‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 102 sur 291 · T. VI, p · texte numérisé non relu

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salle basse du Louvre, et devant toute la cour, prêcher un singulier sermon. L'évêque de Nevers, Armand Sorbin de Sainte-Foi, prédicateur du roi, y proclama hardiment qu'il aimerait cent fois mieux être Turc qu'hérétique ou huguenot, c J'en vis, dit-il, la plus grand'part de l'assemblée fort escandalisée de ce mot ; et M. d'Estrozze, M. de Gombaut et moy estions ensemble, qui autrement, pour estre jeunes, nous nous soucions autant du Turc comme de l'huguenot, en demeurasmes estonnez, et de plus savants que nous 4 . > L'insouciance dont il faisait alors parade, l'a-t-il conservée bien longtemps? Je ne le crois pas, car il est hors de doute que le futur gendre de l'amiral, Théligny, « son grand ami et frère d'alliance 2 , * sut prendre sur lui par ses vertus un tel ascendant qu'il parvint, au moins pour un temps, à l'amener au protestantisme. Cette circonstance, à laquelle il ne fait allusion nulle part ailleurs, nous est révélée de la façon la plus claire par un sonnet, — et c'est un de ses meilleurs, — qu'il lui adressa dans sa ferveur de converti :

Théligny, qui de Dieu as eu la cognoissance Et qui du Saint-Esprit sainctement es touché, Et moy qui de ce joug estois esfarouché, Sinon quand d'un bon œil tu pleuras mon offence,

Ast'eure que je sens de mon Dieu la sentence, Par ton divin savoir sainctement embouché, Je suis hors du fangeard 3 où je m 'estois couché, Pour adorer mon Dieu d'une autre révérance.

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