‹ Bruits d'oreille et sympathique: Contribution à l'étude du traitement par l'infiltration anesthésiqueChapitre 13 sur 43 · L’INFILTRATION DU GANGLION STELLAIRE · texte numérisé non relu

L’INFILTRATION DU GANGLION STELLAIRE

Bien des techniques ont été décrites et il n’est pas dans notre intention de les passer ici en revue. Cellesci ont été réunies déjà dans la thèse de J.-H. Dreyfus et, plus récemment, le livre de Lambret, Razemon et Decoux, consacré à la chirurgie et aux infiltrations du sympathique les envisage à nouveau et étudie leur

valeur et leurs inconvénients.

Antérieures, latérales ou postérieures, chacune a eu ses promoteurs et ses adeptes.

Dans tous nos cas nous avons adopté la technique postérieure par voie para-vertébrale décrite dans le Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris par notre Maitre !- Docteur Paraf avec Dreyfus Le Foyer.

C’est d’ailleurs dans le service de M. Paraf que, nous avons appris cette technique à laquelle nous sommes désormais bien accoutumés au point que les échecs dus à une faute de technique nous sont peu fréquents.

Nous rappellerons brièvement le principe et la technique de cette méthode que nous avons suivie.

Principe.

Deux rapports anatomiques du ganglion sont à retenir

1° le ganglion stellaire répond directement au col de la première côte et il n’est séparé de celui-ci que par une mince couche de tissu cellulo-graisseux.

2° le ganglion dépasse toujours mais plus ou moins selon les cas le bord inférieur de ce col.

Une conclusion, vérifiée expérimentalement, s’en dégage :

Une aiguille glissant au bord inférieur du col de la première côte atteint sûrement le ganglion stellaire et elle ne risque de blesser aucun organe important dans son trajet.

Un repérage précis permet de réaliser cette opération.

Technique.

Le malade assis à califourchon sur une chaise la face antérieure du thorax appuyée au dossier.

Il doit être placé aussi droit que possible, les épaules tombantes et la tête fortement penchée après désinfection à l’iode.

On repère de haut en bas les apophyses épineuses cervicales et l’on s’arrête sur la première apophyse épineuse nettement saillante. C’est la septième cervicale. Une horizontale passant par le bord inférieur de cette apophyse épineuse longe la partie externe du bord inférieur du col de la première côte.

C’est sur cette horizontale et à 4 cm. (soit deux travers de doigt) de la ligne médiane que l’on fait un bouton d’anesthésie intradermique avec une aiguille très fine.

C’est le point de projection sur la peau de la partie inférieure du ganglion stellaire.

Une aiguille à ponction lombaire adaptable à une seringue de 10 cc. est alors enfoncée perpendiculairement à la peau. Elle traverse une épaisseur du tissu variant entre 4 à 7 cm. Elle rencontre un obstacle osseux : c’est le bord inférieur du col de la première côte.

On retire l’aiguille de 2 mm. On la bascule légèrement de façon à glisser sous la première côte.

Lorsque l'aiguille a perdu le contact osseux il suffit de l’enfoncer de 1 cm. pour être au contact du ganglion stellaire.

On injecte alors assez rapidement 10 à 20 cc. de novocaïne à 1 p. 200.

Les auteurs insistent sur le fait qu’il n’y a aucun danger anatomique en glissant au bord inférieur de la première côte et à son contact — que le premier nerf dorsal est de seul obstacle et qu’en pratique sur plus de 50 anesthésies du ganglion ils n’ont jamais blessé ce cordon nerveux.

Nous-même sur une soixantaine d’infiltrations que nous avons été amené à pratiquer nous avons pu faire ces constatations-ci :

— Technique facile puisque seules à peine une dizaine d’infiltrations ont été manquées sur 60 — et encore la plupart des échecs font-ils partie des premiers essais.

— Aucun accident grave — les seuls incidents ont été par deux fois une certaine douleur dans le membre supérieur accompagnée d’engourdissement qui a persisté moins d’une demi-heure.

D'ailleurs dans un livre récent consacré à la chirurgie et aux infiltrations du sympathique, c’est la conclusion à laquelle aboutissent les auteurs : Lambret, Razemon, Decoux quand ils envisagent les avantages et inconvénients des diverses méthodes.

Les voies postérieures, disent-ils, donnent beaucoup plus de sécurité que les voies antérieures et latérales et ceci pour plusieurs raisons :

1° Elles se basent sur des repères osseux beaucoup plus précis : les apophyses épineuses;

2° elles n’imposent pas à l’aiguille de changement de direction toujours dangereux et difficile.

3° les manœuvres se passent dans le dos du malade ce qui diminue sa crainte et empêche les mouvements intempestifs;

4 l’infiltration a lieu dans le plan précostal où :l existe, comme nous l’avons vu un espace celluleux décollable sur une grande longueur.

Lorsqu'on pratique sur le cadavre une injection colorée-par voie postérieure on s’aperçoit que le liquide fuse en hauteur dans la gouttière latéro-vertébrale sur 5 ou 10 cm. vers le cou et dans le thorax. Or ce point est très important : pour être efficace linfiltration stellaire qui n’a pas besoin d’être intraganglionnaire mais seulement péri-ganglionnaire doit déborder l’étoilé par en bas et atteindre en même temps les premiers ganglions thoraciques. Cette diffusion par les voies postérieures la donnent et c’est peut-être là leur plus gros avantage.

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