Trnbin
Pour montrer ie soin avec lequel la recherche de ces Brachiopodes a été ponranivie pendant près de 40 ans, nous nommons pour chacune des 3 premières espèces les localités dans lesquelles
g4 Variations observées parmi les
.nous avons recueilli ses représentants. Il est possible que des individus, provenant de localités non nommées sur notre liste, se trouvent hors de notre connaissance, dans d'autres collections.
En comptant comme indépendantes quelques localités, qui se retrouvent sur divers horizons, ce tableau constate, que nous avons recueilli:
Stroph. comitans .... dans 24 localités.
Stropfa. emargioata . . . „ 11 ,, OrthiB houorata . . . . „ 13 „ Considérons maintenant, en particulier, chacune des 1 espèces choisies comme exemples.
la Stropbomena comitans. Barr.
Nous avons figuré sur cette planche des spécimens provenant de 7 localités principales, nommées dans l'explication des figures.
Ces spécimens ont été choisis dans le but de montrer les plus notables variations connues, dans les apparences de cette espèce.
Ces variations sont limitées à la disposition, à rintensité et à l'espacement des stries, soit horizontales, soit longitudinales. Selon nos définitions qui précèdent, 11 n'existe donc que des variantes parmi les spécimen» comparés. Le nom de variété ne modifierait en rien nos déductions.
Comme nous possédons divers individus d'une même locahté, nous pouvons reeoniiattre entre eux des différences dans l'ornementatton, aussi prononcées que parmi les spécimens qui appartiennent à des horizons successifs.
Cet accord dans les apparences extérieures de la coquille contraste avec la diversité que nous oflrent les moules internes, figurés sur la môme planche. Une observation semblable se présente assez fréquemment dans nos .études et tendrait à faire séparer des formes, qui nous semblent identiques par leurs caractères externe*. Mais, dans le cas présent, nous devons accorder plus d'importance aux apparences extérieures qu'à celles du moule interne, pour 2 motilîi. savoir :
îdbyGoogle
BrachiopodeB HilniieDS de la Bohème. 85
Les moules internes peuvent apparteDir à des individus d'âges différents et leur développement inégal expliquerait la diversité signalée.
On doit aussi concevoir, que l'état de conser\'ation des moules en question peut varier beaucoup, puisque nous les avons recueillis dans diverses localités et dans des roches qui sont loin d'être identiques.
L'influence de ces circonstances se manifeste d'une manière analogue dans beaucoup d'autres espèces de notre bassin et notamment pour plusieurs, qui sont connues de tous les savants. Nous citerons l'exemple très remarquable de Atrypa retieularis, dont nous figurons de nombreux spécimens, montrant le moule interne dans divers états de conservation ou à divers âges, sur nos PI, 19—109—132. Voir ci-dessus (p. 13).
En somme, nous considérons les spécimens tigiirés sur notre PI. 56 comme représentant réellement une seule espèce, dans la hauteur verticale occupée par nos bandes: d5 — Col. — el — e2 — f 1 — f2 — gl— g2 — g 3. Cette série ne présente même aucune lacune stratigraphique.
On remarquera, que la taille des individus n'a pas sensiblement varié durant la longue période de temps qu'embrassent ces formations. Ils sont toujours reconnaissables au premier aspect et ne peuvent être confondus avec aucune autre espèce contemporaine.
Quant aux variations, que nous venons de signaler au sujet de leur ornementation, nous répétons, que les individus espacés dans la série verticale ne diffèrent pas plus entre eux que ceux qui ont été contemporains, durant le dépôt d'une même couche. Ainsi, nous ne pouvons pas attribuer à l'influence des âges géologiques ces diversités ornementales. Elles dérivent normalement, soit sur un même horizon, soit sur des horizons superposés, d'une faculté inhérente à chaque espèce et qu'on pourrait comparer. à une sorte d'élasticité, dans le développement et les apparences des représentants d'an même type spécifique.
En d'autres termes, ce sont de simples variantes successives, comparables aux variantes contemporaines des types spécifiques, définies ci-dessus et illustrées par des exemples encore plus nombreux.
byGoogIc
3Q Variations obBcnëes parmi les
!9« Strophomena emargincUa. Barr.
Les spécimeus, que nous avons figurés, sont presque tous réunis sur la PI. 45, afin de faciliter la comparaison entre eux. On peut ainsi aisément reconnaître, qu'ils sont semblables et ne présentent d'autres différences sensibles que celles qui dérivent de l'âge des individus.
L'échancrure du bord frontal est le principal caractère distinctif de cette espèce. Mais il faut remarquer, qu'il n'est bien prononcé que dans les adultes. H ne se manifeste pas dans les jeunes, ni dans les individus d'un ftge moyen.
Ainsi, la fig. 2 représente un jeune spécimen de Hostin, gl, et la fig. 7 un spécimen d'Age moyen, provenant de KoDiepms, f 2. Dans l'un et l'autre, l'échancrure manque complètement.
Nous possédons d'autres exemplaires de Komeprus et Mnienian, f2, qui montrent très distinctement cette échancnire et que nous considérons comme adultes.
Notre tableau de distribution verticale qui suit, (Chap. n.), constate que cette espèce se propage sans intermittence à travers les 5 bandes e2 — fl — f2 — gl — g2, de sorte que nous pouvons lui appliquer les observations, que nous venons d'exposer au sujet de Strophomena comitans.
En somme, Strophomena emarginata, malgré la longue durée de son existence, ne présente aucune variation autre que celle qui dérive de l'&ge des individus. Il serait même difficile de distinguer des variantes, dans les apparences des ornements.
S* Orthis honorata. Barr.
Les spécimens, que nous figurons, nous montrent une forme semblable et des stries longitudinales, relativement fortes par rapport à la taille coustanunent exiguë des individus.
Ils ne présentent d'autres différences entre eux que sous le rapport de la bifurcation ou de l'intercalation de ces stries, ou de leur groupement.
DigmzedbyGoOglc
BrachiopodeB Biluriens âe la Bohfime. 87
Dans les uns, la bifurcation ne s'étend qu'à une petite distance à partir du bord vers l'intérieur. Dans d'autres, elle se prolonge plus loin et aboutit à la séparation de stries intercalaires. Quelquefois aussi, le nombre des stries bifurquées sur une même valve est réduit à quelques unités. Dans les spécimens de d 3 et de d4, PI. U3, les stries sont groupées par 2 ou 3, mais les spécimens de Borek e 1, PI. 68, nous montrent une disposition à peu près semblable.
Nous ne trouvons aucune variation progressive bien prononcée dans ces distinctions. Elles pourraient donc tout au plus indiquer des variantes successives, qui ne diffèrent pas plus entre elles que certaines variantes contemporaines. Elles sont beaucoup moins contrastantes que les formes de Pmt. optatus décrites ci-dessus (p. 59) et qui ont coexisté dans une même localité.
D'après ces considérations, nous associons dans une même espèce tous les spécimens figurés.
Notre tableau de distribution verticale, ci-après, (Chap. IL), montre que Orthis honoraia s'est propagée à partir de la bande d 3 jusqu'à la bande gl. Mais, d'après l'état de nos connaissances, son existence semble présenter une lacune, durant le dépôt de la bande f 1.
Dans tous les cas , Orthis honorata nous offre l'un des rares exemples d'un BracMopode commun à notre faune seconde, proprement dite, et à notre faune troisième,
4< Atrypa Thetis. Barr.
Nous avons réuni sur la PI. 133 les figures de spécimens, qui ont été trouvés dans les bandes el — e2 — f2 — gl — g3. Mus nous en figurons sur la PI. 86 une autre série nombreuse, provenant uniquement de la bande f 2.
L'existence de cette espèce semble présenter 2 lacunes, savoir, dans les bandes f 1 et g2, qui sont relativement pauvres en Bracbiopodes.
En comparant tous les individus, on voit qu'ils n'o&ent entre eux que de légères différences de forme, comparables à celles que nous nommons variantes. Ces différences, qui se manifestent sur
..,,oxlc
88 Variationa observées parmi les
divers horizons, aussi bien parmi les spécimens contemporains que sur les spécimens successifs, consistent principalement dans la forme longue et la forme large ; ou bien, dans la largeur plus ou moins développée du sinus et du bourrelet.
Dans 2 cas individuels, nous voyons une rainure linéaire, médiane, sur le bourrelet. Mais ces exceptions sont distribuées, l'une dans notre bande el, l'autre dans la bande f2. Elles sont donc sans relation avec les Ages géologiques.
En somme, Atrypa Thetis, malgré l'étendue verticale très considérable de sa propagation, conserve ses apparences, avec la même constance que nous observons dans les spécimens d'autres espèces, qui n'ont existé que durant le dépôt d'une seule bande dans notre bassin.
Les principales localités, dans lesquelles nous avons recueilli cette espèce, sont les suivantes, pour lesquelles nous indiquons les horizons correspondants:
g3 — Hluboiïep.
gl — à l'aval de Chotecz.
f 2 — Koniepnis — Mnienian.
IDlaufaa Hora. . Collines enti-e Lu^etz et Lodenitz, Lochkow.
el — Butowitz.
Résumé et eonclaeions de cette étude.
Les exemples, qui précèdent, suffisent pour montrer, que les rares Brachiopod^, qui ont joui d'une grande longévité en Bohême, n'ont offert dans leurs apparences que de faibles variations, dont l'intensité ne dépasse pas celle des variantes contemporaines de leurs types spécifiques et qui ne pourrait pas servir à fonder des variétés distinctes.
Ces variations se manifestent sur divers horizons superposés et elles ne sont point graduées suivant les âges géologiques, dans une même direction.
Dans la première partie de cette étude, nous avons exposé d'autres exemples, démontrant que la plus grande fréquence des
BrachiopodeB siluriens de la Bohème. 89
indlvidos d'un même type spécifique ne pouvait être considérée, ni comme cause efficiente, ni même comme une circonstance constamment concomitante de l'apparition des variétés.
Ainsi, notre double recherche n'a pu nous foire découvrir, ni dans la fécondité, ni dans la longévité de nos espèces de Brachiopodes, aucun indice de la cause, qui produit leurs variations, ni même des circonstances indispensables qui les accompagnât.
V* Relations chronologiques entre les types spécifiques et lenrs variantes et variétés.
L'étude des variétés des types spécifiques a occupé plusieurs savants, principalement à l'occasion de leurs recherches sur les Ammonites. Mais, ces recherches étant entreprises, dans l'intérêt des théories de l'évolution, l'attention de ces paléontologues a été principalement concentrée sur les variétés postérieures au type et appanùssant successivement sur des horizons superposés. M. le Doct W. Waagen a proposé le nom de Mutations pour toutes les variétés de cette catégorie. Cette dénomination peut trouver son application utile, en l'opposant à celle de Variété, réservée pour les formes contemporaines du type et qui peuvent lui être associées, au même titre que les mutations successives.
Cependant, le nom de variété appliqué aux formes contemporaines du type, ne suffît pas pour toutes les distinctions nécessaires, suivant les relations chronologiques, qui peuvent exister entre ce type et les formes qui lui sont adjointes.
Nous avons essayé de représenter ces relations diverses, dans le diagramme qui suit. Nous faisons abstraction des variantes, auxquelles nos observations s'appliquent comme aux variétés.
Le type spécifique est figuré par une bande verticale, plus large que les autres bandes parallèles, représentant les variétés.
Les limites horizontales, entre lesquelles l'existence du type est comprise sur notre diagramme, ne 'sont pas celles d'un ét^e déterminé. Elles peuvent embrasser, au contraire, plusieurs étires on faunes partielles.
D=ri:cc.;,C00glc
Variations obserréeB panni les
Nous établissons 2 sections, l'une à gauche et l'autre, à droite du type, pour fgurer séparément les variétés contemporaines et les variétés postérieures.
La première section, placée à gauche, représente 1^ 6 combinaisons, que nous concevons comme possibles, dans les relations entre le type et ses variétés, entièrement ou partiellement contemporaines.
La seconde section, placée à droite, représente ta série des variétés postérieures au type, c. à d. des mutations successives. Cette série pourrait être iDdéâniment prolongée et ramifiée.
Notre première section peut être subdivisée en 2 catégories, suivant que les variétés contemporaines apparaissent avec le ^pe, ou bien pendant la durée de l'existence de celui-ci.
Dans chacune de ces 2 catégories, nous concevons 3 combinaisons, savoir:
En commençant par la gauche:
(1) Variété apparaissant simultanément avec le type et disparaissant avec lui.
(2) Variété apparaissant simultanément avec le type et disparaissant avant lui.
(3) Variété apparaissant simultanément avec le type et survivant à la disparition de celui-ci,
(1) Variété apparaissant après le type et disparaissant avec lui.
(2) Variété apparaissant après le type et disparaissant avant lui.
(3) Variété apparaissant après le type et survivant à la disparition de celui-ci.
Noua supposons, dans chacune des 1*" et 2*"* catégories, que la variété (3), qui survit au tjpe, ue se propage pas au-delà d'une hauteur limitée et qu'elle n'est accompagnée d'aucune nouvelle variété. Dans le cas, au contraire, où elle se propagerait verticalement sur une hauteur considérable et où elle serait accompagnée par de nouvelles variétés, celles-ci se rangeraient naturellement dans d^ catégories semblables à celles que nous indiquoDS dans notre diagramme.
DigmzedbyGoOglc
1*" Catégorie:
2*" Catégorie:
Br&chlopodeB siluriena de U Bohème. 91
Diagramme figarant les relations chronologiqaes, qui peuvent exister entre un type spécifique et ses variétés.
Hfrinii d« l'Bxtiietlai
IteidBe
«mprenut ■& ra
pluienn HUe»
loeavx.
lUrizaR de la prtnlftre ■pparitlan MMiia Al trpa apia- 6lta . . .
Prenfère ealé|«^: DoHième estégorla: apéoi- Trtiritot ettéiarie:
TiiiétéB apparalBaant YariitiB apparftlBsant flqne. Variétéa apparaissant
aveo lo type. pendant la dnrée apris l'extinotion ^ fln typa. dn typa.
Seotion I. Section H.
Variétés entièrement on parUellement Variétés postérlanreB
eontemporaines dn type, aa type
(IKutatioiu).
92 VarùitionB observées parmi les
Quant aux variétés que nouB supposouB dauB ta seconde section, à droite de ce diagramme, nous nous bornons à indiquer une simple série, parceque nos études locales étant restreintes à la Bohème, nous n'avons rencontré parmi nos Brachiopodes aucun exemple, ni de bifurcation, ni de ramification d'un type spécifique quelconque, qui puisse être comparé aux arbres généalogiques, rameux, par lesquels on représente la filiation idéale de certaines espèces d'Ammonites.
Nous prions le lecteur de remarquer, qu'en figurant un type spécifique idéal avec le groupe des formes, qui peuvent être considérées comme des variétés, nous n'indiquons sur notre diagramme aucune connexion génétique entre ces diverses formes. La raison en est , que ces connexions nous sont inconnues. En d'autres termes, nous ignorons d'où proviennent les variétés et il senùt téméraire d'affirmer sans preuve, qu'elles dérivent toutes du type coutemporaiii par filiation.
Cette afinrmation ne peut être prononcée au nom des tliéories, au si^et des variétés qui ont coexisté avec les espèces respectives, car elle détruirait immédiatement le principe fondamental de la transformation, attribuée à l'influence lente iet successive des Ages géologiques.
Remarquons que les variétés, qui apparaissent simultanément avec le type spécifique en Bohême, montrent immédiatement comme celui-ci la plénitude de leurs caractères distinctife. On ne peut donc pas attribuer leurs apparences à une transformation par degrés successif dans notre bassin.
On peut, il est vrai, supposer, que cette transformation lente a eu lieu dans une autre contrée, avant leur introduction en Bohême. Mais, cette hypothèse gratuite, fondée sur l'apparition simultanée du type et de la variété, est dénuée de toute vraisemblance au sujet des variétés, qui surgissent soudainement dans nos faunes, durant l'existence de l'espèce.
£n effet, ces nouvelles variétés, sur l'horizon de leur première apparition, présentent la plénitude de leurs caractères, aussi bien dans les spécimens les plus exigus et les plus jeunes que sur les spécimens adultes.
Considérons aussi, que les jeunes individus des yariétés contrastent avec les jeunes individus de la forme typique, aussi fortement que les adultes entre eux.
îdbyGoOglC
Bmchiopodes silariras de la Bohême. 93
Cette observation nous induit à concevoir, que la variété est déjà étabti,e dans son germe et qu'elle n'a besoin, pour se développer, ni de l'infiuence des circonstaDces locales, ni de celle des âges géologiques.
Application de cette étade aux Brachiopodes ailnrienB de la Bohême.
' Les relations cIiroaoIogiqueB, que nous venons d'indiquer d'une manière générale, entre un type spécifique et les variétés qui lui sont associées, peuvent être facilement établies en Bohême, dans beaucoup de cas et avec sécurité. Cet avantage dérive du grand nombre d'individus, que nous pouvons comparer et de leur existence dans des &unes partielles, très distinctes.
. Au contraire, lorsqu'on veut établir des relations chronologiques entre un type et des variétés apparentes, trouvées dans diverses contrées plus ou moins isolées, on ne peut plus obtenir la même sécurité, parceque la correspondance exacte des dépôts ne peut pas être constatée d'une manière indubitable.
L'étude qui nous occupe, appliquée à la Bohême, nous conduit à reconnaître divers faits, qui nous paraissent de la plus haute importance et qui peuvent 'être énoncés en quelques mots, comme il suit:
1. Toutes les espèces, variétés et variantes de nos Brachiopodes apparaissent en Bohême avec la plénitude de leurs caractères distinctifs.
2. Sauf de rares exceptions, toutes les variantes et variétés des types spécifiques, parmi nos Brachiopodes siluriens, ont été contemporaines des espèces auxquelles nous les associons.
3. Les différences^ qui se manifestent entre les types spécifiques et leurs variétés contemporaines, ne sont pas moins intenses que celles qu'on indique entre les types et leurs variétés successives et postérieures.
Nous citerons la plus remarquable des exceptions k la contemporanéité générale des espèces et de leurs variétés, parmi nos Brachiopodes siluriens.
Cette exception semble se manifester dans les formes, que nous nommons Pentamerus tncipiens de no^ bande e2 et Pent.
' 94 Vuiationa obaerréee parmi les
proeertUus de notre, bande f 2. Dans la notice qui ya suivre immédiatement, nous exposerons les documents relatife aux connexions entre ces 2 Brachiopodes et une troisième forme: Pent. aeutolobatus Sandb. du déronien moyen.
Lors même que quelques exceptions analogues seraient complètement fondées en réalité, elles ne pourraient exercer aucune influence sensible sur les conclusions, que nous allons formuler, d'après les faits généraux, qui viennent d'être énoncés.
1. Puisque toutes ou presque toutes les variantes et variétés de nos espèces de Brachiopodes ont été contemporaines de leur type respectif, il serait irrationnel d'attribuer leur apparition à l'influence des ftges géologiques.
2. Puisque toutes nos variantes et variétés, dès leur première apparition, possèdent la plénitude de leurs caractères distinctife et ont coexisté avec leur type spécifique dans notre bassin exigu, où leurs dépouilles sont mêlées, souvent dans un même fragment de calcaire, il serait irrationnel de supposer, que ces formes doivent leur origine à l'influence des circonstances locales.
3. D'après ces considérations, si Ton veut expliquer l'apparition des variantes et variétés, il est indispensable de recourir à une cause indépendante de l'influence des circonstances locales et de celle des Ages géologiques.
4. Quelle que soit la nature de cette cause, il est aisé de concevoir, qu'elle a pu produire des variétés successives et postérieures au type, aussi bien que des variétés contemporaines de celui-ci.
Nous rappelons, que nos études générales sur les Céphalopodes nous ont conduit à des conclusions, qui sont en parfaite harmonie avec celles que nous venons de formuler, au sujet de nos Brachiopodes. Nous reproduisons, dans les lignes qui suivent, le résumé de nos conclusions au sujet des Céphalopodes.
„Nous voulons seulement appeler l'attention du lecteur sur le groupement des espèces dans chaque genre et sur la distribution verticale et horizontale de ces groupes."
„Nou6 nommons groupes temporaires ou horizontaux, ceux qui sont concentrés sur un seul horizon et qui ne comprennent que des espèces, qu'on peut considérer comme contemporaines."
..Coogic
BracUopodei silnrîeiis de I» Bohême. 95
„Âu contraire, nous appliquons le nom de série verticale à l'ensemble des espèces, qui se succèdent à partir de l'ongine d'un type joBqu^à son extûiction."
„Pour îaÎTe mieux comprendre le sens de ces distinctions entre les groupes borizontaux et les séries verticales, nous étudions les genres principaux, savoir: Nautilus — Orthoceras — Cyrtoeeras — IPhragmoeeras — Gotmpihoceras."
„Dans chacun d'eux, il est aisé de reconnaître au moins une série verticale d'espèces, constituant le corps du genre et comparable au tronc d'un arbre. Ces séries sont quelquefois multiples et parallèles, comme dans Orthoceras^''
„Cliacun des genres cités nous permet aussi de reconnaître des groupes horizontaux et temporaires, bien définis et dont nous exposons des exemples."
„Ce travail nous conduit à comparer les groupes horizontaux avec les séries verticales."
„Dans les groupes horizontaux, on peut ranger les espèces suivant une série, dont les termes diffèrent entre eux, comme ceux des séries verticales. Personne n'a songé à considérer les espèces contemporaines comme dérivant les unes des autres par filiation et transformation, puisque les différences, qui les distinguent, ne peuvent pas être attribuées à Tinfluence des âges géologiques. Ces différences dérivent donc d'une autre cause, qui agit d'une manière soudaine, c. à d. complètement opposée."
„En présence de ce fait, nous demandons si la même cause n'aurait pas produit les différences semblables entre les espèces successives, sans avoir recours aux moyens imaginés par les théories." (CépJtalopodes. — Etudes généraies, 4'* p. 1457 — 8" p. 175, 1877.)
Le passage, que nous reproduisons, confirme bien l'harmonie signalée entre les enseignements, que nous devons aux Céphalopodes et ceux que nous déduisons de l'étude des Brachiopodes.
Nous ferons seulement remarquer que, pour les Brachiopodes, nous n'avons pas comparé les groupes d'espèces, horizontaux on temporaires, .avec les séries verticales, dans chacun des types génériques, comme pour les Céphalopodes. Ce travail serait très facile et nous pourrons l'exposer dans quelque autre circonstance opportune.
96 VftriatioDB observées parmi les
En ce moment, nons croyons plus profitable d'appliquer anx variantes et anx variétés des Brachiopodes les considérations antérieurement restreintes aux types spécifiques parmi les Cépbalfqwdes. Ce travail, qui confirme et étend le premier, nous a été facilité par le grand nombre des spécimens recueillis en Bohême, pour une partie notable des espèces du premier de ces deux ordres des mollusques.
Quelque riches que soient les &uneg de notre bassin en Céphalopodes, diverses circonstances s'opposent à la réunion d'un nombre d'individus d'un même type spécifique, comparable au nombre des spécimens représentant beaucoup de nos Brachiopodes. D'après cette observation, il eût été impossible de présenter pour nos Céphalopodes des études aussi détaillées que celles qui nous occupent en ce moment.
Nous rappelons, que nous avons déjà constaté l'harmonie entre les Céphalopodes et les Trilobites, sous le rapport des enseignements qu'ils nous fournissent au sujet de la première apparition et de la succession des types spécifiques. Dans les pages qui suivent nous présentons un parallèle concis entre les Trilobites et les Brachiopodes, et nous retrouverons entre ces formes animales, si différentes, les preuves de la même harmonie.
Bien que nous n'ayons encore publié aucune étude sur nos Gastéropodes et nos Acéphales, nous pouvons constater dès aujourd'hui, que ces deux ordres des mollusques confirment les conclusions, que nous venons de rappeler, au sujet des Trilobites, des Céphalopodes et des Brachiopodes.
Nous ferons remarquer en particulier, que l'ordre des Acéphales, jusqu'ici trop faiblement représenté dans les contrées siluriennes explorées, pour donner lieu à des considérations d'une grande généralité, se manifeste en Bohême avec une richesse comparable à celle de nos brachiopodes. Il nous présente donc une nouvelle occasion pour confirmer les i-ésultats de nos études relatives aux autres ordres des mollusques et aux Trilobites.
Comme indice de cette richesse de notre bassin silurien en Acéphales, nous constatons qu'ils occupent environ 270 planches. Le nombre des formes spécifiques, que nous distinguons parmi eux, est notablement supérieur à celui des Brachiopodes et n'est dépassé dans notre bassin que par celui des Céphalopodes.
..Coogic
Brachlopodes BilarienB de U Bohême. 07
Aa moyen de tels matériaux, nous avons pu reconnaître, paiini les représentants de cet ordre, divers types spécifiqueB, accompafniés de groupes de formes contemporaines, apparentées, aussi nombreuses et aussi variées que parmi nos Brachiopodes.
n eût été difficile de prévoir une hannonie si générale et si complète entre les divers représentants de la vie animale, dont les dépouilles sont conservées dans les roches siluriennes de la Bohême.
Nous allons maintenant exposer les documents relatifs à 2 Pentamères siluriens de notre bassin et un Pentaraère dévonien, qui semblent représenter des variétés successives d'un même type spécifique. Ce sont ceux que nous venons de mentionner ci-dessus p. 93.
ReUllons entre 3 formes sarcessives du genre
Pentamems ineipiens Barr. — Bohême, e2, PI. 119.
Pentam. procemlus Barr. — Bohême, f2, PI. 21—119—150.
amto-Matus Sandb. ^^'^ '^^'""'- ""'ï^'' '
\ Nassan J Nassaa, PI. 33, 185.5.
Nous avons été longtemps dans la persuasion, que l'espèce à laquelle nous donnons aujoui'd'hui le nom de Paitam. procerulus, P], 21 — 119 — 150, était identique avec celle, qui a été publiée en 1842 par le Doct. G. Sandberger, sous le nom <le Trigmoirda acutolcbata. (Neu. Jahrh. fiir Min. p. 398.) Ce nom générique a été remplacé par celui de Pentamerws, dans la Géol. de H Russie et de fOural; IL, p. 111, 1845 et dans notre texte publié en 1847, (Abhandl. — Haidinger. L, p. 111, PL 31.) Il a été adopté pur MM. les Doct. Sandberger, dans leur grand ouvrage sur les faunes dévoniennes de la contrée de Nassau.
A première vue, notre ancienne conviction sur l'identité de ces 2 formes serait partagée par pi-esque toiis les paléontologues. Mais, ceux d'entre eux qui voudront faire une étude minutieuse de ces fossiles, dont l'un caractérise notre bande f 2 et l'autre l'étage dévonien moyen, h Wilmar et dans l'Eifel, arriveront aux mêmes hésitations que nous.
Ces hésitations nous ont conduit à proposer le nom de proeenUua, pour la forme principale parmi celles de la Bohême, qui se rattachent au même type spécifique.
îdbytoOglC
98 Variations obBerréea parmi les
Nous disous, forme principale, parcequ'elle est accompagnée de quelques variétés, que nous définirons ci-après.
Nous avons fondé notre étude comparative, d'abord, sur les figures données par les DD. Saadberger, dans leur ouvrage classique, (Verstein. Nassau, PL 33), et ensuite sur quelques spécimens de Wilmar (Nassau), que noua devons à la bonté de ces savants.
I! serait trop long d'entrer ici dans les détails minutieux de ce parallèle, qui nous entraîne d'ailleurs à reconnaître une grande variabilité, entre les individus de chacune des deux localités. Mais, dans tous les cas, comme la forme de Konieprus peut être aisément distinguée de celle de Wilmar, soit par la conformation et la bifiircation de ses plis, soit par les ornements très bibles de son test, nous nous sommes décidé à lui donner le nom gui précède.
Nous prions le lecteur de bien remarquer, que ce nom n'est pas destiné -à établir un nouveau type spécifique, mais seulement à distinguer une variété, antérieure au type historique, nommé par Guido Sandberger Pent. acuto-lobatus.
Pour confirmer notre opinion au siijet de la non-identité absolue entre notre Pent. procerulus et Pent. acuto-lobatus Sandh., nous rappelons que M. le Prof. Ferd. Roemer, dans la Leth. Qeognost., 3*" édit., 1, p. 353, 1857, considère la forme de Bohême comme spécifiquement indépendante de celle de Wilmar (Nassau)'. Il réunit cette dernière à Pent. galeatas, à titre de variété, comme aussi plusieurs autres Pentamères de l'Eifel , distingués par des noms spécifiques, dans la Monographie des Brackiopodes dévoniens de l'Eifel par Schuur, 1853. Palaeontogr.
1871. M. le Doct. Em, Kayser adopte entièi'ement les vues du Prof. Ferd. Roemer, dans sa revue générale des Brachiopodes de l'Eifel. (Zeitschr. d. dcutseh, geol. Gesellsch. p. 537.)
Nous citons l'opinion de ces deux savants, mais nous sommes loin de penser, que toutes les formes qu'ils réunissent à Pent. galeatus, appartiennent à cette espèce. Nous ferons observer, que si Pent. acuto-lobattts Sandb. est réellement une variété de ^nt. galeatus, nous ne voyons pas pourquoi Pent. proeeralus ne seiiùt pas une autre variété du même type.
Dans tous les cas, nous croyons que nous sommes autorisé à considérer Pent. acuto-lobatus et Pent. procenUus comme suffisam-
Brachiopodes Bilnneng de 1b Bohême. 99
ment apparentés, pour être regardés comme 2 variétés successives d'oD même type spécifique.
Cela posé, nous appelons l'attention sur les Brachiopodes de notre bassiu, qui se rattachent à ce type. Mais, avant de passer en revue les variétés contemporaines de Pent. procerulus dans f 2, nous devons signaler ses connexions apparentes avec une petite forme analogue, qui appartient h notre bande e2.
Nous l'avons nommée Fentam. indpiens et nous avons figuré le seul exemplaire que nous possédons, sur notre PI. 119, case IV. Il est représenté, d'abord par 3 figures de grandeur naturelle et ensuite par 5 figures grossies.
Pour faciliter la comparaison, nous avons figuré sur la case V voisine, un individu de môme taille, choisi parmi ceux de Pent. procervlus, qui ont été trouvés en grand nombre à Konieprus. Enfin, nous avons reproduit sur la même case un autre individu de Pent. proeerulas, presque adulte et qui se rapproche par sa taille des figures grossies de Pent. inciptens.
En comparant les figures de ces deux cases, on ne peut pas s'empêcher de reconnaître une remarquable analogie dans la conformation des fossiles comparés. Cependant, il existe entre eux de notables différences:
1. Dans Pent. incipims^ le sinus de la valve dorsale est plus large, et au conti-aire la i-ainure entre les plis du bourrelet est moins profonde que dans le jeune de Pent. procerulus.
2. Dans Pent. incipiens, nous n'apercevons aucune trace de la bifurcation des plis ))rincipaux, qui caractérise Pent. procendus, dans les individus développés.
Mais, cette bifurcation n'existe pas non pins dans les jeunes de P. proeerulus. Ce fait est bien constaté par le spécimen Pi. 119, case V, et aussi sur 2 autres jeunes figurés sur notre PI. 21, fig. 16 et fig. 17.
On pourrait donc invoquer cette circonstance, pour supposer l'identité spécifique de ces 2 Pentamères, en considérant P. incipiens comme un jeune de P.proc^tiîus. Il resterait cependant la première différence, qne nous venons de signaler, dans la profondeur du sinus des formes comparées.
Dni.tizJt.CoOgk
100 Varifttioiis obserrëei parmi les
D'après le seul spécimen connu de P. incipiens, nous ne ponvons pas affirmer, que les adultes correapondaats, s'ils ont réellement existé dans la faune de e2, ont présenté dans leurs plis la bifurcation caractéristique dans les adultes de P. proeemlus, communs dans la bande f 3.
Jusqu'à ce que ce foit puisse être vérifié d'une manière satis&isante, nous devons donc rester dans le doute, au sujet de l'identité spécifique entre Pmt. incipiens de e 2 et PerU. proeemlus de f 2.
Par suite des recherches relatives à ce sujet, il peut se présenter 3 cas différents, dans l'avenir.
1. Si l'adulte de Pent. incipiens dans e2 offre des apparence très distinctes de celles de Pent. procerulus, il devra être considéré comme une espèce indépendante, malgré la remarquable analogie que nous venons de signaler entre les jeunes. De semblables relations entre les jeunes spécimens d'espèces différentes, sont déjà connues dans la science.
2. Si on trouve dans e2 des spécimens adultes de Pent. ineipiens avec des plis bifurques comme ceux de Pent. proeemlus et avec les autres apparences de ce Brachiopode, il sera établi que ces 2 formes, provisoirement distinguées aujourd'hui par des noms, appartiennent à une même espèce, qui s'est propagée de e 2 dans f 2. C'est un phénomène très ordinaire, puisque nous le constatons pour 56 espèces ou variétés de Brachiopodes, qui ont successivement existé dans ces deux bandes. Voir le tableau de distribution, qui va suivre, Chap. II.
3. Si, au contraire, on ne découvre dans e2 aucun adulte de Pent. incipiens, ou bien si ces adultes ressemblent k Pent. procenUus, sans montrer la bifurcation caractéristique des plis, on pourra les considérer comme représentant le type primitif de la même espèce. Mais il est clair, que cette interprétation sera un pea arbitraire.
Dans ce cas, Pent. procerulus de f 2 sera rattaché h un type antérieur, caractérisant e2, au même titre que les nombreuses variétés de notre bassin sont liées à leur type spécifique contemporain.
Comparons maintenant Pent. proeemlus de f 2, Konieprus, avec la forme dévonienne, Pent. acuto-lobatus de Wilmar et de l'Eifel, type historique.
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Brachiopodes silurieus de la Bobenre. : . . ligl
D'après la ressemblance signalée entre ces deux Brachiopodes, la forme dévonienne nous semble devoir être considérée comme une variété postérieure de la forme silurienne.
L'existence successive de ces variétés ou mutations nous paraît aussi admissible que la coexistence, qui a été déjà signalée par nous entre les formes contemporaines d'un même type spécifique. Katurellemeut, nous attribuons à une même cause ces deux phénomènes comparables, l'un suivant le sens vertical, l'autre suivant le sens horizontal.
Cette cause ne peut être, ni l'tnâuence des âges géologiques, ni celle des circonstances locales, ainsi que nous venons de le démontrer pour les variétés quelconques de iios espèces de Brachiopodes (p. 94).
Outre Pent. acuto-hhatus, le calcaire de l'Eifel renferme encore une autre espèce, qui se rattache évidemment an même type.
C'est celle qui a été décrite et figurée par Schnur, sous le nom de Pmt. formosus (Eifel, Brachtopod. p. 196, FI. 31, fig. 2, 1853).
Cette espèce se distingue par 3 plis sur le bourrelet et 2 dans le sinus. Elle ne saurait donc êlie confondue avec les précédentes. Bdais, il ne serait pas téméraire de la considérer comme une variété bien caractérisée de Pent. acubhlobatus. Ces 2 formes se trouvent, il est vrai, dans les calcaires à Stringocéphales de l'Eifel, qui constituent le dévonien moyen. Cependant, Pent. acttto-lobatus étant iodiqué comme provenant de Wilmar et Gerolstein par Sandberger, tandisque Pent. formosus a été trouvé à Prum par Schnur, nous ne pouvons pas affirmer, qu'ils soient absolument contemporains.
A cette occasion, nous répétons, qu'il est très concevable que des apparences de filiation se manifestent entre quelques autres Brachiopodes de notre faune troisième silurienne et certaines espèces appartenant aux faunes dévoniennes. Nous reviendrons sur ce sujet dans notre Chap. III. qui va suivre.
Enfin, nous ferons remarquer l'analogie frappante, qu'offrent Pent. procenUus et aeuto-îobatîts, avec Ortkis LamarM Fisch. sp. récemment figuré par M. le Prof. Trautschold, dans sa Monographie du calcaire carbonifère supérieur de Mjatschkowa — Nouv. Mém. de la Soc. Impér. des Natur. de Moscou XIII., p. 344, PI. 34, 1876).
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Mais il ne fout pas perdre de vue, qu'il ne s'agit ici, comme dans divers autres cas, que d'une ressemblance de la forme Extérieure, tandlsque la structure interne de Orth. Lamarki n'a rien de commun avec celle des Pentamères, que nous venons de comparer.
Variétés de Fent, proeervau», Barr. dans la bande f 2, en Bohème.
Nous distinguons 3 variétés contemporaines de Fent. proceruîus, dans les calcaires de notre bande f 2, entre Konieprus et Muienian.