Ï,ES CANADIENS-FRANCAIS.SOUR- CE D'UNITE NATIONALE
Je m'étonne chaque jour lorsque je '■Constate que tant d'hommes publics,'
•— et ceux-là mêmes qui proclament
ïe plus bruyamment leur patriotisme et leur amour de la mère patrie — , semblent ne pas avoir la moindre conception de ces dangers. Il faut qu'un singulier esprit, d'exclusivisme les aveugle pour qu'ils contrecarrent comme ils le font l'établissement des Canadiens-Français dans l'Ouest, et qu'ils fassent tant d'efforts pour enlever à ceux qui y sont fixés leur caractère propre, leur foi, leur langue, leurs traditions religieuses et sociales.
De quels dangers pouvons-nous donc tnenaccr la sécurité de l'Etat ?
Pionniers de la terre canadienne, tioUs l'avons conquise sur la forêt et
; les bêtes fauves, nous l'avons arrachée à la barbarie du Peau-Rouge,, nous l'avons défendue contre l'Anglais et, plus tard, contre l'Américain et le Français. Nous l'avons protégée contre les exactions des intendants fran*
; çais et le despotisme des gouverneurs
: anglais. Nous y avons, les premiers, proclamé les principes d'au ton/unie
i^iûlitique et de liberté civile qui y \J régnent aujourd'hui. En un mot.nous y avons semé les__germ.es de tout ce«4 qui constitue une nation.
Après de longues et douloureuses disputes, nous avons conclu un- paetg avec les Canadiens- Anglais afin de ieter les bases cTun grand pays confédéré. Ce pacte, nous l'avons observé, loyalement.
de-
Si l'on veut maintenant que la nation canadienne^ se développe et se Jor^ tifie dans toute l'étendue de son territoire, il "î^___" que les conditions eu :acte de i¥b? s'flpftHfpiffnT' par toute la Conlédération et particulièrement dans les nouvelles provinces l'Ouest.
Si l'on veut que l'Ouest devienne homogène et d<,MniMir^ çanudiVn, qu'il participe à notre vie nationale, qu'il * ait une âme sœur de la nôtre, eu.
plutôt que la même âme anime,, pénètre et unisse ces deux grands groupes de l'Est et, de l'Ouest, séparés par tant d'obstacles naturels et par des traditions si diverses, il ne suffit pas d'y bâtir des villes, d'y établir des us nés et de créer un courant d'échanges commerciaux en construisant des chemins de fer. Le moyen le plus et- Usacc ele produire cette unification'.
nationale, le seul peut-être, c'est d'implanter dans l'Ouest un rameau du vieux tronc canadien-français et de.
l'entourer d'une atmosphère qui luiçpnserve sa sève native et ses qualités. d'origine.
Qu'on laisse venir alors l'Américain^.
le Doukhobor, le Galicien. Le vjeuà tronc a résisté à tous les assauts sur les bords du Saint-Laurent, l'arbre nouveau endurera les tempêtes de la., prairie; et l'avenir et P unité dr> Canada seront assurés.
DJK-OIXSl^IQEAUX des canadiens FRANÇAIS.
Et cependant, le fanatisme, l'ignorance, l'esprit de parti aveuglent tellement certains hommes politiques et' une partie du peuple anglo-canadien -— moin^x:Qn-sidéxalil£^-iiii-xeste, qu'on ne le pense, — qu'au risque de compromettre l'intégrité du Canada et la sécurité de l'Empire, le parti conservateur s'oppose à ce que la constitution des nouvelles provinces conserve aux Canadiens-Français et ajix autres catholiques des droits —essentiels q ue nous ne refuserions pas, nous, aux deniers restes des tribus sauvages; et le parti libéral, après avoir résolu de rendre justice, se prépare à céder devant la tempête et à détruire l'oeuvre nationale qu'il avait ébauchée.
Et pourtant, n'avons-uous pas dans ces régions, en oiilrc des g^xaja-tiss de la__jCj^risJjjUttk>n, des droits nationaux qui priment ceux du Doukhobor et du Mormon 1^
Les prairies du Far-West furent dé- couverj£&. par des Français : des hommes de notre race et de notre foi y portèrent les premières lumières duchristianisme et de la civilisation. Nous avons donné sans compter notre part d'intelligence, de travail matériel, d'impôts publics, pour l'acqui- I si Lion et le développement de ces ter- ; ritoires ; comme nous avions, avant i tout autre peuple, prodigué notre sang ! et nos. efforts pour fonder et faire; grandir le vieux patrimoine national^
Tout ce que nous demandons aujourd'hui, c'est que la Canadien-Français catholique qui va planter sa tente dans ces régions y trouve une portion minime de la liberté dont — l' Anglais piot^stant^jouit __chez___jmiis ; c'est qu'après une vie de peines et de sacrifices, le colon français et catholique puisse espérer que son fils, tout en recueillant le fruit de ses labeurs héritera de ses traditions ; c'est que l'école bâtie de ses deniers soit ouverte à ses enfants, et qu'on ne leur en
ferme pas la porte en y interdisait l'enseignement catholique et franc?.'
Tout ce que nous demandons, c'eri que dans ces territoires où le franc,. fut parlé avant que toute autre vc européenne ne s'y soit fait entevJ.r^4 où la croix du Christ fut plantée p les missionnaires partis des bords du Saint-Laurent, nous puissions parle? notre langue et vénérer la croix àVÇC la même liberté dont nous jouissons ici et que nous accordons si loyale-» ment à ceux qui parlent un idioma étranger et ne partagent pas noa croyances.