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F1G. 321. — Ornementation de coussin eu broderie de Tétouan :(Réduction à la moitié de la grandeur naturelle)
La Composition |
La fig. 315 représente un fragment de rideau de 5 mètres de long et de 0"50 de large dont les ornements se massent vers les extrémités et le long d’un des bords latéraux. Il est en lalfetas jaune. | |
La tache principale commence à 0"18 du bas de la pièce, s'approche à 1 centimètre des bords latéraux et s'élève jusqu'à 0°60 environ dans le champ. Elle se termine en forme de pyramide. | |
Une répétition, en ligne, de trois bouquets, forme la base sur laquelle s’échafaude le bouquet principal. Ce dernier est couronné par une grosse fleur en fer à cheval constellée de pelits ornements. A droite et à gauche, de petits rameaux fleuris, aux tiges obliques, préparent le couronnement pyramidal. | | |
La bande longeant l’une des lisières n’a que 6 centimètres de large et se compose d’une
répétition ‘de feuilles en U et de groupes de petits organes divers. Un filet, large de 3 millimètres, renforcé vers la base par une frise de points lancés, encadre le tout. : Un autre rideau, sur étamine bise, du Musée d’Art Musulman d'Alger, est orné de la même façon : mais un cadre plus accusé, de 25 millimètres de large, fait le tour des surfaces principales (fig. 320). Dans le bas, une rivière à jours ferme la composition. Le parti décoratif est ainsi mieux affirmé. L'impression est plus nette. |
Une pièce sur étamine, vue chez un antiquaire d'Alger, est conçue de la même façon. La lisière vide du décor dans les deux précédentes porte ici un petit ornement de 3 à.4 centimètres de large. Le bas porte également une rivière à jours sur fils tirés au point de reprise.
Dans un coussin de taffetas jaune (fig. 321) le parti décoratif est tout autre. La surface est virtuellement partagée suivant un damier à carreaux de 11 centimètres de côté. Les carreaux pleins sont garnis d’un groupe floral qui les couvre entièrement ; lés carreaux vides ne recoivent, en leur centre, qu’un léger motif. | ÿ
Le Coloris
- Les broderies de Tétouan sont d’un coloris éclatant. Les couleurs les plus vives s’y rencontrent en s’harmonisant d’une manière parfaite. Ainsi, dans un fond jaune de taffetas, s'équilibrent les taches suivantes, énumérées par ordre de grandeur en commençant par les plus importantes : violettes, oranges, rouges, bleues (tendre), vertes (clair) dont la visibilité est rendue plus grande encore par le voisinage de notes blanches. |
Dans les broderies sur étamine à fond grisâtre, les mêmes couleurs apparaissent à l'exception de l’orange dont la place est prise par le jaune citron.
Voici un tableau des signes conventionnels employés pour la désignation des couleurs entrant dans l’ornementation des figures 315, 320 et 321 :
SIGNES EMPLOYÉS ; VALEUR DES SIGNES Taches noires........... TT ne +. Violet.
Lignes épaisses, continues et serrées… ...... A — Rouge. ee interrompues ...... ....... .. So dedione Marron. — espacées ........ ES te Re Mo Ocre.
Lignes ‘fines: SSéRÉéS: 2.0 Le mens Ade astuce Bleu. — quadrillées...... .......... NS AS so ee. pie Vert foncé. — espacées.. ....... Des id cu CR Sie Vert clair. Quadrillage pointillé..... anis ET fn Jaune clair.
Lignes pointillées...... ........... 0 | Blanc.
BRODERIES DE CHECHAOUEN
On voit, au Musée d'Art Musulman d'Alger de très grandes pièces, des ceintures semble-t-il, magnifiquement ouvragées vers les extrémités et au centre. Elles sont quelquefois rehaussées d’appliques exéculées avec des fils d'or. Elles proviendraient de Chechaouen, situé à environ 50 kilomètres au sud de ‘Tétouan.
Par leur technique et leur décor, elles rappellent certaines broderies hispano-mauresques qui figurent au Musée de Cluny et au Musée historique de la Chambre de Commerce de Lyon. Elles sont en effet exécutées en un point natté très fin, et figurent des polygones compliqués dont les compartiments sont remplis de motifs floraux. Le tissu de support, une toile épaisse, disparaît presque complètement sous la broderie.
Nous ferons connaître sous peu le résultat des observations recueillies à ce sujet.
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La broderie d’or, à fils couchés, a des applications peut-être rhoins nombreuses dans les villes du Maroc septentrional qu’en Algérie-Tunisie où on la voit entrer dans la confection de selles de luxe et de nombreuses pièces d'ameublement et de vêtements
indigènes 4. °
A Fès, elle se nomme ferz d'en-netà ; les fils d’or, à âme de soie, qui servent. à
l'exécuter, sont appelés sgalli. On la fait suriout entrer dans l'ornementation des. Aaïti * {pl. hidla), sortes de tentures murales d’un usage très répandu au Maroc. On connaît ces
immenses pièces de 6 à 20 mètres de long sur 1"50 à 2°20 de haut, utilisées les jours de gêles comme revêtements dans les chambres ou dans les tentes. Elles sont en, velours de couleurs variées el se composent d'une série de 9 bandes de 50 à 70 centimètres de largeur, cousues les unes à la suite des autres. Le haut de chacune de ces bandes figure un arc ; une frise supérieure ornée de merlons /cherrd/a )les couronne toutes. Le dessin des arcs
et des merlons est obtenu par l'application dé morceaux d’étoffes convenablement découpés
et la couture de galons. Dans le haïtt de valeur, les trois ou les cinq bandes du milieu de la pièce sont couvertes dans l'arcature, d'arabesques d'or dont les fils, COUSUS par un point de piqûre pratiquée au moyen de l’alène et de l aiguille, vont et viennent de l’un à l’autre bord du dessin (. C'est évidemment l'arc central qui indique la place d'honneur et se place sur l'axe des chambres qu'il décore.
£a broderie piquée, faite à l’aide d’un fil plat mélallique d’argen! ou d’argent doré de 1 millimètre environ de largeur, est pratiquée surtout à Fès : elle porte le nom de isel. Tsel désigne aussi le ruban métallique ‘#. La technique en est assez peu connue pour que je l’étudie. L |
Le point, analogue à un point plat, fait passer le rubân métallique successivement à l'endroit et à l’envers de l’étoffe (fig. 322). Il est donc sans envers ; dans l’une des faces
cependant, les lames sont un peu de biais.
(4) Cf. A. Jozy. Arch. Maroc., pp. 144 et suiv., sur l’existence exceptionnelle à Tétouan, de la broderie d’or sur cuir, exercée du reste par un algérien d’origine.
(2) Cf. Przcer, Études alÿgériennes el tunisiennes.
(3) À Constantine {se! désigne des brins métalliques de même nature appliqués sur des étoffes légères suivant un autre procédé. Ces brins sont généralement noués sur le tissu, de manière à produire une sorte de pastillage. Le travail fâsi se rapprocherait plutôt du travail égyptien.
La pièce représentée par la figure 327 est en satin jaune d’or doublé de satinette blanche. Ses ornements sont de deux sortes, les uns purement géométriques, les autres
, végétaux. Dans les premiers on distingue des lignes droites (fig. 322), verticales, hori-
zontales, diagonales (fig. 323) des lignes dentelées (fig. 324 et 325), des damiers (fig. 326).
rm, # … lledih. ki FIG. 322 FIG. 323 F6. 324 FIG. R5 FIG. 326
Chaque point prend-une largeur de quatre à cinq fils de tissu et se met à la hauteur du voisin dans les lignes horizontales ou verticales ; dans les lignes obliques et dentelées, il décoche de quatre ou cinq fils au-dessus ou au-dessous du point précédent.
Les motifs végétaux se composent de hampes verticales iraitées comme des lignes droites : il s’en détache des rameaux brisés traités comme des droites et des diagonales. Le feuillage ellipsoïde ne présente pas de difficultés d'exécution. |
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F1G. 327. — Tête de coussin en broderie de Fès, dite tsel
À Fès, les objets brodés en tsel seraient plus particulièrement :
Le mendil, sorte de mouchoir (terme employé par les citadins) (pl. nnâdel).
Le zif (pl. zioûfa) semblable au précédent (terme employé par les fonctionnaires du makhzen ).
La derra (pl. drer), mouchoir de taille réduite. La mherma (pl. mhârem,), sorte de foulard. | .
La mlahfa (pl. mlähef), voile brodé sur les bords, dans lequel on enveloppe le: nouveau-né le jour de la naissance. : | |
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FIG 38. — Détails, grandeur naturelle, de la fig. 327
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