LE CHARDON
Sur le bord de la route un grand chardon jasait. 11 était tout fleuri, verdoyant, satisfait. Et causait ce jour-là, bien que d'un autre monde. A la borne à ses pieds au profil en aronde :
« Pauvre pierre qu'au front Quelque peintre grossier marqua d'un badigeon.
Pierre numérotée Et comme un mercenaire en un bureau cotée.
Que je te plains !
De mon galbe hardi les grands blasons sont pleins Sur les balcons royaux , dans les ferronneries S'étalent et ma feuille et mes tiges fleuries : Amante du soleil, l'abeille bien souvent. Vient sur mon sein, pâmée, oublier son amant.