AUSTRALIE ET NOUVELLE-ZÉLANDE
La résistance des Australiens sera plus forte que la nôtre. Ils n'ont pas cédé aux tentatives que M. Chamberlain fit pour amender contre leur gré leur nouvelle charte constitutionnelle. Tandis que nous subissions la pression du Colonial Office et que nous raturions des statuts de la Colombie Anglaise la loi sur le travail des Jaunes,
Ci) J'ai peut-être un peu trop limité à notre époque le cachet de corruption politique des décorations royales. On demandait un jour à Lord Melbourne pourquoi il avait refusé la Jarretière : " Je serais bien sot de m'acheter moi-même, répliqua-t-il, tandis que je puis en acheter un autre." (Voir "Walpole ', de John Morley, page 74). M. Chamberlain a étendu le régime aux colonies et c'est au point de vue colonial que le changement que j'ai signalé est le plus sensible.
Je m'empresse d'ajouter que ce passage ne s'adresse nullement aux magistrats, aux fonctionnaires, aux professeurs, c'est-à-dire à tous ceux qui ne sont pas dans l'arène politique et n'y entreront point. Mon idéal, c'est le gouverneur Jones, de la Nouvelle-Ecosse, refusant, à double reprise, les décorations qu'on lui offre. Mais des goûts et des couleurs on ne saurait discuter : je ne jette pas la plus petite pierre à ceux qui ont cru et croiront devoir accepter ces récompenses, et dont la situation ne les oblige pas a rendre grâces a M. Chamberlain en lui sacrifiant notre indépendance nationale.
l'Australie adoptait une mesure analogue, plus énergique, et refusait péremptoirement de la rappeler à la demande des autorités de la Grande-Bretagne.
J'ai contribué quelque peu, je crois, à détruire la légende de l'enthousiasme des colonies australiennes lors de l'expédition de leurs troupes en Afrique. J' ai rencontré à Londres, cet été, un homme politique qui a occupé une situation importante à la Nouvelle-Zélande. Il m'a affirmé que le loyalisme de cette colonie était beaucoup moins prononcé que son attitude extérieure pouvait le faire croire. Il m'a expliqué qu'à la suite de ses embarras financiers, la colonie avait fait un appel chaleureux aux capitaux anglais dont elle avait encore grand besoin. "Mais, a-t-il ajouté, le jour où sa situation économique sera raffermie, vous verrez que la loyauté de la Nouvelle-Zélande se refroidira singulièrement." L'avouerai- je ? Ce côté pratique de l'amour impérial m'a réjoui.