‹ Brind'amour operetteChapitre 13 sur 17 · NICETTE, RÉMY · texte numérisé non relu

NICETTE, RÉMY

RÉMY

Dites donc, Nicette, vous ne savez pas ?

NICETTE

Quoi ?

RÉMY

Il nous arrive un événement bien fameux pour moi et pour vous... Nous allons avoir une dot superbe... une dot de roi... deux cents t’écus?

NICETTE

Vraiment ?

RÉMY

C'est comme je vous dis. J’ai trouvé tout à l’heure au Canard Amoureux quelques officiers des ennemis au tambour. Comme je leur ai conté qu’il était ici , ils m’ont dit que les gardesfrançaises devaient partir aujourd’hui, et que si nous pouvions savoir par le tapin en question le chemin qu’ils prendriont, eux autres pourriont préparer une petite emmuscade. Tout ce que j’ai à faire, c’est de leur y donner le renseignement,

NICETTE

Oh! ce serait affreux!

Comment, affreux! deux cents t’écus! un fameux sac!... je les refuserais?... Oh! que non pas ? C’est-à-dire que je vas

BRIN-D’AMOOR.

tout de suite aller à la rencontre du garde-française, pour lui

80Utirer la ChOSe. (il monte h scène.)

NICETTE

Attendez ! (A part, comme saisie d'une idée.) Oui, c’est le Seul

moyen d’empêcher une pareille trahison ! (nanti Rémy.) Voyons, réfléchissez encore.

RÉMY

C’est tout réfléchi : deux cents t’écus !

NICETTE, feignant de se laisser convaincre.

Je ne dis pas !... c’est un beau denier.

RÉMY

Ça vaut du bien au soleil, (a pan.) Elle y viendra. .. On est fin ou on ne l’est pas.

NICETTE

Après tout, nous ne sommes d’aucun parti dans cette guerre. . .

Absolument d’aucun.

NICETTE

Et pour une petite trahison

RÉMY

Oh! mon Dieu, une toute petite trahison de rien du tout.

NICETTE

Nous serions heureux !

RÉMY

Comme des coqs sans pattes!

NICETTE

Comment ?

RÉMY

Comme des coqs sans pattes... je n’en ai jamais vu, mais c’est un mot qui se dit... Je vas ben vite trouver le tapin.

NICETTE, l'arrêtant.

Vous ne réussirez pas?

RÉMY

Tiens, pourquoi donc?

NICETTE

Parce qu’avec vous, ben sûr que M. Brin-d’Amour se défiera Vous avez l’air fin naturellement...

RÉMY

Ça, c’est vrai.

Et puis, il sait que vous êtes allé à l’auberge où sont les officiers ennemis...

20 BftIN-D’AMOUR.

RÉMY

C’est encore vrai.

NICETTE

Au lieu qu’il n’aurait pas tant de motifs de soupçon si un autre lui demandait

RÉMY

Mais, oui dit... vous, par exemple.

NICETTE

Il est certain qu'il ne se défierait pas du tout d’une femme.

RÉMY

Eh ben! c’est entendu. M. Brin d’Amour reviendra sûrement : vous lui demanderez , hein? (Nicette rait un signe affirmatif. a pan.) J’en fais tout ce que je veux... (naui.) Moi , je vas me retirer à l’écart ; vous me ferez signe dès lors qu’il vous aura dit la chose, pour que j’aille avertir à l’auberge.

NICETTE

Quel signe faudra-t-il faire?

RÉMY

Mon Dieu ! la première chose venue, (n réfléchit.) Ah ! vous savez qu’il n’y a que deux chemins pour partir de ce village :

(Montrant la droite.) Celui de BlaVOSy, (Moutrant la gauche.) et Celui

de Chantillac. Vous viendrez par ici. (n »a vers le fond de ta «cène.) S’ils doivent aller à Blavosy, vous tiendrez votre mouchoir de la main droite, (indiquant avec son mouchoir.) de cette manière : — Ça , c’est la main droite. S’ils passent par Chantillac, vous le tiendrez de la main gauche, ainsi : (Montrant sa main gauche.) Ça c’est la main gauche , parce que l’autre c’est la main droite. Alors, j’irai de suite à l’auberge pour donner la nouvelle.

NICETTE

C’est entendu.

RÉMY

Et je vous apporterai lesdeux cents t’écus; de manière qu’en m’épousant, Nicette, vous pourrez vous vanter d’avoir un joli magot, (a part.) On est fin! (u son.)

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