‹ Bretonneau et ses correspondants, ouvrage comprenant la correspondance de Trousseau et de Velpeau avec BretonneauChapitre 73 sur 94 · LETTRE CCXCIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXCIV

DU MÊME

« 13 août 1847.

« Cher ami,

« Serre vous a fait dire à l’Académie une chose qu’il n’avait pas comprise, je l’ai deviné en lisant le compte

* D’Aligre était un des descendants du chancelier d’Aligre (1624) et fils du premier président du Parlement de Paris en 1768. Il fut pair de France sous la Restauration. — T.

BÉRANGER A BRETONNEAU

rendu1. De cas exceptionnels il a voulu faire une règle absolue. Je ne l’ai vu et entendu qu’une fois : il m’a fait l’effet d’un sot , qui peut avoir quelque science , mais qui n’en doit pas faire souvent bon usage. On assure qu’il a dérobé au vieux docteur Petit le livre sur la typhoïde, auquel il a mis son nom, est-ce vrai? Étiez- vous en rapport avec Petit? La publication de l’ouvrage est, selon Serre, de 1814; vos travaux sur ce sujet ont donc précédé cette date; vous savez que j’aime à savoir tout ce qui vous concerne2.

« Je supporte très bien cet été. J’ai eu peur de la fièvre des moissonneurs; deux ou trois fois je me suis senti de la répugnance à avaler : une petite tasse de chicorée sauvage le matin et un peu d’eau de seltz à dîner ont dissipé mes craintes. Judith se porte aussi très bien.

<( A vous de cœur.

« P.-S. Demain j’accomplis mes soixante-sept ans.

1 Serre, né à Clairal (Lot-et-Garonne) en 1780, mort en 1868.

Médecin de la Pitié (1822), membre de l’Académie des sciences où il

remplaça Chaussier (1823), membre de l’Académie de. médecine, professeur au Muséum.

On lui doit d’importants travaux sur les lois de l’Organisation animale, sur l’anatomie comparée du cerveau, sur les maladies du système cérébro-spinal.

En 1813, il avait fait paraître avec Petit ce célèbre Traité de la fièvre entéro-mésentérique dont il est fréquemment question dans cet ouvrage. — T.

2 L’ouvrage de Petit et Serre est de 1813 : Traité de la fièvre entéromésentérique observée , reconnue et signalée publiquement à l’Hôtel- Dieu de Paris dans les années 1811, 1812, 1813, par M. A. Petit, et composée en partie par E.-A.-R. Serre. — Paris, 1815.

On sait qu’en dehors de la notice de Trousseau en 1820 sur la Dothiénenthérie et de la lecture de Bretonneau en juillet 1827 sur la contagion de cette affection , il n’existe sur cette question aucun travail imprimé du médecin de Tours. Mais nous savons aussi par Velpeau que, dès 1812, Bretonneau était fixé sur la doctrine de l’essentialité des fièvres, qu’il avait entrevu leur unicité et que ses recherches sur cette question ont été indépendantes de celles de Petit et de Serre. — T.

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