‹ BriséïsChapitre 39 sur 109 · SCENE TROISIEME · texte numérisé non relu

SCENE TROISIEME

nuis é ï s , chancelante, vers l'autel.

Voilà donc le roi triste à qui l'Olympe cède... Elle se lève tout à fait.

Puisqu'on me fit chrétienne, o Christ, viens à mon aide! Elle se hâte vers l'autel; elle dit, suppliante et plaintive : Jésus, j'ai reçu le baptême, J'adore les Clous et la Croix, Je t'aime Et je te crois !

Les dieux et les héros que l'homme immortalise,

Je les ai renonces, J'ai quitté leurs riants autels pour ton église ; O Jaloux, n'est-ce pas assez?

Faut-il encor que je me livre Pour toujours à l'hymen solitaire et sacré? Dois-je, vivante, ne plus vivre ?

Si tu le veux je me vaincrai...

Mais l'offrande, après tant d'épreuves, De ce cœur, qui d'un autre amour avait battu, Mystérieux époux des vierges et des veuves, Réponds, Seigneur, l'exiges-tu ?

une voix, derrière l'autel.

Par l'auguste Kypris, reine des destinées,

Et par les hyménées, Je jure de t'aimer jusqu'au suprême jour

D'un immuable amour.

qui a reculé, stupéfaite, épouvantée.

Qui m'a parlé? Qui me rappelle

L'ancien serment?

Est-ce toi, Christ?

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