LA VIGNE DE NABOTH
La situation serait compliquée pour qui ? pour la province du Manitoba ?
Imposons-nous ces territoires au Manitoba ? Le Manitoba demande au gouvernement une immense étendue de terre. Le Manitoba est, en présence du gouvernement d'Ottawa, dans la situa- ! tion de n'importe lequel d'entre vous, ! qui, désirant acheter de son voisin une propriété grevée d'une servitude quelconque, s'attendrait naturellement à recevoir une réponse de ce genre :
''Très bien, mon ami, je suis prêt à vendre ma terre ; mais je l'ai grevée, en faveur d'un tiers, d'une servitude perpétuelle : — un droit de passage, ou un droit d'occupation d'une partie de la terre." Songeriez-vous alors à répondre : "Vous êtes plus fort, plus riche que votre voisin : abolissez cette servitude. S'il proteste, faites le taire; s'il réclame, ruinez-le en procédures, ou corrompez les juges — mais je veux cette terre franche de toute obligation." "Déposséder Naboth", c'est très ancien. Mais aujourd'hui comme au temps d'Achab, cela s'appelle encore la dépossession ; et la dépossession, accomplie par n'importe quel fort contre n'importe quel faible, quelque riche, quelque puissant que soit le fort — j'irai plus loin — la dépossession accomplie surtout quand le faible est infime, est plus odieuse et mérite plus la réprobation et l'indignation que quand elle se pratique à l'endroit de celui qui a pieds et poings pour se défendre. (Longues acclamations).
LA MINORITE DU MANITOBA L'imposition à la province du Mani-
POUR LA JUSTICE
toba de maintenir ce pacte sacré constituerait, dans l'opinion de M. Monk, une injustice pour la majorité. Elle constituerait égalemeni une injustice pour la minorité de l'ancienne partie du Manitoba (4504-4505). Voici donc cette question de la vieille province du Manitoba qui revient sur le tapis. Il y a un instant, elle était disparue, on devait l'écarter, il ne devait plus en être question, elle était réglée pour toujours depuis quinze ans. Et maintenant la minorité du Manitoba, — qui,
entre parenthèses, proteste à Winnipefg, comme nous ici, contre le sacrifice des droits au Kéwatin — ,1a minorité,parlant à Ottawa, par la bouche des ministres fédéraux, nous dit, paraît-il :
"Ne sauvegardez pas les droits de Kéwatin, car vous endommageriez notre propre position. Nous souffrons d'une injustice, grâce à la tyrannie de M. Greenway, grâce à la trahison de M. Laurier, grâce à la négligence de M. Roblin <; si vous voulez nous a&der, na sauvegardez aucuns droits dans la région nouvelle que vous annexez à la province — et M. Roblin va améliorer noire sort." Et alors, tout naturellement, vient à nos lèvres, la question que M. Macdonald a posée, mardi, à l'honorable ministre des travaux publics : "Has the Hon. Member any assurance or understanding that any such thing will be done?" (4505).
Oette question, nous la formulons à notre tour. L'honorable ministre des travaux publics, qui nous demande d'abandonner les droits du Kéwatin afin d'aider à la minorité du Manitoba, peut-il nous assurer que la minorité du Manitoba a la moindre promesse de M. Roblin?
Voici la réponse du ministre: —