ACTE PREMIER. — SCENE IV
Vieillard, la voix mentait !
ST RATOKLÈS
Elle a dit vrai, peut-être.
La Judée a vu naître Celui qui vient ravir à nos dieux leurs autels Et la joie aux mortels.
Comme une aurore en deuil, suivie D'un jour sans clarté ni chaleur, Il vient, le Dieu pensif à qui plaît la douleur Et qui n'aime pas la vie.
C'est par le jeûne et les tourments Qu'on gagne de s'asseoir à la droite du Père; Il déteste l'hymen prospère Et les caresses des amants.
Jeunesse, espoir, beauté, toutes les douces choses
Se fanent dans ses mains, Et la terre sera, pour les tristes humains,
Comme un jardin sans roses.