ÉVÊCHÉ
Saint’Brieuc, le 26 Avril 1892.
DE
Saint-Bricue & Trêg trier
Monsieur l’Archiprêtre et cher Vicaire général,
J’accepte avec reconnaissance la dédicace que vous voulez bien me faire de votre nouvelle édition de la Vie de saint Yves.
Un de mes premiers actes, en effet, à mon arrivée dans le diocèse, fut de convier auprès de ce tombeau magnifiquement restauré, les évêques de la Bretagne et la Bretagne tout entière. Les voix les plus éloquentes payèrent un glorieux tribut d’hommages et de louanges à notre saint Trécorois,
Pourquoi faut-il que l’une de ces voix et non la moins autorisée ait cessé de se faire entendre ? L’Eglise et la France pleurent encore l’illustre évêque d’Angers ; nous Bretons, nous lui garderons un perpétuel souvenir. Il a loué notre saint Yves avec des accents dignes du plus grand orateur chrétien du grand siècle ; il a célébré, pour servir d’exemple au nôtre « le grand justicier et le grand serviteur des pauvres, dont la mémoire s’est enracinée si profondément dans l’esprit du peuple » ;
et le monument que sa parole lui a érigé durera plus longtemps que le marbre ou l’airain, monument um œre perennius . J’aurais bien aussi à exprimer notre admiration et notre reconnaissance, aux orateurs des deux premières journées; mais vous comprenez le sentiment qui me retient: on n’est bien libre en fait d’éloge qu’avec les morts. C’est pour cela, cher monsieur l’Archiprêtre, que je ne dirai pas de votre livre tout le bien que ï en pense; la première édition avait reçu de justes éloges : la seconde l'emporte sur la première; laissez- moi vous en féliciter.
Agréez, mon cher Vicaire Général, l'expression de mon attachement.
t PIERRE-MARIE,
Eve que de Saint-Brieuc et Tréguier