‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 198 sur 289 · LE "PERIL ALLEMAND · texte numérisé non relu

LE "PERIL ALLEMAND

On parle du ' ' péril allemand ' ' ; c 'est lepéril allemand que l'on a invoqué pour faire adopter le vœu du 29 mars dernier qui a donné naissance à cette loi.

Mon Dieu, il existe peut-être, le péril allemand.

Il y a eu longtemps le ' ' péril français ' '..

Tous les matins, les bons bourgeois* de Londres s'éveillaient en sursaut au bruit imaginaire de la fusillade d'une armée française faisant irruption par un côté ou par l'autre de la capitale. Les hommes d'état et les hommes d'affaires les plus sérieux du royaume n'ont jamais réussi à faire accepter le projet d'un tunnel sous la Manche, à cause du "péril français".

Il y a eu aussi le "péril russe" ; et pour éviter le péril russe, l'Angleterre' a fait avec le Japon cette alliance, désastreuse pour elle et pour nous, dont je dirai un mot.

M. Borden croit au péril allemand- Sur ce point, je le renvoie encore à l'autorité d'un homme que j'ai déjà nommé. Dans le même article du "XIXth»

Century", sir William White traite à fond cette question du "péril allemand". Il prend à partie les "politi- "ciens, innocents de toute connaissante technique, tels que le premier mi- "nistre (M. Asquith ) , M. Balfour, le» "First Lord (M. McKenna ) , et beaucoup d'autres" et il qualifie leurs paroles "d'affirmations exagérées", ' ' d 'interrogatoires hystériques ' '. n appelle le "péril allemand": " une?

"panique navale que rien ne peut justifier, et qui ne peut que nous rendre ridicules aux yeux du monde en- "tier." (1).

(1) 'XIXth Century"', avril 1909

"exaggerated statements" ... "hysterical inquiry" ... (page 542).

"Meantinme is is désirable to avoid any "disposition to create a naval "scare" for- "which there is absolutely no justification, "and the création of which could only make "us ridiculous in the eyes of the world". (page 543) .

..."But for the important issues involv- "ed, the spectacle would hâve been amus- ' 'ing when politicians, innocent of technic- "al knowledge, like the Prime Minister, Mr. "Balfour, the First Lord, and many others^ "attempted in public debate to make esti- " mates of the number of new ships whicto "would be "necessary" at various dates, or "to fix "dangerous periods" likely to oc- "cur during the next three or four years." (page 544).

LE PROJET DE LOI NAVALE

Navires de guerre an-

térieurs aux Dread-

noughts

Tonnage global . . .

Nombre total de ca-

nons. 6" à 12" .

Croiseurs protégés . .

Tonnage global . . .

Nombre total de ca-

nons, 6" à 12" . .

Enfin, il donne un état comparatif des flottes anglaises et allemandes que j« crois utile de reproduire ici:

Anglais Allemands

Et il ajoute cette observation que je recommande à M. Borden, à titre de douche salutaire:

"JX est vraiment regrettable que M. Mc- "Kenna n'ait pas communiqué ces chiffres "à la Chambre des Communes, dès l'ouver* "ture du débat. S'il en avait agi ainsi, il "n'y aurait pas eu l'ombre d'une panique." (1)

Et ne l'oubliez pas, ces paroles sont celles d'un homme qui a longtemps dirigé la construction des navires de guerre de la Grande-Bretagne et qui connaît à fond les flottes et les chantiers de construction des deux pays.

Le cas de M. Laurier est plus étrange encore que celui de M. Borden.

Le 29 mars 1909, il croyait au "péril allemand*', mais il refusait de céder à la panique — "to be stampeded". Le 5 janvier 1910, il n'y croit plus... et il cède.

En d'autres termes, il refusait une flotte à l'Angleterre quand il croyait au péril allemand; il la lui accorde, maintenant qu'il n'y croit plus.

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