‹ BroderiesChapitre 19 sur 99 · IE NN · texte numérisé non relu

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FIG. 47. — Fragment de coussin (légère réduction)

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Le Coloris Les pièces les plus anciennes paraissent avoir été surtout de couleur uniforme : grenat, cramoisi, jaune d'or, bleu de ciel, vert. De temps à autre, on en trouve avec quelques pointes d’une couleur différente voisine de la complémentaire. Encore que le

fond trop blanc de l’étoffe paraisse un peu cru, toutes celles-lä sont de bon goût ou, pour.

mieux dire, s’accordent assez avec nos habitudes de vision des champs colorés.

Dans les produits de confection plus récente, on téndà associer un nombre plus grand de couleurs, par taches à peu près égales ; des roses tendres, des-verts crus, des jaunes citron voisinent avec les anciennes nuances, plus calmes. L'effet obtenu est un éclatement qui trouble la vue, fatigue les yeux Nous disons, nous occidentaux, qu'il est de mauvais goût; les marocains sont d’avis contraire ‘), bien qu'il n'aient pas toujours ainsi pensé

puisqu'autrefois ils se plaisaient à contempler des harmonies plus reposées.

L'Apprentissage

M. Brunot, dans son texte arabe sur les métiers féminins de Rabat ®, dit en subs-

tance : « La maîtresse de broderie exécute des dessins pour les apprenties et pour les

femmes qui désirent broder. Celles-ci travaillent sur des étoffes, non apprêtées, avec de la soie unicolore ou multicolore. En retour, les apprenties apportent à la maîtresse, mensuellement, le prix de ses leçons. Lorsqu'une jeune ouvrière se propose d'exécuter la broderie d’un coussin ou d’un drap, elle est conduite par sa mère chez la maîtresse qui reçoit un riydl, soit 5 pesetas (environ 4 francs), ou plus ou moins, en échange du tracé d’un dessin. L’ouvrière se met ensuite au travail, brode chaque jour, sans arrêt, jusqu’à l'achèvement complet de la pièce commencée. |

Les Débouchés ns

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Les broderies de Rabat n’ont jamais fait l’objet d’un important commerce. Les femmes les confectionnent pour leur usage personnel et non dans le but de les revendre. Quand elles ne peuvent les exécuter elles-mêmes, elles engagent des ouvrières de leur choix ; elles donnent alors toutes les fournitures, étoffes de support et soies. Le prix de la façon

payé en argent fut longtemps égal à celui de la soie employée ; il le dépasse aujourd’hui

(1) Cette nouvelle façon de concevoir les champs colorés est devenue courante dans toutes les villes musulmanes du Nord de l'Afrique. Nous l’avons rencontrée partout, aussi bien dans les tapis actuels de Kairouan, de Kalâa et de Rabat, que dans les broderies modernes de Constantine et du Maroc, les couvertures de laine de Médéa et de Tlemcen. Il est à remarquer pourtant, que les tribus berbères semblent mieux persévérer dans la conservation de leurs harmonies sourdes et tristes. Faut-il attribuer l’évolution de la couleur dans les villes à ce simple fait que les teintures modernes s’y introduisent plus facilement ? Dans tous les cas, ce goût nouveau, hettement caractérisé, mérite d'attirer l'attention des spécialistes. Je l'ai signalé déjà à Tlemcen, dans mon ouvrage en collaboration avec A. BEL, Le travail de la laine à Tlemcen, p. 147 (Alger, Jourdan, 1913).

(2) L. BRUNOT, Textes en arabe du Dialecte de Rabat, p. 14, Fès, Impr. municipale, 1918.

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Les pièces qu'on achète actuellement sont rarement neuves. Leur présence sur le | marché est due au fait que les ménagères, à court d'argent, s'en dessaisissent à bas prix. + Des boutiquiers ou des revendeuses servent d’intermédiaires. C'est en raison de ces h circonstances, heureuses pour l'acheteur, fâcheuses pour le vendeur, que les broderies "a

- sont écoulées à des prix relativement bas, inférieurs à leur prix de revient.

- - «+ Depuis notre installation à Rabat, le commerce en est devenu plus actif. Plusieurs

| boutiquiers de la rue des Consuls et de la rue Souiqa en offrent. | î . Quant aux revendeuses, elles n'ont pas de boutique sur rue ; elles stationnent les jours de marché, c'est-à-dire le dimanche, le mardi.et le jeudi matin, de six à huit heures, Là én bas du Souq El Ghezel, ou tous les jours, de seize à dix-huit heures, vers le milieu de la rue Souiga. * ‘#4 | | \ la : +:

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