‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 69 sur 117 · PAULIN, TITUS · texte numérisé non relu

PAULIN, TITUS

Paulin.

Ban, quel dessein vient-elle de sortir , Seigneur ? Est-elle enfin disposée à partit i

T i t us.

Paulin , je suif perdu ! je n’y pourrai survivre !

La Reine veut mourir..,. Allons , il faut la suivre ; Courons à son secours.

Paulin.

' Eh ! quoi , n’avez-vous pas Ordonné , dès tantôt , qu’on observe ses pas i Ses femmes , à toute heure , autour d’elie empressées , Sauront la détourner de ces tristes pensées.

Non , non , ne craignez rien. Voilà les plus grands coups :

Seigneur, continuez, la victoire est à vous.

Je sais que, sans pitié , vous n’avez pu l’entendre. Moi-même, en la voyant , je n’ai pu m’en défendre i Mais, regardez plus loin. Songez , en ce malheur. Quelle gloire va suivre un moment de douleur;

Quels applaudissemens l’univers vous prépare ,

. Quel rang dans l’avenir 1...

T I T U s , l'interrompant.

Non , je suis un barbare !

Moi-mcir.c je me hais. Néron , tant détesté ,

T R A G É D r ïr. Ï*.

N’a point, à cetexcSs, poussé sa cruauté!...»

Je ne souffrirai point que Bétcnice expire....

Allons , Rome en dira ce qu’elle en voudra dire.

Paulin.

Quoi! Seigneur? '

Titus-.

Je ne sais , Paulin , ce que je dit*.

L*cxcés de ma douleur accable mes esprits!

Paulin.

Ne troublet point le cours de votre renommée , Seigneur. De vos adieux la nouvelle est semée.

Rome , qui gémissoit , triomphe , avec raison.

Tous les Temples ouverts fument en votre nom ;

Et le peuple, élevant vos vertus jusqu’aux nues.

Va par-tout de lauriers couronner vos statues.

Titus, à part.

Ah! Rome!.... Ah! Bérénice!.... Ah ! Prince mal^ heureux !.,..

Pourquoi suis-je Empereur ? pourquoi suis-je amou~reux ?

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