ACTE II. — SCENE PREMIERE
NAIS
Et que son amoureuse est moins belle que nous.
Quelques-unes commencent à lier Hylas de lierres, d'autres lui jettent desfleurs. — Hylas lève le front. Il est très pâle. — Il regarde, étonné, le lieu inconnu et les jeunes passantes.
HYLAS
Qui donc êtes-vous, jeunes étrangères, Dont les mains blondes et légères Me réveillent avec des rieurs?
Il se lève brusquement.
Je me souviens!
Vers la mer :
O mer sauvage! ô vents hurleurs!
Comme des chiennes en furie, Les vagues ont mordu ma galère meurtrie... La haine de la nuit nous a caché les ports...
Dans les solitudes marines
Ils dorment mes compagnons morts,
Les rameurs aux belles poitrines!
Briséïs, j'ai jeté ma riche cargaison Dans les tristes mers glaciales, Les vagues m'ont repris les perles nuptiales Que j'apportais vers ta chère maison.
Il se laisse tomber, la tête entre les mains.
N a ï s Qu'importe! Suis-nous vers la ville en fête.
M ÏRTO
Tes malheurs sont finis, puisque nous sourions.