Brau de Saint-Pol Lias chez les Atchés
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chez les Atchés
Par
Gabriel Çravier
Président honoraire et Secrétaire général de la Société normande de Géographie, etc., etc.
Rouen
Imprimerie de Espérance Cagnïard
Rues J.:annc-Darc, 88, et Jcs Basnagc, 5
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Brau de Saint~Pol Lias cbcx^ les Atchés '
Brau de Saînt-Pol Lias a particu- < librement à cœur la colonisation,
ù et il en parle en économiste et en
voyageur. Il rappelle ce que nous ™ avons fait comme colonisateurs, ce
^ qu'il a vu faire aux Hollandais et aux Anglais qui j. tirent des colonies leur puissance et leur prestige. Il rappelle nos héros et nos martyrs de ces dernières années, et cette liste, d'une grande éloquence, dégage un parfum patriotique qui pousse
I Brau de Saint-Pol Lias, Ile de Sumatra - Atchés — Lohong; Paris, Pion, 1884, io-11 avc< tioM et cartes.
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plus loin, toujours plus loin nos vaillants pionniers.
Il va sans dire que M. de Saînt-Pol Lias est pour l'occupation du Tongkin. Il voudrait voir ouvrir à la France cette grande route commerciale de l'Empire du Milieu et il ne fait pas plus de cas des Chinois que de leur nomade ambassadeur.
11 a aussi son avis sur la création d'une armée coloaîale, et cet avis parait excellent : ce qu'il propose a du moins l'avantage d'avoir été expérimenté avec succès par l'Angleterre, la Hollande et la France.
« Nous devons avoir v, dit-il, ■ des régiments B d'Arabes, de noirs, de Tongkinois, d'Anna- » mîtes, avec des officiers et des sous-ofHciers euro- ■ péens ou créoles, pour notre service colonial, une > armée coloniale d'indigènes, dépaysés le plus B souvent : les Arabes au Tongkin, les Tongkinois
>> au Sénégal On sera sûr de leur fidélité
» quand ils agiront contre des peuples d'une autre » race ».
M. de Saint- Fol Lias a raison d'insister, avec une louable énergie, pour l'expansion de notre puissance coloniale.
Il est évident que notre commerce et notre industrie manquent de débouchés, que nous avons une
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fourmilière de déclassés, de jeunes gens qui ne trouvent pas remploi de leurs forces, que la population française est en décroissance; il est évidentque la fondation de colonies remédierait en grande partie à ces maux.
C'est dans ce butqueM. Brau deSaint-Pol Lias a déjà fait un voyage à Tile de Sumatra et à la presqu'île lie Malacca.
C'est dans le même but qu'il se transporte de nouveau dans la grande île de Sumatra et qu'il s'y rendra encore très prochainement.
Nousie trouvonsà Kotta-Radjah, la Ville-Royale, capitale d'Alché, à la pointe nord de Sumatra.
II décrit cette ville sous ses divers aspects et nous en montre la population hollandaise et indigène.
Quand nous comparons cette ville à ce qu'elle était en 1616, au moment où Augustin Beaulieu, de Rouen, s'y rendit pour trafiquer, nous y trouvons de bien grands changements. Cependant, sous les tableaux de M. de Saînt-Pol Lias, nous retrouvons sans peine ceux de notre vieux rouennais. La population indigène a peu changé, toutes les paillottes n'ont pas disparu, et le Kraton, ou palais fortifié des anciens sultans, est encore là avec ses souvenirs et ses tombeaux des anciens souverains d'Atché.
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Mais Kotia-Radjah n'est pas le but du voyage de M. de Saiat-Pol Lias. Il veut revoir, étudiera fond le Kroung Lohong, et déjà son ami le Toukou (monseigneur) Lohong Kedjourouan a donné rassurunce au gouvernement hollandais qu'il y serait en toute sécurité.
Toukou Lohong devait venir attendre à Oulëlé son ami Touan (le seigneur) Brau de Saint-Pol Lias, mais au dernier moment, il lui fait savoir que son prahou ne peut remonter que jusqu'à Kroung-Raba.
Quand le gouverneur hollandais apprend cela, il écrit à notre voyageur que Kroung-Raba est très dangereux en ce moment; qu'il vient de recevoir ra.vis que Toukou Oumour, chef de bandits, y arrive avec sa bande; qu'il court risque de se faire enlever avec son bagage; que mieux vaudrait ne pas partir.
C'est une opinion que Saint-Pol Lias ne partage pas, et pour de bonnes raisons.
II est vrai que cette partie de la côte occidentale de Sumatra a été, jusqu'à ces derniers temps, fréquentée par de hardis pirates, mais il connaît trop Toukou Lohong et son peuple pour douter un seul instant de la sécurité du pays.
11 prend donc le chemin de fer jusqu'il Oulélé
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d'ob il se met en route avec des porteurs et des ofHciers hollandais.
11 rencontre Toukou Lohong au katnpong d'Anak-Paya et ils partent ensemble, sans escorte, pour le Kroung'Raba.
Arrivés à ce point, l'eau est trop basse pour partir et l'on ne sait dans combien d'heures le prahou pourra sortir de la rivière. Retournons au kampong, dit Toukou Lohong ; restons ici, répond Touan Saint-Pol Lias. Et l'on reste, car, pour tout au monde, Toukou ne voudrait pas contrarier Touan.
Voilà donc M. de Saint-Pol Lias absolument seul au milieu des Atchés, de ces hommes de si mauvaise réputation, dans une contrée que l'on dit au pouvoir d'une troupe de bandits. Cela ne l'empiche pas de dormir très tranquillement, sur le sable tin de la plage, côte à côte avec Toukou Lohong qui lui inspire toute confiance. Le lendemain en s'éveitlant, il reconnaît que tout le monde dort encore consciencieusement et que personne n'a veillé, U n'y a donc rien à craindre et les patrouilles hollandaises, qui se fatiguent à parcourir le pays, perdent leurs peines.
Une autre surprise est réservée à notre voya-
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ffcur, le soir même, à Lepong, oti le Toukou est retenu par un/>e/-Ariir(i [affaire, procès).
Quand Toukou parle de s'arrêter à Lohong, Saint-Pol Lias jette les hauts cris, mais Toukou soupire d'un air tellement navré : Bagnak soussal (que c'est dur! que c'est difficile!) que notre voyageur reconnaît à part lui qu'il ne peut, sans abuser, empêcher Toukou de faire ses affaires. Il lui offre donc aussitôt une base de transaction. « Si i> nous touchons à Lepong, nous en repartirons D au moins aujourd'hui même? — Certainement, » répond Toukou i.
On part enfin de Kroung-Raba. Toukou commande la manœuvre, en homme qui s'y connaît, et tient le gouvernail. Panglima Maïman, étendu sur le dos, chante pour appeler le vent. « Panglima i, dit Toukou, tes chants sont trop vieux; chante autre chose, cela ou cela >. Hëlas! malgré les louables effons de Panglîma et les encouragements de Toukou, le vent et ses enfants les zéphirs restent sourds, occupés d'autres soins, sans doute, et il faut se résoudre à jouer des rames.
A Lepong, Toukou Abbas, le Grand Panglima, propose au Touan Saint-Pol Lias une visite au kampong des anciens ministres de l'ancien sultan d'Atché. C'est là que notre voyageur aura la seconde
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surprise dont nous avons parlé ; mais il faut ici lui laisser la parole.
n Nous nous asseyons sous la vérandah, sur un u grand tapis de moquette étendu sut les nattes. Il Les maîtres de la maison se font attendre un » moment, comme il convient à des personnages. — a Toukou Abbas se lève avec empressement à leur n arrivée, et ils se précipitent en se tendant les u deux mains qu'ils portent à leuY frdnt de part et T d'autre, s'offrani réciproquement, avec des for- B mes empressées très gracieuses, la place d'hon- * neur sur le tapis. Mais nos deux hôtes ont forcé B l'Istia Oulama (autre nom du Grand Pangv lima) à accepter cette place en l'asseyant au milieu » d'eux . . .
ï Je remarque avec intérêt le Grand Panglima X que je n'avais guère vu encore avec ses pairs. 11 » m'apparait ici en homme du monde, avec une B distinction que je trouve très réelle. — Ces gens » qui vont pieds nus et qui s'asseyent par terre,
> ont dans leurs mouvements, dans leurs façons,
> quelquechosedeplus souple, de plus fin, de plus » gracieux que les Européens...
« 11 nous faut de grandes machines, des sièges, » des tables sur pieds élevés.. . Nous vivons debout.
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B roides, — actifs par exemple, nous n'avons pas le B temps de nous courber : cela vaut mieux peut- > être; — maïs nous ne devons pas paraître gra- » cîeux aux Orientaux! Nous devons même, n'en ■ déplaise à notre amour-propre européen, faire B l'effet d'être rudes et grossiers à plus d'un peuple » que nous gratifions lestement du titre de saun vage et qui ne s'incline que devant la supériorité » de notre force matérielle, en gardant pour nous, B au fond, un sentiment qui ressemble fort à du " dédain >.
A Paroh, nouvel arrêt de trois jours pour l'élection de chefs, temps qui ne sera pas perdu pour l'étude.
Brau reçoit pour logement une vérandah, et cette vérandah est divisée en deux parties pour lui faire une chambre à coucher et une anti chambre pour ses boys (domestiques) et le Panglima de Klouang que Toukou lui a donné comme garde du corps.
Le lendemain matin, il prend un bon bain et revient chez lui, traversant tout le kampong, chaussé de babouches chinoises, couvert d'un grand peignoir blanc et coiffé d'un casque. Les femmes le regardent discrètement, à la dérobée, les enfants curieusement, mais personne ne trouve
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étrange son costume, personne ne ^nge à lui dire un mot. D'ailleurs l'usage du pays est de se vêtir décemment et aussi légèrement que possible. On ne comprend pas que l'on porte une jaquette sur sa chemise, un pantalon sur son caleçon : on juge qu'avec cela on peut convenablement vêtir deux personnes.
Après déjeuner, Touan Saint-Fol Lias va sur la plage et choisit pour demeure, sans consulter personne, tout appartenant à Toukou, une jolie petite case.
Toukou Lohong craint qu'il ne soit contrariée: fait son possible pour lui être agréable. 11 en sera d'ailleurs ainsi pendant tout son séjour dans le Lohong.
Les hommes viennent chez lui sans façon et le regardent écrire pendant des heures; les femmes viendront aussi, plus tard, une fois seulement, ce qui ne veut pas dire que leurcuriosité sera satisfaite. Tous les joursd'ailleurs, elles lui préparerontdu riz et d'excellents gâteaux. Si Vadat (la tradition) l'avait permis, elles seraient certainement venues, comme les hommes, s'asseoir sur sa natte,
M. de Saint-Pol Lias fut d'ailleurs extrêmement réservé. A Ketapang, il était logé dans la maison des femmes. Une porte que ses boys et ses visi-
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teun franchissaient à tout instant, le séparait d'elles, et i[ ne la franchit qu'une seule fois, quand Toukou le prit par la main pour le présenter à ses femmes en visite d'adieu. Sa conduite est d'autant plus méritoire que tout le jour il entendait rire et causer ces femmes, dont l'une surtout était très jolie.
Le lendemain de l'arrivée à Paroh eut lieu la féie, fête très originale qui occupe un bon moment la plume du voyageur. Le festin qui suivit, donna au Touan Saint-Pol Lias une haute idée des moeurs atchéennes. Grands et petits ont les uns pour les autres uneeitréme déférence; leurs formes de politesse sont excessivement gracieuses, sans prétention, leur élocuiion est facile, leur tenue trésdigne.
Les marques de vénération qu'ils donnent à leurs chefs ne les empêchent pas de les juger avec une très grande liberté.
Que pensez-vous du grand Pangtima? demande Saint-Pol Lias à l'un d'eux: — ■ C'est un imbé- ■ cile. » — « Mais c'est un excellent homme? » — <t Oh! oui, très bon, mais ses discours sont idiots. )> Toukou Lohong, lui, est fon et a de l'esprit ».
Ils arrivent enfin à Ketapang, ob est le bèntêng de Toukou Lohong.
Dès le lendemain, dans une réunion, Brau de Saint-Pol Lias expose le butde son voyage. « J'en-
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■ tends t, dit-il, <i faire commerce d'amitié avec . » les Orangs-Atchés, ou ne pas venir chez eux >. Toute l'assistance lui exprime le désir de le voir s'éublir dans le pays.
Reste à voir s'il trouvera, autour de Ketapang, des terres inoccupées pouvant convenir à des planutions.
Il commence aussitôt la topographie du pays, travail long et d'autant plus difficile que ses aides manquent absolument d'habileté, que Tespace à lever est coupé de rivières et semé de rochers. Tout en faisant ce travail, il écrit sur les Atchés de curieuses pages. Tous, Toukou Lohong le premier, compreunent qu'un grand établissement européen donnerait au pays le bien-être et hâterait l'épanouîssement de la civilisation.
■ Touan examine des terres dans le pays? s dit un vieux chef, ■ oh ! tous les hommes du pays en H sont très contents. Nous aimons bien que vous » veniez vousétablirchez nous ». — * Touan >, dit un autre, •> il faut rester à Lohong : tout le monde B en sera très content et voudra faire des planta- » tioos avec Touan ». — « Votre établissement », dit ToukouLohong, « est ce qui convient le mieux » au pays pour le n
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Il est clair qu^actudlement des planteurs hollandais seraient mal accueillis parce que la conquête est encore trop récente, et que ces peuples, fiers et belliqueux, gardent rancune à leurs vainqueurs; les Français, au contraire, sont désirés, parce que c'est les palmes à la main qu'ils présentent la civilisation européenne. 11 est non moins clair que des établissements français serviraient efficacement les intérêts hollandais et atchéens. Quant à savoir s'il serait avantageux à la France d'établir des relations commerciales avec cette côte ouest d'Atché, l'une des plus riches du monde, il n'y a pas de doute possible.
Une autre question, fort grave, restait à résoudre : la possibilité de faire des plantations fructueuses. M. Brau de Saint-Pol Lias s'est d'abord renseigné de visu, puis il a consulté un chef d'exploitation, homme très compétent, qui lui a donné des détails complets sur la préparation du terrain et la plantation du caféier, sur le nombre d'arbres qu'un homme peut planter et cuhiver, sur les avances à faire et les redevances payées.
Ces renseignements concordent bien avec ceux qu'il a déjà recueillis et ne laissent aucun doute sur la réussiie d'une grande exploitation dans le Lobong, aussi dit-il avec conviction : « Ça été la
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» pensée de toute ma vie de poursuivre une œuvre
n qui ne cause de préjudice à personne, et qui
» puisse servir les intérêts de mon pays, dans une
» voie de progrés humain. Cet idéal n'est peut-être
» pas si difficile à réaliser, quand on est disposé à
B en chercher l'objet dans les pays réputés les
» plus malsains et les plus ssuvageSj — et qui,
» souvent, ne sont pas plus dangereux que nos
> pays d'Europe ».
Saint-Pol Lias demande à Toukou Lohong des renseignements sur la police et l'administration. Ces renseignements se réduisent à ceci : le gouvernement d'Atché ressemble à celui de Charlemagne et les lois tiennent beaucoup de celles réunies dans les Capitulaires. Il y a une différence notable qui porte sur les personnes et le caractère des peuples. Tandis que le vieil empereur est détesté, à juste titre, de la plus grande partie de ses sujets, Toukou Lohong inspire aux siens une confiance sans limite et une profonde vénération. Un Radjah, quel que soit son âge, inspire toujours, sinon la confiance, au moins la vénération. Brau de Saint-Pol Lias a vu des vieillards faire sumba et baiser respectueusement la main ou embrasser les genoux d'un enfant de huit à dix ans.
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Les Atchés attribuent à leurs Radjah les venus miraculeuses que nos pères attribuaient aux anciens rois de France. Un malade croit fermement qu'il sera guëri si le Radjah daigne cracher sur son mal.
Le dimanche, 26 décembre 1880, M. Brau se propose de parler au Toukou du contrat de concession. 11 obtient ce qu'il veut : un terrain d^un kilomètre de côté.
Ils dressent aussitôt la carte de la concession et Toukou en écrit lui-même le contrat, sur ses genoux, avec sa plume de bois, sous la réserve, deux fois mentionnée, de l'approbation du gou< vernement hollandais. Cet acte est revêtu du tchap du Radjah et peu à peu de celui de tous les chefs et imams.
Brau s'est engagé, auprès du gouvernement hollandais, à se faire accepter par la population de Lohong Cl il a complètement réussi. 11 a en main la preuve non-seulement qu'il est accepté mais qu'il est vivement désiré.
Au milieu de ses travaux topographiques et diplomatiques, il trouve le temps de faire de curieuses observations et de spirituelles remarques. Après ravoir lu, on reconnaît qu'il peut dire, en toute vérité : « Je le connais aujourd'hui, ce
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t) pays de Lohong, comme mon pays natal, mes » belles Pyrénées — qu'il me rappelle d'ailleurs, M je l'ai déjà dît, par plus d'un point d'analogjif , B avec ses hautes cimes et ses torrents aiix eaux de » cristal, ses grands rochers fioirs et sa riante végé- « tation, ses vertes vallées et ses sites si pitton resques. *
Et la population, de ce pays, si admirablement' situé, semble faite exprès pour nous servir ; • bon- » nés gens, pas trop intelligents >>, si neufs qu'on les croirait d'une autre planète, sans relations aucunes avec les autres pays du monde.
Le Radjah, esprit très ouvert, qui grandit chaque jour dans t'estime et l'affection de son hôte, comprend la position et se rend compte des besoins de «on pays. « Il est avide de connaître notre civili- B sation : il sait qu'elle peut luî révéler bien des » choses, que nous pouvons lui amener d'Europe » un progrès dont son pays profitera, et il se montre » vraiment reconnaissant de mon projet de m'éta- » blîr ici, et il n"est rien qu'il ne soit disposé à faire ■ pour m'y aider u.
Le 9 janvier 1881, Brau deSaînt-Pol Lias part avec Toukou Lohong pour Kotta-Radja et le 26 il se met en route pour la France.
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M. Brau de Saint-Pol Lias se propose aujourd'hui de retourner à Lohong pourmettre en exploitaiîon sa concession.
Par cette courageuse tentative, qui est digne de réussir et qui, je l'espère, réussira, il aura iait œuvre de géographe et it aura retidu service à son pays, en ouvrant à son industrie, à sa jeunesse de nouveaux horizons. Outre cela, il n'est pas inu- ■ tile au prestige de la France de posséder de grands établissements sur cette côte de Sumatra où, en 1 53o, nos marins de Dieppe, sous la conduite du capitainepoète Jean Parmemier, faisaient tlolter le pavillon français.
Rouen. - Iinp, K. atM.nn, n.= JearneDirc, 88.
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