‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 88 sur 117 · I.c chemin est encore ouvert au repentir · texte numérisé non relu

I.c chemin est encore ouvert au repentir

Ne désespérez point une amanre en furie.

S’il m’éehappoit un mot , c’est fait de votre vie!

Vous pouvez me l’ôtcr, elle est entre vos mains. Pein-êcre que ma mort , mile à vos desseins ,

De l’heureux Amurat obtenant vocrc grâce.

Vous rendra dans son cœur votre première place.

Dans son coeur ? Ah ! crois-tu , quand il le voudroit bien ,

Que si je perds l’espoir de régner dans le tien,

D’une si douce erreur si long-tcms possédée ,

Je puisse désormais souffrir une autre idée,

Ki que je vive, enfin , si je ne vis pour toi?

Je te donne, cruel! des armes contre moi ,

Sans doute , et je devrois retenir ma foiblessc.

Tu vas en triompher. Oui , je te le confesse,

J’affcctois à tes yeux une fausse fierté.

De toi dépend ma joie et ma félicité.

De ma sanglante mort ta mort sera suivie....

Quel fruit de tant de soins que j’ai pris pour ta vie !...

Tu soupires, enfin, et semblés te troubler!

Achevé , parle.

O Ciel , que ne puis-je parler!

Quoi donc ! que dites-vous , et que viens-je d’entendre Vous avez des secrets que je ne puis apprendre!

Quoi ! de vossentimens je ne puis m'éclaircir?

Madame , encore un coup , c’est à vous de choisir.

Daignez m’ouvrir au trône un chemin légitime»

Ou bien, me voilà prêt, prenez votre victime.

Ah.' c’en est trop, enfin; tu seras satisfait....

( Appelant. )

Holà ! gardes , qu’on vienne.

Page 1