MÉROU, RU RR H US
allas obéira, Seigneur.
Néron.
Et de quet ccii
Ma mere a-t-ellc vu confondre son orgueil?
B TJ R r h u s.
Ne doutez point , Seigneur , que ce coup ne la frappe.
Qu’en reproches bientôt sa douleur ne s’échappe.
Ses transports, des long-tems, commencent d’éclater.
A d’inutiles cris puissent-ils s’arrêter?
Néron.
Quoi ! de quelque dessein la croyez-vous capable?
Agrippine, Seigneur, est toujours redoutable.
Rome et tous vos soldats révèrent scs ayeux ; Germanicus son pere est présent à leurs yeux. .
Elle sait son pouvoir : vous savez son courage \
s g BRITANNICUS;
Et ce qui me la fait redouter davantage
C’est que vous appuyez vous-meme son courroux*
Et que vous lui donnez des armes contre vous.
N îi r o N.
Moi! Burrhus?
Cet amour, Seigneur, qui vous possédé.
NÉRON, l'interrompant.
le vous entends , Burrhus. Le mal est sans remede. Mon cœur s’en est plus dit que vous ne m’en direzs Il faut que j’aime , enfin.
Burrhus.
Vous vous le figure*,
Seigneur; et, satisfait de quelque résistance.
Vous redoutez un mal foiblc dans sa naissance.
Mais i dans son devoir votre cœur affermi Vouloit ne point s’entendre avec son ennemi.
Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire ,
Si vous daigniez , Seigneur . rappeler la mémoire Des vertus d’Octavie, indignes de ce prix.
Et de son chaste amour, vainqueur de vos mépris; Sur-tour, si, de lunie évitant la présence,
Vous condamniez vos yeux à quelques jours d’absence.
Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer ,
On n’aimc point, Seigneur , si l’on ne veut aimer.
Néron.
le vous crqirai, Burrhus, lorsque, dans les alarmes /
U faudra soutenir la gloire de nos armes ,
Ou , lorsque , plus tranquille assis dans le Sénat,
II faudra décider du destin de l’État ,
Je m’en reposerai sur votre expérience ;
Mais , croyez-moi l’amour est une autre science, Durrhus , et je ferois quelque d fficulté D’abaisser jusques-là votre sévérité Adieu. Je souffre trop éloigné deJunie.
( Il sort. )