INTRODUCTION
On a beaucoup parlé et beaucoup écrit sur le sujet qui nous occupe, et nous ne nous dissimulons pas que nous n'aurons pas grand'chose à dire de nouveau.
Cependant, il n'y a pas plus de deux ou trois ans que l'hypochloruration a été réellement érigée en méthode thérapeutique, si le principe en est connu depuis longtemps déjà.
Quel que soit je nombre des écrits sur notre sujet, il nous semble, cependant, que nous pouvons encore en parler aujourd'hui, puisque nous n'avons pas la prétention d’énoncer des idées neuves ; nous n'avons pas non plus l'intention de nous placer au mème point de vue que nos prédécesseurs, car alors, il nous serait bien difficile de dire du nouveau. Nous parlerons simplement de ce que nous avons vu : d'une méthode de traitement, dont le médecin en chef de l'asile de la Roche-Gandon, M. le docteur Broquère, et le médecinadjoint, M. le docteur Pain, nous ont signalé les résultats il y a déjà deux ans, à notre arrivée à l'asile. Il nous semble qu'il n’est pas trop suranné de présenter quelques modestes notes et impressions recueillies, non pas récemment, mais nous dirons presque au jour le jour, si notre thèse avait un
peu plus d'envergure, et si nous ne craignions de paraître trop prétentieux.
Nous avons beaucoup balancé avant de présenter notre travail à M. le professeur Mairet, à qui nous nous permettons de rappeler que La Bruyère a dit que «l'obligation d'écrire fait parfois excuser ce que l’on écrit ».
Ce travail est divisé en deux parties : dans la première, après quelques mots d'histoire, nous donnons le principe de l’hypochloruration, la façon dont elle est maniée à l'asile de Mayenne, et quelques rapides observations ; dans la seconde, nous esquisserons à grands traits le mode d'action des chlorures dans l'organisme, et ici nous ferons de fréquents emprunts à la thèse de J.-N. Laufer, et nous passerons en revue les principales objections que l'on peut adresser au système, en tant que méthode thérapeutique.
Trop heureux, si M. le professeur Mairet veut bien présider cette thèse et avoir pour nous un peu d’indulgence ; nous avons travaillé un peu seul, sans guide ; les circonstances ont été telles, que nous n'avons pu jusqu'au bout profiter des conseils de nos chefs de service de Mayenne, et qu'il ne nous a pas été donné de soumettre notre plan à notre vénéré doyen.
Désireux de rester sur un terrain essentiellement pratique, il est beaucoup de choses qui semblent avoir été négligées par nous, et que nous avons simplement passées sous silence, de peur de nous lancer dans des considérations SxEtanS et nos forces et notre plan.
Il est d'usage de dédier une thèse inaugurale. Nous regrettons d’avoir si peu de chose à offrir à celui qui veilla sur notre jeunesse, M. François Botta, et à l’homme qui fut pour nous un maître et un ami, M, Autié, professeur au lycée.
Que M. le professeur Mairet reçoive nos remerciements,
et que tous nos maîtres soient persuadés de notre reconnaissance.
Il nous reste encore un devoir impérieux, et nous nous en acquittons en envoyant un hommage de gratitude à nos chefs
de Mayenne, au personnel de ia Roche -Gandon, à nos amis de là-bas !