LE CANADA EN A-T-IL BESOIN
Ceux qui croient encore à la légende de la marine canadienne nous répètent, après leur prophète: Le Canada grandit; il devient une nation; il doit par conséquent porter les responsabilités d'une nation. Il lui faut une flotte pour défendre son territoire et protéger son commerce.
On va même jusqu'à imprimer ici que c'est l'aurore de l'indépendance du Canada.
Je conseille aux jeunes gens qui écrivent sous la dictée des ministres, de s'inspirer un peu moins des lumières des politiciens qui les paient et un peu plus des enseignements de l'histoire. Ils constateront qu'en 1862, alors que le gouvernement Taché-Macdonald, si je ne me trompe, voulait faire voter sa loi sur la milice et qu'il rencontrait une vive opposition, bien qu'il ne s'agît que d'une loi pour la défense du territoire, sir Hector Langevin déclarait que c'était en vue de la prochaine indépendance du Canada que l'on organisait la milice.
Du reste, l'argument pourrait avoir une certaine valeur s'il s'agissait d'une marine canadienne pour la défense du Canada. Mais je vous ai démontré — ou plutôt M. McKenna, ministre de la Marine à Londres, et sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Cana-
da, vous ont démontré que es m'est pas là le projet du ministère.
Non seulement le projet de loi actuel n'augmente pas la sécurité territoriale du Canada, mais il la diminue.
Il marque un pas en arrière dans la voie de l'organisation de notre territoire au point de vue de sa défense.
1 En effet, Messieurs, un pays ne peut mpporter qu'une certaine proportion e charges militaires. Un pays jeune omme le nôtre surtout, qui a tant à aire encore, de si grandes œuvres viales à accomplir, qui n'a pas même osé les dernières pierres à la base de
on édifice national, — un pays come le Canada ne peut consacrer à ses
rmements qu'une partie relativement inime de ses énergies.