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Forme irrégulière

Nous rapportons à Pentam. Sieberi une forme irrégulière, figurée PI. 142, case IV, et représentée par un seul spécimen, dans notre collection. Il est caractérisé par le développement inégal des deux côtés, par la faible épaisseur de la coquille et par la trace de quelques plis obsolètes, au droit du sinus et du bourrelet, qui sont à peine indiqués sur le bord frontal, presque rectiligne et tranchant.

Distribution verticale et horizontale de Pentamm. Sieheri et de ses variétés.

Tous les spécimens, que nous venons de mentionner comme représentant les formes typiques et les variétés de cette espèce, ont été trouvés dans les calcaires de notre bande f2, entre Konieprus et Mnienian.

Nous n'avons rencontré aucun représentant incontestable de cette espèce, dans les bandes inférieures e1—e2—f1. Cependant, nous avons figuré sur la PI. 119, case IT, une valve isolée qui pourrait lui être rapportée. Comme elle est en grande partie dépouillée du test, nous ne pouvons pas déterminer exactement sa nature spécifique. Ce fragment a été trouvé à Gross-Kuchel, sur l'horizon de e2.

Un autre fragment, également douteux et réduit aussi à une valve, à été recueilli aux environs de S‘ Ivan, sur l’horizon de la

même bande e2. Nous le figurons à côté de Pent. optatus sur la PI. 150, pour montrer leur différence.

Nous leur adjoignons une valve isolée de Pent. Sieberi, très bien caractérisée et trouvée vis-à-vis Srbsko, dans un calcaire qui présente tous les caractères de celui de Konieprus, mais dont la position stratigraphique est encore douteuse.

Brachiopodes siluriens de la Bohême. 59

Abstraction faite de ces documents, Pent. Sieberi appartiendrait exclusivement à l'horizon de f2, ainsi que les variétés que nous associons sous ce nom spécifique. Toutes ces formes ont été absolument contemporaines, dans une localité restreinte, aussi bien dans le sens horizontal, que dans le sens vertical.

Malgré la fréquence extraordinaire des individus, qui représentent la forme typique et la var. rectifrons, nous voyons disparaître soudainement et sans cause apparente, tout ce qui se rattache à ce type.

Pentamerus Sieberi nous fournit done un nouvel exemple de la coexistence de diverses variétés d’un type spécifique, apparaissant et disparaissant avec le type lui-même, sans laisser aucune postérité, qui puisse être rattachée, même idéalement, à la même espèce.

Il serait donc impossible d’attribuer soit à l'influence des âges, soit aux circonstances locales, les variations de forme, que nous avons distinguées.

La présence de Pent. Sicberi dans le Harz sera discutée ciaprès, Chap. IT.

%, Pentamerus optatus. Barr.

1847. Pentam. oplatus Barr. — Ueb. Brachiop. — Naturwiss. Abhandl. Haiïding. L., p. 115, PI. XXII.

Nous citons la description que nous avons donnée originairement pour cette espèce, mais nous ne la reproduisons pas, parcequ’elle aurait besoin d’être notablement modifiée. Nous réservons ces modifications pour notre texte descriptif.

Aujourd'hui, ainsi que nous l'avons indiqué ci-dessus, nous nous proposons seulement de mettre sous les yeux des savants les principales formes, qui se distinguent par quelque caractère particulier, parmi celles que nous croyons pouvoir associer à cette espèce, sous le titre habituel de variétés.

Ces variétés ne sont point fondées sur les contours de la forme extérieure, qui se maintiennent à peu près semblables dans tous les individus, sauf quelques légères variations dans les proportions des principales dimensions.

60 Variations observées parmi les

Les variations, que nous avons à signaler, dérivent des ornements principaux de la coquille, c. à d. des plis, qui existent sur la surface des valves ventrale et dorsale, mais presque uniquement sur le bourrelet et le sinus; très rarement sur les deux côtés. Leur nombre, leur étendue à partir du front vers les crochets et leur relief présentent de telles différences, qu’on serait tenté d'appliquer à ces fossiles divers noms spécifiques.

Bien que nos observations puissent s'étendre aux jeunes individus, nous les avons éliminés pour la plupart, parceque les apparences des adultes sont plus arrêtées et méritent plus de considération.

Nous avons déja constaté, dans notre description primitive (1847, p. 115), que la surface des fossiles est ornée de stries fines et concentriques. Mais, comme leur test est composé de plusieurs lamelles, partiellement et irrégulièrement exfoliées, dont quelquesunes présentent des stries longitudinales et d’autres des stries concentriques, nous ne pouvons fonder aucune distinction sur ces apparences diverses, incertaines.

Le bourrelet caractérise la valve ventrale, c. à d. la plus grande et la plus bombée. Son relief est très inégal dans les variétés observées. Il disparaît même presque complétement sur la surface de quelques-unes, comme dans les spécimens fig. 5 a et 9a, PI. 116. Dans d’autres, il est à peine indiqué, comme sur la fig. 7a de la même planche.

Les apparences du sinus sur la valve dorsale offrent les connexions ordinaires avec celles du bourrelet. L'absence ou la présence des plis se correspondent sur ces 2 parties de la coquille. Le nombre de ces plis est aussi dans un rapport constant, c. à d. habituellement plus élevé d’une unité sur la surface du bourrelet que sur celle du sinus.

À cette occasion, nous devons faire remarquer que, dans tous les cas où le bourrelet n’est pas effacé, mais se trouve limité d’une manière tres nette, nous comptons comme plis toutes les divisions saillantes de sa surface, y compris celles qui forment ses limites.

Nous ne désignerons pas par des noms particuliers chacune des formes figurées. Nous nous bornons à les indiquer par des numéros d'ordre, presque tous établis sur le nombre des plis.

Brachiopodes-siluriens de la Bohême. 61

Nous définissons ces formes comme il suit :

1. La surface du bourrelet est saillante jusque près du crochet. Elle est plane, comme celle du sinus correspondant, sans aucune apparence de plis. Des individus de la plus grande taille, PI. 22, fig. 5—6, nous montrent cette conformation. Elle contraste au plus haut degré avec celle du spécimen fig. 7 sur la même planche et de divers autres individus figurés sur la PI. 116, offrant des plis sur le bourrelet et dans le sinus.

Un individu semblable, sans plis et de grande taille, a été figuré par Schnur sous le nom de Pent. optatus Barr. dans sa description des Brachiopodes de PEiïfel. (Palaeontogr. IIT., 4* Laefer., p. 196, PI. 32, 1853.)

Divers spécimens se rattachent à cette conformation, quoique chacun d’eux présente une légère modification sur la surface du bourrelet ou du sinus. Ils pourraient être considérés comme des formes de transition. Nous citerons l'individu PI. 114, case VI, fig. 3 et les 3 exemplaires de notre PI. 116, fig. 6—7—8. Dans le dernier et dans le premier, on reconnaît la tendance à la formation de 2 plis limitant le bourrelet, avec un relief prononcé vers le bord frontal, mais beaucoup trop marqué sur les figures. Au contraire, on voit sur la fig. 7a, que cette tendance est indiquée, et moins prononcée.

Le spécimen PI. 114, case VI, fig. 2, appartient par son bourrelet à la même catégorie, mais la surface de son sinus présente un pli médian, rudimentaire.

Tous les individus, que nous venons de mentionner dans cette catégorie, se font remarquer par une grande taille. On ne peut donc pas les considérer comme en voie de croissance et de changement.

2. L'apparence de 2 plis se manifeste nettement dans les 2 spécimens, fig. 9—10 de la PI. 116. Cependant, malgré ce caractère commun, ils sont notablement contrastants. En effet, la fig. 10a du spécimen le plus développé, montre 2 plis très nets, qui s’étendent à partir du front jusque vers le milieu de la longueur, avec une distance moyenne de 10 mm. et un relief prononcé. Au contraire, le spécimen fig. 9a, de moindre taille, présente la base de 2 plis saillants, seulement dans le voisinage immédiat du front, et ils s’évanouissent complètement à la distance d'environ 5 mm. La rainure profonde qui les sépare, atteint à peine la largeur de 3 mm. Il n’y a aucune autre trace du bourrelet, sur la surface de la valve.

62 Variations observées parmi les

3. La combinaison à 3 plis sur le bourrelet apparaît principalement sur lindividu de grande taille, PI. 116, fig. 12a. Ces plis, régulièrement espacés, atteignent à peu près la moitié de la longueur de la valve ventrale.

Un autre individu PI. 116, fig. 13 a, pourrait être associé à cette catégorie, bien que notablement différent par l'apparence de ses plis, beaucoup plus larges et moins espacés que dans le spécimen précédent. Outre ces plis sur le bourrelet, on voit sur la fig. 13a un pli sur chacun des côtés.

Un troisième spécimen est figuré sur la PI. 117, case IV. La figure de grandeur naturelle est la plus exacte et montre l’irrégularité des plis, très inégaux en largeur.

4. Le bourrelet présente 4 plis réguliers, qui se prolongent sur plus des deux tiers de la longueur de la coquille. Ils sont séparés par des rainures peu profondes. Cette combinaison se montre sur le spécimen PI 116, fig. 14a.

Ce fossile a été trouvé dans la bande e2, à Hinter Kopanina. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce sujet.

o. Cinq plis réguliers et très prononcés se montrent sur le bourrelet de l'individu PI. 22, fig. 7 et sur celui de la PI. 116, fig. 15 a. Ils s'étendent sur plus de la moitié de la longueur de la coquille.

6. Six plis réguliers dans leur direction, mais inégaux dans leur épaisseur, se partagent la surface du bourrelet, sur plus de la moitié de la longueur de la valve ventrale, PI. 116, fig. 16 a.

7. Une série de petits plis festonne le bord frontal dans les 2 spécimens, PI. 114, case VI, fig. 1 et PI. 116, fig. 5. Dans lun et dans l’autre, il n'existe aucune trace de sinus, ni de bourrelet, si ce n’est contre le front.

Nous faisons abstraction du spécimen dont l’ornementation est représentée sur la valve dorsale, fig. 11, PI. 116. On voit l'irrégularité des plis dans leur largeur. Le pli médian s’étend à partir du crochet jusqu’au bord frontal et il est bifurqué sur la moitié de sa longueur. Les côtés de la coquille offrent chacun 2 plis inégalement marqués. Nous ne pouvons pas observer la valve opposée, qui est détériorée.

En somme, nous distinguons au moins 7 combinaisons, plus ou moins contrastantes entre elles, dans les apparences des plis du bourrelet, sur la surface de nos spécimens de Pent. optatus.

Brachiopodes siluriens de la Bohême. 63

Distribution verticale et horizontale des spécimens connus de Pentam. oplatus. Barr.

A l'exception de 4 spécimens que nous allons mentionner, tous ceux qui sont figurés sur nos diverses planches ont été recueillis dans les calcaires qui s'étendent entre Konieprus et Mnienian et qui constituent notre bande f2. Comme ils se trouvent mêlés les uns avec les autres, dans les mêmes couches, nous devons admettre, qu'ils ont été absolument contemporains.

Les 4 spécimens exceptionnels appartiennent à notre bande e2, Savoir :

PI. 116, fig. 14, provient de Hinter-Kopanina.

PI. 116: fab à » St. Ivan.

PI. 117, case IV, pe » Kozoïz.

PI. 118, case IV, à » Slivenetz.

On voit que ces individus sont disséminés dans diverses localités. Ils sont rares dans toutes et ils contrastent ainsi avec la fréquence des individus de certaines variétés, près de Konieprus.

Remarquons que, parmi ces 4 spécimens de la bande e2, il y en à 2 de taille différente, qui présentent également 4 plis sur leur bourrelet, savoir :

PL. 116, fig. 14. | PT 118, case IV.

Au contraire, par oubli, nous n’avons figuré aucun individu bien développé, montrant 4 plis réguliers sur le bourrelet, parmi ceux des environs de Konieprus, f2. Pour éviter toute fausse interprétation de cet incident, nous figurons tardivement, sur notre PI. 150, un individu d'assez grande taille, très bien conservé et montrant les 4 plis en question. Il provient de la localité oubliée. Nous en possédons divers autres semblables trouvés à Konieprus. Nous croyons inutile de les faire représenter.

D’après ces documens, la distribution verticale de Pentam. optatus est d’une grande simplicité.

Cette espèce apparaît soudainement, et sporadiquement, durant le dépôt de notre bande calcaire e 2.

Elle disparaît temporairement dans notre bande calcaire f1, dont la puissance représente une lacune apparente en Bohême, durant

64 Variations observées parmi les

l'existence de ce Brachiopode. Cette lacune ne peut pas avoir été

de longue durée, à cause de la faible puissance de f1, réduite habituellement au-dessous de 20 mètres.

Pendant le dépôt de la bande f2, Pentam. optatus reparaît sous des formes très variées, dont nous venons d'indiquer ci-dessus les caractères distinctifs et contrastants.

Avant la fin du dépôt de f2, et sans aucune cause apparente, toutes les formes quelconques que nous venons de décrire sommairement, Comme en Connexion réciproque, disparaissent de notre bassin. Aucune ne reparaît dans les dépôts supérieurs à f2.

D’après ces circonstances, le type, c. à d. la forme originale de cette espèce en Bohême, doit être cherché parmi les spécimens de la bande e2. Nous venons de constater, qu'ils proviennent de 4 localités et ne sont représentés que par 4 individus. Or, parmi ces 4 spécimens, il y en à 2 qui appartiement à la forme Nr. 4, définie ci-dessus p. 62 et principalement caractérisée par la division de son bourrelet en 4 plis. Le troisième spécimen offre seulement 3 plis irrégulièrement espacés, PI 117, case IV. Le quatrième spécimen de e2, PI. 116, fig. 11, est incomplètement conservé. Nous men voyons que la valve dorsale, offrant des ornements irréguliers.

Ces documents nous induiraient donc à considérer comme forme primitive de l'espèce qui nous occupe, celle dont le bourrelet est divisé régulièrement en 4 plis, abstraction faite de la combinaison de 3 plis irréguliers. Cette forme primitive se serait propagée par une voie jusqu'ici inconnue, à partir de notre bande e2 jusque dans notre bande f2; tandisque la bande intermédiaire f1 présente une lacune.

En partant du type primitif supposé, c. à d. de la forme à 4 plis sur le bourrelet, qui a existé d’abord dans e2 et ensuite dans f2, toutes les autres formes associées, qui ont coexisté dans f2, peuvent être rangées en 2 séries opposées par la tendance de leurs variations.

L'une de ces séries montre la tendance vers l'augmentation du nombre des plis. Elle se compose des formes suivantes :

No PL A6 te 15 F2 hot

Nr. 6. PI. 116, fig. 16 — 6 plis au bourrelet.

| 5 plis au bourrelet.

Nr. 7 PI. 114, case VI, fig. 1 | série de petits plis au front.

| PI 116, fig. 5 bourrelet nul ou rudimentaire.

La série opposée se distingue, au contraire, par la tendance

à la diminution du nombre des plis jusqu’à leur entière disparition, SaVOIr :

fig. 12 | 3 plis au bourrelet.

fig. 13 J fig.

fig.

Nr 1 PI. 22, fig. 5—6 on de plis.

| PI 116, fig. 6—7—8 J présence du bourrelet.

Neon EEE TG:

Dee PI. 116, À 5 | 2 plis au bourrelet.

Nous avons fait remarquer ci-dessus que, dans les fig. 6 et 8, PI. 116, les plis latéraux limitant le bourrelet sont beaucoup trop prononcés.

Nous nous abstenons de toute interprétation de la cause, qui a produit de si nombreuses variations dans Pent. optatus. Nous appelons seulement encore une fois l'attention sur ce fait, que ces variations sont représentées simultanément par des individus absolument contemporains et vivant ensemble dans un espace très restreint. Elles ont donc été indépendantes de l'influence des âges géologiques et des circonstances locales.

Ce n’est pas seulement en Bohême, que les Pentamères se distinguent par la variabilité de leurs apparences.

Nous rappelons que, dans sa Monographie des Brachiopodes siluriens d'Angleterre, M. Davidson fait ressortir les nombreuses variations de forme, qu'on observe parmi les spécimens de Pentam. galeatus. Il en figure une série, provenant du calcaire et des schistes de Dudley, PI. 15, p. 145.

M. le Prof. F. Roemer, prenant pour type Pent. galeatus de l'Eifel, lui associe un grand nombre d’autres formes, qu'il considère comme des variétés, y compris Pent. acuto-lobatus Sandb. Il nous semble, que cette dernière association et quelques autres ne sont pas suffisamment justifiées. (Leth. Geognost. 3°"° Edit. I, p. 352, 1857.)

66 Variations observées parmi les

S. Pentamerus Zetinensis. Barr.

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