RÉPANDUE EX TOUS LIEUX ET EXPOSÉE A LA VÉNÉRATION DANS
toutes les familles chrétiennes, la recommande d'une manière toute particulière aux Révérendissinies Evêques et à tous les Ecclésiastiques, bénissant tout particulièrement ceux ouï s'en feront les propagateurs.
<( Dans les sentiments de sincère estime et considération, je suis heureux de me dire
de Votre Seigneurie Révérendissime « Le très dévoué serviteur
<( Cardinal Genxari. »
Rome, 4 j mn igoG.
Qui s’étonnerait de ces recommandations si pressantes et d’une si vaste portée n’aurait qu’à méditer un instant devant cette Image. Il comprendrait les espérances qu’elle inspire au Souverain Pontife et son désir de la voir répandue.
« La physionomie du Sauveur, empruntée par la pieuse Carmélite au Saint-Suaire de Turin, saisit, du premier abord, le regard et l’âme de qui la contemple. C’est le visage du Christ après sa mort, et ce sont bien les traits rigides et reposés d’un mort. Et cependant, sous ce masque inerte, aux yeux clos, quelque chose vit encore. Il semble qu’une pensée demeure en ce cerveau qui ne vibre plus. On sent que ce mort surhumain n’est pas mort tout entier, ou n’est mort que pour un instant. Le pinceau de la religieuse a su rendre admirablement cette impression étrange et émouvante, et l’artiste y est parvenue, non par les habiletés de l’art, mais par l’intensité de son union intime avec le sujet.
« Mais, en même temps, quelle souffrance est empreinte sur ces traits abîmés par le supplice ! Le front strié de blessures, l’œil droit déchiré, la joue tuméfiée par les coups, la lèvre entr’ouverte, laissant tomber encore des gouttes sanguinolentes ; toute la physionomie ravagée par un long et cruel martyre !
« Et, néanmoins, ces vestiges poignants des tortures infligées au Sauveur ne parviennent pas à le défigurer complètement. Sous les plaies, on devine encore la bonté douce et majestueuse de lTiomme-Dieu. On sent encore, à travers ces stigmates douloureux, toute la grandeur et toute la bonté de Celui que des bourreaux infâmes ont frappé jusqu’à la mort. Et, quand on réfléchit que cette grandeur incomparable a voulu, pour nous sauver, s’anéantir jusqu’à cette mort affreuse, on ne peut se défendre, à la vue de cette Face divine, ainsi maltraitée par amour pour nous, d’être tout saisi d’une compassion profonde et salutaire.
« On comprend alors pourquoi Pie X a tenu à couvrir d’indulgences toute méditation faite en présence de cette divine Image ; pourquoi il demande à toutes les familles chrétiennes de mettre en place d’honneur, à leur foyer, ce tableau de la Sainte-Face et de l’entourer de vénération (i). »
(i) F. Veuillot. Article paru dans L'Univers, le 9 juillet 1906.