ACTE PREMIER. — SCENE
J'entasserai sur ma galère L'ivoire, les baumes puissants, La pourpre orientale et les rares encens, Les coraux et la perle claire,
Arin que mes mains amoureuses Jettent toute une floraison D'or joyeux sur le seuil de ta riche maison Au matin des noces heureuses!
b r i s é ï s J'ai peur, ô mon amant!... Je crois Entendre au loin l'éveil des tempêtes haineuses.
Folle! ce sont de vains effrois; Mon vaisseau passera sur les mers lumineuses Comme un oiseau glissant sur l'eau des lacs fleuris.
nuis k ï s
Mais je crains plus que la tempête Les mauvaises îles en fête Où l'amour étranger trouble les cœurs épris...
Là-bas, dans les cités d'Asie, On dit qu'au jeune voyageur De belles vierges sans rougeur Offrent leurs lèvres d'ambroisie.
Souviens-toi, quand tu les verras, Que, plaintive et jalouse d'elles, Ta Briséïs, au loin, rêve en ses nuits fidèles A la caresse de tes bras.
solennellement.
Par l'auguste Kypris, reine des destinées,
Et par les Hyménées, Je jure de t'aimer jusqu'au suprême jour
D'un immuable amour.