans l’âme.
La Bretagne entière N a pas de saints Lieux, Ni de sanctuaire Plus miraculeux.
Sa tombe bénie Pour tant de bienfaits, Sera rebâtie Et mieux que jamais.
Pour nous, sur la terre, Demandez la foi,
A Dieu, notre père.
L’amour de sa loi.
La foi de nos pères.
Un amour ardent, L’esprit de prière,
A nous leurs enfants.
Que votre chapelle Est chère à tout cœur.
Aux Bretons fidèles Leur saint protecteur.
Grand saint de Bretagne, Gardez notre terre,
Villes et campagnes Et la France entière.
Nous n avons pas besoin île faire remarquer que ce canlique esi plus riche de sentiments que de
rime. N'importe ! C’est un peuple qui veut honorer notre saint patron dans l’Anjou, cette terre qui a noblement partagé avec la Bretagne les luttes pour la foi et la religion dans nos jours de tristesse et d’oubli. A Tiéguier, on cachait ses reliques et
dans l’Anjou, l’on chantait toujours ses vertus !
Le Cantique à saint Yves , signé Yvonne de Lannion, vient d’ètre édité. Nous le donnons pour clore la série des cantiques français que nous n’avons pu reproduire qu’en partie. Il porte l’approbation de Mgr Bouché.
O Trécor, chante à tes campagnes L'honneur de posséder ton saint prêtre breton, Jusqu’au delà des mers, aux échos des montagnes, De saint Yves redis le nom !
Béni soit le manoir antique,
Où saint Yves reçut le jour ; Béni soit le sol d’Armorique
Liujiivint îles pa> de smi
Nulle douleur, nulle infortune, Frappant son seuil hospitalier.
N’a |iu se trouver importune, Au cœur qu’elle venait prier.
La charité qui le transporte Fait qu’il héberge le Sauveur :
Un pauvre attendait à sa porte Il le reçoit, c'est le Seigneur!
SAINT YVES
Du pauvre orphelin en détresse Il est le père et le tuteur,
Des malheureux que l’on oppresse Il est l’ami, le défenseur.
Les trois vertus théologales Etaient des perles dans ses mains, Qu'en ses courses sacerdotales El sema dans tous les chemins,
Malgré l'enfer qui se déchaîne.
Son nom tout g'orieux survit.
De Kennartin jusqu'en Touraine, On le révère, on le bénit
lies siècles éteints sur ses rives.
Et le temps, destructeur des lois, Sur la mémoire de saint Yves Ont vu s’émousser leurs exploi's.
Trédrez, Louannec ont encore Son souvenir au fond du cœur, D’âge eu âge, il passe, on l'honore.
Et ses autels font leur bonheur.
î! est le Saint-François d 'Assise De notre cher pays d'Arvor :
Yénérons-le dans son église.
Dont il protégea le trésor.
Bientôt la cathédrale antique Qui renferme son chef si beau.
Pour trône à la sainte relique Aura son merveilleux tombeau.
ÉTUDE SUR SA VIE ET SON TEMPS
Ce monument sera l'histoire Du religieux souvenir Dont son Evêque met la gloire Au front des siècles à venir.
Cette œuvre qu’un prélat couronne En y consacrant tous ses droits, Sera le trésor de l’aumône Et le fleuron des Trécorrois,
O saint- Yves, sur l’Armorique Veillez toujours du haut du ciel, Que vers vous monte ce cantique.
Avec l'encens de votre autel.
Contre la barque de la France, L’ouragan soulève l’erreur,
O saint Yves, notre espérance, Apaisez le Ilot destructeur.
Nous ne pouvons pas laisser de côté les guerz composés en langue bretonne en I honneur de saint Wes. C’était sa langue, et du haut du ciel il entend encore avec bonheur chanter ses louanges dans l’idiome des anciens châtelains de Kerrnartin, qui ne lui en avaient pas appris d’autres. Ici le nombre est considérable et le choix difficile. Nous ne ferons qu’en indiquer quelques-uns avec la traduction pour le public.
Nous commençons par le chant le plus populaire aujourd hui, en faisant remarquer que la traduc-
SAINT YVES
lion n’en rend (jue faiblement, ou même point du tout, le rhylhme, l'entrain, la verve qui le font répéter par tous les échos des campagnes bretonnes.