‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 17 sur 117 · MÉROU, RU RR H US · texte numérisé non relu

MÉROU, RU RR H US

allas obéira, Seigneur.

Néron.

Et de quet ccii

Ma mere a-t-ellc vu confondre son orgueil?

B TJ R r h u s.

Ne doutez point , Seigneur , que ce coup ne la frappe.

Qu’en reproches bientôt sa douleur ne s’échappe.

Ses transports, des long-tems, commencent d’éclater.

A d’inutiles cris puissent-ils s’arrêter?

Néron.

Quoi ! de quelque dessein la croyez-vous capable?

Agrippine, Seigneur, est toujours redoutable.

Rome et tous vos soldats révèrent scs ayeux ; Germanicus son pere est présent à leurs yeux. .

Elle sait son pouvoir : vous savez son courage \

s g BRITANNICUS;

Et ce qui me la fait redouter davantage

C’est que vous appuyez vous-meme son courroux*

Et que vous lui donnez des armes contre vous.

N îi r o N.

Moi! Burrhus?

Cet amour, Seigneur, qui vous possédé.

NÉRON, l'interrompant.

le vous entends , Burrhus. Le mal est sans remede. Mon cœur s’en est plus dit que vous ne m’en direzs Il faut que j’aime , enfin.

Burrhus.

Vous vous le figure*,

Seigneur; et, satisfait de quelque résistance.

Vous redoutez un mal foiblc dans sa naissance.

Mais i dans son devoir votre cœur affermi Vouloit ne point s’entendre avec son ennemi.

Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire ,

Si vous daigniez , Seigneur . rappeler la mémoire Des vertus d’Octavie, indignes de ce prix.

Et de son chaste amour, vainqueur de vos mépris; Sur-tour, si, de lunie évitant la présence,

Vous condamniez vos yeux à quelques jours d’absence.

Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer ,

On n’aimc point, Seigneur , si l’on ne veut aimer.

Néron.

le vous crqirai, Burrhus, lorsque, dans les alarmes /

U faudra soutenir la gloire de nos armes ,

Ou , lorsque , plus tranquille assis dans le Sénat,

II faudra décider du destin de l’État ,

Je m’en reposerai sur votre expérience ;

Mais , croyez-moi l’amour est une autre science, Durrhus , et je ferois quelque d fficulté D’abaisser jusques-là votre sévérité Adieu. Je souffre trop éloigné deJunie.

( Il sort. )

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