‹ BroderiesChapitre 11 sur 99 · CE LE · texte numérisé non relu

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Un examen attentif des feuillages figurés dans les broderies permet, en outre, de distinguer, presque toujours, des sortes de nervures médianes qui paraissent n'être pas dues au simple effet du hasard. On en trouve quelquefois la cause dans un pli que fait l’étoffe à l'intérieur du motif, lorsque les points sont trop tendus, mais très souvent aussi, dans un fil lancé, avant le remplissage, d'un bout à l’autre du motif (fig. 8). Ce fil permet à l’ouvrière de ne jamais revenir dans les parties terminées et de passer aisément d’un motif à un autre sans l'arrêter et sans le couper ; d’où une notable économie de temps et l'absence de barbes dont l'effet serait désagréable. Dans le même but, le fil d’une aiguillée nouvelle se fixe par deux ou trois points superposés, à l’intérieur même de la surface à broder, puis est amené à l'endroit voulu et caché par les points qui suivent (fig. 9). |

Une variante du point plat simple est le point plat contrarié\. Les deux demi-

points se font alternativement et se rencontrent sur la médiane du motif à recouvrir en faisant un angle à peu près droit (fig. 10). L'effet produit est différent du premier :

NZ ON ON NN \ 7 NV KK: LOCK XX DC DCI di ati M F1G. 10 FIG. 11 F16. 13 — 12.

au lieu d’être plate, la surface brodée est comme veinée ; les jeux de lumière y sont différents (fig. 11). C’est une ressource à laquelle toutes les brodeuses ne font pas

appel ; nous avons vu des pièces qui n’y recouraient aucunement.

Le point de trait, que nuus rencontrerons si fréquemment par la suite, ne se trouve qu’à titre exceptionnel dans les broderies de Rabat. Sa position est oblique par rapport aux fils du tissu de fond ; il se fait en deux fois, il est sans envers el se répète de manière à figurer un carré dont les côtés seraient prolongés sur trois Ssommets (fig. 12). 11 couronne enfin les dents de scie qui sertissenl la base des larges

bandes ornementales (fig. 13).

Les Motifs

C'est une maîtresse brodeuse (méllma reqgäma) qui trace (tekteb) sur l'étoffe, au moyen du crayon (läpiz), les contours du dessin (kitäba) à exécuter. Des apprenties ou des ouvrières se mettent ensuite à broder (rgem) les en PES SADIEMENt dessinées. *‘

Les motifs ornementaux n'apparaissent pas, au premier abord, être des dérivés de combinaisons géométriques : c’est une nouveauté dans les arts nord-africains. Le décor se compose d’une végétation bizarre, touffue, épaisse, dont les organes se groupent d’une manière assez inattendue, un peu dirait-on, à la façon des feuilles de

(1) Ch. de DiLczmonr, loc. cit., point plat contrarié, fig. 244, page 132.

certaines plantes grasses telles que le cactus, le figuier de Barbarie. Nous allons passer rapidement en revue les formes les plus courantes. | Voici d’abord des motifs isolés, de proportions si variables qu’ils ont de 2 à 25

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