‹ BroderiesChapitre 98 sur 99 · AE RE · texte numérisé non relu

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É | Fi6. 363. — Motif dé broderie finnoise tissée à l'aiguille 6 : ? \ ‘ \

5 La broderie moderne au point serpentant de Fès (p.65 à p. 91) se fait exactement de la même façon que certaines broderies balkaniques (fig. 364). La masse centrale de la fig. 365, qui détaille l’un des motifs de la figure précédente, est même exécutée suivant

la méthode très curieuse et très ancienne signalée p. 65.

F1G. 364. — Broderie balkanique

‘7 Les dessins des broderies d'Azemmour et de filet de Rabat, avec leurs rinceaux de chimères, souffrent la comparaison avec les rinceaux Renaissance des filets italiens et espagnols. | '

F1G. 365. — Détail de broderie balkanique . {

8° Les représentations animées des broderies d'Azemmour sont semblables à celles qu'on trouve sur certaines broderies rUSSeS. … .. G 2

9gœ Les broderies de Tétouan s s’apparentent à celles d'Alger, de Syrie et de Perse.

10 Par leur décor polygonal, les broderies de Chechaouen BAFAESSER être des réminiscences de la broderie hispano-mauresque. ,

11° La dentelle aux fuseaux de Rabat a peut-être enfin quelque rapport avec les dentelles du même genre de la péninsule ibérique. | |

Comment le Maroc a-t-il pu s'enrichir de tels apports ? L'histoire peut probablement nous renseigner : Songeons à /’ importante influence orientale qui s’est exercée sur le Nord de l'Afrique du VII° au XT[° siècles, au passage des Normands (1X° siècle), aux relations très actives qui se sont échangées entre les villes des côtes méditerranéenne et atlantique avec l’Europe du XII° au X VIl° siècles. L'influence des pèlerinages est à envisager aussi.

Très fréquemment des femmes d'Orient, notamment des Circassiennes, ont enfin été amenées dans les harems marocains où elles ont sans doute introduit des travaux féminins de leur pays d’origine. N’étant pas en mesure d’élucider aujourd’hui de tels problèmes, je me propose de reprendre la question un jour prochain. e

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Six années se sont écoulées depuis le jour où j'ai relevé les observations Consignées . dans le présent ou vrage. Six années dont plus de quatre consacrées à la guerre el au cours desquelles le Maroc a pu néanmoins se faire connaître et progresser.

L'itinéraire qu’à petites étapes je parcourus en 1913 peut aujourd’ hui être non en.

quelques heures. 11 y a là toutun symbole. Depuis cette époque, les ports n'ont pas cessé de s'améliorer, les routes et chemins de fer de se tracer. De vasles terrains autrefois incuites ou négligés ont été mis en valeur. A côté des anciennes villes musulmanes, qüi ‘paraissaient à jamais endormies, surgissent des villes nouvelles pleines d’ activité. Des industries modernes sont nées ; il s’en crée-encore chaque jour, Le Maroc reçoit des visiteurs de plus en plus nombreux : quelques-uns viennent en louristes et davantage pour coloniser. Mais quelles que soient leurs préoccupations, tous s'intéressent aux aris qui ajoutent au pays un charme puissant. . Des

Rien n’a été négligé d’ailleurs pour mettre ceux-ci en lumière. À l'Exposition Franco- Marocaine de Casablanca (1915), ils furent présentés pour la première fois au grand public. Appelé de nouveau au Maroc sur ces entrefaites, je pus travailler personnellement à l’organisation de la participation de Fès et de toute la région à cette grande manifestation. Grâce au solide appui de M. le capitaine Georges Mellier, alors chef des Services municipaux de la capitale du Nord, il me fut possible de concevoir et de réaliser un ensemble où figurèrent d’une part les objets d'art ancien, d’autre part les objets d'art moderne. Et ainsi, de l'étude du pavillon de Fès, plus clairement que de l'examen des autres pavillons marocains, se dégagea la grande leçon de la rénovation. D'un côté, travaux toujours intéressants quant à la forme, au décor et à. la couleur, de l'autre! décadence générale à tous points de vue, mais preuve également de l’existence d’arlisans encore habiles et susceptibles de perfectionnement. : | —

Aussitôt après. l’Exposilion de Casablanca, ‘M. le général Lyautey entreprit le relèvement des industries d'art indigène. Pour ma part, j'eus l'honneur d’être chargé de celte täche dans la région de Fès-Meknès. A la foire de Fès (1916), Na première foire du Maroc, on en put constater les premiers effets. Ils furent si encourageants que les spécialistes parisiens appelés dans la colonie pour suivre la question, entre autres M. Kœchlin, Directeur du Musée des Arts décoratifs, songea à la présentation des produits ‘de l’art marocain en France. Celle-ci se fit au Pavillon de Marsan, à Paris, en 1917. Elle remporta un vif succès. Les industries d’art indigène recevaient ainsi leur consécralion en France. | | a |

Tapis à haute laine, tissus ornés de laine ou de soie, cuivres emboutis et ciselés, bois sculptés et peints, poteries et céramiques émaillées,. plâtres fouillés el ajourés, reliures et enluminures, eic., suivirent dès lors une marche ascendante vers une exécution meilleure'et plus finie, des formes plus élégantes et mieux équilibrées, un assemblage plus harmonieux de couleurs, un décor plus conforme aux anciennes traditions.

Les broderies suivirent le mouvement. L'œuvre accomplie à Fès fut particulièrement remarquable. [1 m'est agréable d'en noter ici les étapes. |

M”° Bel, chargée de mission à Fès de 1914 à 1916, fut la première à ouvrir la marche. Sa connaissance de la langue arabe, sa grande habitude des milieux musulmans lui permirent d'entrer facilement en rapport avec les ouvrières, qu’elle décida vite à recopier soigneusement les anciens modèles, malheureusement délaissés, qu elle s'était appliquée à recueillir. Ainsi fut formé un noyau de petites mains dont les travaux furent immédiatement'appréciés. |

Après elle, M" Bord de Pierrefitte, douée d’une activité inlassable et d’un goût exquis el affiné, étendit ce premier champ d'action et remit à la mode l’ancienne technique de l’« aleuj », oubliée depuis près de cent ans et pourtant si décorative. M"* de Pierrefitte mourut à la tâche en 1918, mais l’œuvre se poursuit, pleine d’espérances. |

Ce n'est IÀ qu'un épisode de l'histoire des arts indtgènes marocains qui progressent dans toutes les branches non seulement à Fès, mais encore à Meknès, à Rabat, à Salé, à Marrakech, à Safi et ailleurs.

La plus belle preuve de leur bonne orientalion se trouve dans ce fait que le nombre des ouvriers et ouvrières croît sans cesse, que les salaires sont intéressants, et que les demandes affluent de toutes parts.

On a beaucoup écrit depuis 1915 sur les arts marocains. Aux lecteurs qui désireraient

se renseigner d’une façon plus complète sur celte question, nous nous faisons un plaisir

de recommander la lecture des articles ou ouvrages suivants :

Le XIV* siècle mérinide, Alfred Bel.

Le Souq el Morqtane et les Broderies de Fés, Prosper Ricard. | | FRANCE- Maroc, 1916.

Un renouveau des Arts rnarocains, À. de larde. | |

Vieilles Lampes et vieilles Lanternes, J. Gallotti.

Les Industries d'art indigène, R. Kæchlin, FRaNcE-MaRoc, 15 janvier 1917.

Une Femme peintre marocaine, À. R.de Lens, FRANCE-MaRocC, 15 mars 1917.

Une Exçosition des arts marocains, Tranchant de Lunel.

Les Mètiers d'art au Maroc, J. Gallotti. EM | -

Les Arts citadins et les Arts ruraux dans l'Afrique du Nord, Prosper Ricard. | |

Les babouches, L. Bègue.

Bijoux des Müle et une Nuits, R. de Lens.

Les Poignards du Sous, Capitaine Belhomme.

Le Filet brodé marocain, L. J. Nacivet.

L'Exposition d'art marocain, FRANCE-MaRoc, 15 juillet 1917. | Un Institut des métiers d'art indigènes, Prosper Ricard, FRANCE-Maroc, 15 août 1917. Les Tapis de Rabat, M. L. Gallotti, FRANCE-MaRoC, 15 octobre 1917.

Fiqurines marocaines, Prosper Ricard, FRANCE-Maroc, 15 novembre 19147.

À propos d'un Livre enluminé, Prosper Ricard, FRaANGE-Maroc, 15 février 1918.

Le Lustre de la grande Mosquée de Taza, Lieu‘ C..., et Adj' de C.., FRANCE- Maroc, 15 juillet 1918.

L'Artisan de Fês, Prosper Ricard, FRANCE-Maroc, 15 septembre 1918. La Reliure d'art à Féês, Prosper Ricard, FRANCE-MaRoC, 15 janvier 1919.

FRANCE-MaARoOC, 19 mai 1917.

Potiers el Jaïenciers de Fès, Alfred Bel, FRANcE-Maroc, 15 mars 1919. L'Art maroctin, Raymond Kæchlin.

L'avenir de l'Art marocrtin, Alfred de Tarde. | L'ARTET LES ARTISTES,

Les Arts indigènes du Muroc, A. R. de Lens. . \ 1917.

Notre Protectornut sur ÜArt muarocuin, J) de la Nézière.

Du passé À lacentr, R. Kæchlin. | ne Les Arrs, n°161, 1917

Le Maroc artistique, Tranchant de Lunel.

Une Exposition d'Art marocttin, R. KϾchlin, GAZETTE DES BEAUX-ARTS, juiiletseptembre 1917.

Les Arts et Industries indigènes du nord de l'Afrique, I, Arts ruraux, Prosper Ricard (Fès, Imprimerie municipale, 1918).

Les Industries de la Céramique à Fès, Alfred Bel (Alger, Carbonel ; Paris, Leroux, 1918). .

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