LETTRE CCLXXV
« 30 décembre 1843.
« Mon cher Maître,
« Je clos l’année par une trachéotomie guérie.
« Depuis janvier- 1842, voici onze égorgements et trois guérisons. Le plus curieux est que ce sont trois filles , et dans mes premiers relevés c’étaient les garçons qui survivaient et les filles qui mouraient. O compteurs , compteurs ! cela fait treize trachéotomies, cent vingt-trois pour le croup, trente enfants guéris; dix pour des maladies chroniques du larynx, un guéri et vivant, deux morts peu après l’opération ou pendant l’opération, sept ayant vécu de cinq à treize mois et succombant au progrès du mal pour lequel ils avaient été opérés.
« Ils ont avalé le morceau , qui leur a paru dur. Maintenant ils s’en aident avec une ardeur que j’admire et que pourtant je n’essaierai pas d’imiter. Il se coupe maintenant trois ou quatre cous par mois, et je suis peu occupé aujourd’hui. Il n’est médecin, pour peu que la main lui démange , qui ne trachéotomise à la première tdux croupale, ou tout au moins qui ne le propose. Il s’est fait, à l’endroit de la trachéotomie , ce qui s’est fait pour le fer il y a quinze ans.
« En revenant d’auprès de vous, je me mêlais de traiter la chlorose, que l’on physiologisait ; c’était une bénédic-