ACTE PREMIER. — SCÈNE II
Nous saurons braver d'un cœur fier Les tempêtes et la sirène.
Hermès se mire dans la mer En avant de notre carène.
HYLAS
s'cloignant à reculons, tandis que chantent les marins.
Bientôt ce sera la journée
lî r i s é ï s Où, jetant des fleurs sous nos pas,
HYLAS
Les vierges crîront : Hyménée !
b r ï s é ï s Et nos cœurs le diront tout bas.
HYLAS ET B R I S É ï S ,
en se séparant et en s'envoyant des baisers.
Hyménée! Hymen! Hyménée!
On entendra Hylas qui répète, au loin : « Hyménée », comme un adieu, taudis que se meurt le chant des marins. Briséïs écoute longtemps, n'entend plus rien, se détourne vers sa maison. — En traversant la scène elle songe que l'orage pourrait menacer la galère; mais elle écarte cette idée :
« Nous saurons braver d'un cœur fier
« Les tempêtes et la sirène » dit l'orchestre.
Puis elle songe que son amant pourrait la tromper :
« Là-bas, dans les cités d'Asie,
« On dit qu'au jeune voyageur »
Mais le serment la rassure :
« Par T auguste Kypris »
Elle va, plus contente, vers sa maison. Une tristesse : elle pense à sa mère malade.
« Ma mère, maîtrisée
« Par un mal sans merci »
Mais elle voit sur le seuil les Heurs qu'Hylas lui a jetées, les ramasse, les baise et se laisse choir sur le banc en songeant :
« Hyménée ! Hymen ! Hyménée ! »