‹ Brisquet ou L'heritage de mon oncle comedievaudeville en deux actesChapitre 25 sur 40 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, BRISQl'ET.

RRISQUET. Pardon, excuse; pourriez-vous me dire lequel de vous deux s’appelle madame Thomas?

sir JOHN. C’était ma femme de charge la Thomas, yès.

ÉDOUAltD. C’est dans l’autre corps de bâtiment... Excusez, monsieur, nous sommes

pressés.

BRISQl'ET. Tiens, et moi donc , je suis pressé encore bien davantage.. . je vas vous demander la permission de m'asseoir... (Il s'assied.) Figurez-vous, messieurs, que j’ai les mollets qui me rentrent dans les genoux et les genoux qui me rentrent dans les...

sir JOHN. C’était sans doute pas pour parler de genoux et de mollets que vous venez demander mon femme de charge?

BRISQL'ET. Tiens, c’tc farce! je viens demander madame Thomas d’après le conseil du concierge, afin qu’elle m’introduise auprès de son maître. . .

sir JOHN. C'était moi, monseur, sou maître <1 la Thomas.

Édouard. Enfin, monsieur, que voulezvous h mon oncle ?

RRISQUET. Ah! monsieur est votre oncle?...

alors vous êtes peut-être son neveu... Enchanté, messieurs, de faire votre connaissance... voilà le paquet.

11 reœcl le paquet à &ir John.

sir JOHN. Une paquet le... je ne deviné pas...

RRISQUET. Nous sommes bien ici faubourg Poissonnière, u’est-ce pas?

sir JOHN. Vès... faubourg Poissonnière.

RRISQUET. En ce cas, marchez... il y a là dedans deux petits poulets qui vous concernent.

SIR JOHN. Deux petits poulets?

RRISQUET. Ne faites donc pas l’innocent. .

Ah! vieux sapajou, vous vous amusez encore à votre âge à écrire des billets doux 1. .. vous feriez beaucoup mieux de manger de la pâte de mou de veau.

stn JOHN, après avoir défait l'enveloppe.

Corne here... monsieur mon neviou... corne herc... c’était votre écriture... voyez... '

Édouard. Mes lettres à Thérèse!...

RRISQUET, à part. Voyez-vous comme il a l’air penaud... il se consulte avec son neveu.

sir John, d Edouard. Goddcm!... monseur... vous ferez donc toujours de nouvelles escapades?...

Édouard. Par pitié, mon oncle, taisezvous.

BB1SQDET. Vous vous êtes trompé de numéro, vieillard exotique... voilà ce qu'on m’a chargé de vous dire... Et moi j'ajoute que si vous recommencez, c'est à moi Nicolas Brisquet que vous aurez à faire.

Edouard. Monsieur...

BRISQUET. Jeune homme, vous, vous possédez mon estime, car je vous remets à cette heure... C'est la petite du dessus que vous courtisez... Je respecte le quatrième, mais le troisième est à moi, je ne veux pas qu’on y touche.

ÉDOUARD. C’est trop juste.

RRISOUET. Vous me comprenez, vous

Eh bien ! faites entendre raison à ce vieux Polichinelle... Nous sommes dans lage de plaire, nous deux... Ça saute aux veux; mais ce n’est pas quand on possède des flûtes comme monsieur votre oncle qu’on roucoule... Il faut être taillé comme ça. (Il retrousse son pantalon et montre sa jambe à Edouard.) 51a Thérèse m'attend.... je m'en vas... vouslui parlerez, n’est-ce pas?... vous lui direz combien il est ridicule...

ÉDOUARD, bas . Comptez sur moi.

RRISOUET. C’est convenu.

sir JOHN. Monseur, j'ai été enchanté de avoir vu vous... Jcsuis peiné... beaucoup...

très-fort...

brisquet. C’est bien. . . je ne vous en veux pas... pourvu que nous ne recommencions plus... Au surplus, je vous engage à suivre les conseils de votre neveu...

sir John. De mon neviou?

bbisquet. Il est plus raisonnable que vous... et puis d’ailleurs lui, il est jeune.... tandis que vous.. . nous sentons le sapin, mon brave homme; faut faire attention à ça.. .

sir JOHN. Le sapin. Qu'est-ce que le sapin?

brisquet, à Edouard. Adieu, jeune homme... Anglais, soyez sage. (Revenant sur ses pas. ) Ah ! pour vous prouver que je suis sans rancune... je vous dirai que je suis garçon teinturier, de plus un des principaux actionnaires dans l'entreprise du savon mirobolau pour enlever les taches.. . J'en ai sur moi un échantillon dont je veux faire l’expérience sur vous.

sir John . Je remercier vous, monseur.

brisquet. Tenez, celte tache, je vais la faire disparaître à l'instant même...

sis JOHN. Monseur...

BRISQUET, quia pris de l’eau et a frotté l’habit de sir John. Admirez plutôt.

sir JOHN. Yès... vès... mais la couleur il était mangé, monseur...

BBISQUET. Ça n’a que cet inconvénientlà... Je me recommande à vous... Nous avons des tablettes à huit, à six, à quatre, et pour n’en priver personne, il y en a pour la bagatelle de deux sous. Aussi je compte sur ;

un fameux débit. Sur ce... adieu, l'Anglais.

Ne vous donnez pas la peine de me reconduire...

Il sort.

Édouard, riant. lia! ha! ha!... il est précieux le garçon teinturier.

sir john. Riez... riez... monseur... Moi je étais furieux et je voulais marier vous avant huit jours.

Édouard. Ah! mon oncle... vous m’en donnerez bien quinze.

SIR JOHN. Huit.. . huit., pas plus... Allons, venez...

Édouard. Permettez an moins que je ferme ma porte. ( A part. ) Pour que Thérèse ne puisse s’échapper pendant mon absence.

I!> sortent.

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