‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 38 sur 117 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

AGRIPPINE, IÜNIE, Agrippine.

M a dame, ou je me trompe, ou, durant vos adieux ,

Quelques pleurs répandus ont obscurci vos yeux.

Puis-je savoir quel trouble a formé ce nuage? Doutez-vous d'une paix donc je fais mon ouvrage?

Après tous les ennuis que ce jour m’a coûtés ,

Ai- je pu rassurer mes esprits agités ?

Hclas! à peine encor je conçois ce miracle !...

Quand meme à vos bontés je craindrois quelque obstacle ,

"le changement. Madame, est commun à la Cour,

Et toujours quelque crainte accompagne L’amour. Agrippine.

31 suffit; j’ai parlé , tout a changé de face:

Mes soins à vos soupçons ne iaissent point de place.

Je réponds d’une paix jurée entre mes mains;

Néron m’en a donné des gages trop certains.

Ah ! si vous aviez vu par combien de caresses Il m’a renouvelld la foi de ses promesses !

Par quels embrassemens il vient de m’arrêter!

Scs bras, dans nos adieux , ne pouvoient me quitter.

Sa facile bonté , sur son front répandue ,

Jusqu’aux moindres secrets est d’abord descendue, lis s’épanchoit en fils qui vient, en liberté,

Dans le sein de sa mere oublier sa fierté,.

Mais bientôt, reprenant un visage sévère.

Tel que d’un Empereur qui consulte sa mcrc.

Sa confidence auguste a mis entre mes mains Des secrets d’où dépend le destin des humains. îs T on , il le faut ici confesser à sa gloire.

Son coeur n’enferme point une malice noire ;

Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté,

Abtisoicnt contre nous de sa facilité....

Mais, enfin, à son tour, leur puissance décline.

Home , encore une fois , va connoîrre Agrippine. Déjà de ma faveur on adore le bruit.

Cependant , en ces lieux n’attendons pas la nuit. Tassons chez, Octavie, et donnons-lui le reste D’un jouf autant heureux que je l’ai cru funeste..,.

( On entend un grand bruit. )

Mais , qu’cst-ce que j’entenus?... Quel tumulte confus ? Que peut-on faire ?

O Cifcl j sauvez Britannicus]

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